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Posts tagged ‘homosexualité’

La corrélation entre délinquance juvénile et ignorance de la sexualité a été mise en évidence par une étude menée par les services de la Santé et de l’administration pénitentiaire.  Parmi les jeunes délinquants, il a été démontré que les relations avec le sexe opposé étaient quasiment inexistantes. Du sexe féminin, ces jeunes ne connaissent que la proximité familiale (mère, sœurs, tantes). Les jeunes garçons ne se mêlent pas plus aux filles à l’intérieur de la cité qu’à l’extérieur – leur milieu scolaire ou établissement professionnel -  bien que dans ces milieux la mixité est bien représentée.

En l’absence d’échange avec le féminin ne peuvent se développer les relations amicales, sentimentales et encore moins sexuelles; cela confine les jeunes gens à se rassembler en bande et vivre une sexualité par écran interposé où règne la pornographie (films X, internet, téléphone portable) comme on peut le voir dans le film « La jupe« .  La sexualité est une préoccupation majeure de l’adolescence. Ici, l’information spéciale et incomplète se fait en vase clos par le biais de la bande et comporte ainsi qu’on peut l’imaginer des carences tant anatomiques, physiologiques que psychologiques où la contraception et la protection des MST sont complètement occultées. Ces comportements sont engendrés par le manque d’éducation sexuelle, la peur du féminin qui n’est jamais approché autrement que par une mère  souvent seule, omniprésente. Son autorité incontournable consolide le tabou de l‘inceste dans l’environnement sexuel du garçon et si la barrière est  franchie elle ne le sera que par la transgression.

S’instaurent alors des codes, des comportements d’où les penchants homosexuels, s’ils existent, ne peuvent être vécus que dans la plus grande discrétion, cette pratique étant par trop considérée par le groupe, homophobe,  comme étant honteuse et marque de faiblesse.  Par contre l’homosexualité imposée et subie sert à asseoir un pouvoir, signe particulier de la sexualité des bandes. On peut voir cette obligation de soumission dans le film « Un prophète » où le jeune Malik qui en a pris pour 6ans arrive là, vierge, seul, analphabète, angoissé par sa virilité. Il sert d’appât homosexuel,  il subit pour se faire accepter du caïd…

De pareilles frustrations entraînent forcément des transgressions qui se manifestent par des viols collectifs, « tournantes« , attaques des homosexuels, actes barbares, sodomie des plus faibles et des inférieurs  qui transforment la bande en une prison où règne la misère sexuelle. Ces comportements sont évidemment cachés et tombent sous la loi du silence.

L’information et l’éducation sexuelles  sont d’autant plus urgentes à l’extérieur qu’elles  sont  inexistantes à l’intérieur du cercle familial et scolaire, d’autant que la séparation des sexes est bien réelle et tend à se durcir. Au collège, toutes les informations de nature sexuelle abordent des sujets bien loin des préoccupations de la jeunesse que sont les problématiques humaines, relationnelles et pratique de la sexualité. Il y a urgence à aborder les sujets aussi importants que les relations de consentement au sein du couple; parler du plaisir, du désir, des pulsions, de tout ce qui fait le bon fonctionnement des relations sentimentales, mais aussi amicales. Tout cet éclairage sur la sexualité afin que celle-ci ne soit plus confrontée aux frustrations et aux violences qui en découlent.

Jalousie -2.

La jalousie délirante n’existe pas en tant que forme séparée des deux autres  (voir article  http://www.libidosexualite.com/?m=20090903 ). À cette dernière  s’ajoute, outre la projection et le désir inconscient d’infidélité, une attirance pour un objet d’amour du même sexe que le sujet faisant émerger une homosexualité refoulée. Dans la jalousie délirante ce qui a été refoulé au dedans revient du dehors par la voie de la projection. Ainsi dans ce délire de jalousie un homme dira « Je ne l’aime pas c’est elle qui l’aime » ou plus clairement exprimé  » Je n’aime pas l’amant (que je suppose à) ma femme, c’est ma femme qui l’aime ». Il paraît y avoir là une tentative du système de défense mise en place contre l’inconcevable homosexualité latente et trop forte pour être reconnue comme telle. Cette révélation vient buter contre le fantasme de désir homosexuel qui devient acceptable pour le conscient dès l’instant où elle est refoulée et transformée par « Moi un homme j’aime un homme »… C’est ainsi que le sujet homme, amoureux d’un alter ego (un autre homme) s’en protégera par la jalousie apparente  pour la femme qui  en aime un autre que lui.

La jalousie délirante est caractérisée par l’idée fixe de jalousie née d’un doute, doute créé par un motif futile. A ce doute succédera la recherche de confirmation d’une preuve manifeste. La jalousie délirante est une des formes majeures des délires passionnels.

La jalousie délirante tourne autour de deux axes : un axe imaginaire et un axe symbolique. Or, dans ce délire passionnel est absente la médiation symbolique ce qui a pour effet de plonger le sujet dans sa seule dimension imaginaire qu’il  vivra entre tension rivalitaire et agressive. Cela donne au délire passionnel une expression particulièrement vive et virulente et fait du jaloux une personne dangereuse pour le jalousé et son entourage. Le jaloux sera dans une quête permanente de preuves de trahison qu’il essayera de trouver dans la réalité, preuves qui se déroberont puisqu’elles sont le fruit de son imagination.

Le délire de jalousie est un délire de supposition. Dans l’imaginaire pullulent, s’amoncellent et se multiplient les images de rivaux, de nombreux amants. Par ailleurs sont rejetées les pulsions libidinales vers un Autre  impliquant un manque (refoulé) et  l’absence de jouissance physique et réelle.

En l’absence de symbolique, le jaloux est structuré par le doute et par une éthique rigoureuse pour l’Autre qui se formule dans le droit et le devoir avec absence du lien libidinal. C’est son honneur qui est en jeu et non son domaine privé. Ce n’est pas la revendication de son désir qu’il mettra en avant mais une fonction sociale compromise pour laquelle le jaloux va s’indigner rappelant le manquement à la morale et aux bonnes mœurs qu’il attribue au conjoint en révélant de toute évidence la dimension lubrique et capricieuse du jaloux.

Eh, bien dites donc, je comprends mieux maintenant…

Quelques heures après  après l’annonce de la Palme d’or, attribuée cette année à Michael Heneke pour son Ruban blanc,  la Planète Festival s’est désagrégée. Comme chaque fois la remise de la statuette désintègre la folie qui s’empare de la Croisette pendant 12 jours consécutifs enflammant les attroupements hystériques en bas des marches du palais. Palais où les princesses appelées star pavoisent en décolletés plongeants sur des attributs restitués par la chirurgie, lèvres en moue botoxées, gorges parées de perles et de diamants, incontournables accessoires prêtés par les joailliers pour monter les marches au tapis rouge. Mais le Festival est bien plus que ce qui s’exhibe en bas des marches puisque tout se passe dans la salle obscure. Les montées du matin,  séances de 9h,11h, quatre à quatre en jeans et T-shirt pour les professionnels du cinéma, les rubriques des journaux de cinéphiles. C’est aux marches du soir  qu’est le véritable spectacle sous les sunligts, habit de gala et nœud pap, le gratin  s’enfourne à l’intérieur, s’installe après l’ovation rituelle. Tout devient silence religieux et noir  le plus complet pour restituer la recette faite d’émotions, de violence, de sexualité qui fera un soufflet bien gonflé ou tout raplapla selon les films projetés. Le Festival offre une vitrine pour certains films qui n’ont aucune chance d’exister dans leur pays d’origine. Tel le film chinois « Nuit d’ivresse printanière« tourné sous le manteau par Lou Ye, réalisateur interdit de tournage pendant 5 ans dans son pays. Les films  quelle que soit leur provenance parlent de vies, de sociétés, de cultures différentes et se rejoignent finalement dans les émotions, les réflexions, les politiques, les frustrations, les entraves à la liberté…   Tout est dit dans la multitude de projections (20 films en Sélection officielle, compétition pour la Palme, plus les hors compétition, sans compter toutes les projections pour des sélections parallèles : Quinzaine des Réalisateurs, Semaine de la Critique, les Écrans Juniors, l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion -ACID). Ça fait du monde et beaucoup de films à voir, quand on dispose de temps nécessaire et l’envie du cinéphile indispensables.

Beaucoup parlent de sexualité. Interdite, comme l’homosexualité interdite en Chine ou dans les pays à l’orthodoxie religieuse; sexualité pulsionnelle, démontrant l’animalité de l’homme évoquant la scène primitive (papa, maman dans un coït effréné surpris par l’enfant). Étaler les névroses sur l’écran, est-ce un moyen pour interroger nos propres névroses et y remédier ou seulement satisfaire nos fantasmes de voyeur par pellicules interposées? …

Et puis, tout ayant une fin, l’Huppert présidente Isabelle, ayant remis la Palme d’Or, les Cannois peuvent réinvestir l’espace; les barrières qui encerclaient le large périmètre du Palais en parquant les festivaliers  ne sont déjà plus le lundi matin à l’aurore. Les citadins repartent à l’assaut de leur ville et commenteront encore pendant quelques jours les prix décernés sans avoir vu, pour la plupart, un seul film. Il nous reste 365 jours pour repartir dans le délire  du « cinématographe » comme disait mon grand père qui avait dû assister à la projection en plein air d’un ou deux films, dans sa vie, sur la place du village, en été.

Amour/Amitié

Amour amitié/Je ne sais pas si par dépit ou par pitié/Je franchirai cet océan/ Qui va de l’ami à l’amant…chantait Pierre Vassiliu.

Henri Tachan chantait  « Entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence. Et moi je ne vais pas vous chanter cette difficile conjugaison mais vous en parler. Ne se rapproche-t-on pas en ces temps modernes de cette tendance à vouloir être ami-amant non pour supprimer les problèmes mais pour les empêcher d’être envahissants? Obsessionnels? L’amitié comme un lien égalitaire dans lequel la sexualité est détachée de la passion. C’est ainsi que l’on peut voir des amitiés amoureuses apaisées, civilisées, remisées de ses illusions. Comme à l’adolescence. À ce stade de l’être et sans qu’elle sache bien encore se situer dans sa sexualité (homo? hétéro?) l’adolescence cherche en l’autre une manière d’aimer, douce, non violente, sans avoir à subir la réprobation inconsciente attachée à l’homosexualité. (Si, si, l’homphobie existe encore de nos jours). En l’amour demeure l’expérience la plus dure de notre dépendance à l’autre. Dans ce mélange déserté par Eros l’amitié ne garantit-elle pas une banalisation d’une sensualité sans drame? Sans fusion des âmes, vécue dans l’amour, l’amitié ne protégerait-elle pas de l’assujettissement à un autre pour rejoindre ainsi son alter égo?

En dehors de l’adolescence, qui n’a pas fait l’expérience du coup de foudre en amitié? Pour une même qu’elle-même? Un même que lui-même? Jusqu’à vivre l’expérience de l’homosexualité et faire le  deuil de l‘érotisme, de la sexualité, si l’un des deux protagonistes ne vit pas sur ce versant de la sexualité? Sans frustration pour celle/celui qui est hétérosexuel(le). Et de souffrance  frustrée pour l’homosexuel(le) mais qui demeurera cependant une hétéro-amitié. Puisque la plupart du temps (mais pas toujours) les amitiés sont choisies entre personnes de même sexe : homo-amitié : les femmes amies entre femmes; les hommes amis entre hommes…

« Offrir l’amitié à qui veut de l’amour, c’est donner du pain à qui meurt de soif « dit un proverbe.

Mais encore : Il est des personnes qui au nom de l’amitié manipulent, abusent de la confiance accordée, se servent de leur prétendue amitié pour asservir et s’en servir à des fins peu honorables. Ce sont des amitiés poison; elles vampirisent. Telle un narcotique elle endort la victime et la rend plus docile qu’une esclave. Cette fausse amitié est identique à la passion amoureuse, ravageuse, dans laquelle se perd la notion de Soi, en conduisant à la perte et à la dépersonnalisation.

Qu’en est-il de l’amitié entre une femme et un homme? Cette amitié là est-elle possible sans sexualité? Oui, diront certain-e-s je l’ai vécue! Celles qui l’ont vécue (le plus souvent des femmes) ont occulté le désir caché de l’autre. N’ont pas voulu voir dans l’avalanche de cadeaux qui en signe la preuve. Comme une manière détournée de séduire pour faire céder par tant de « gentillesse« . Quand cette situation dure, pour autant que chacune des parties y trouve son compte, n’avons-nous  pas à faire à une sublimation de l’attirance sexuelle? Car à y regarder de plus près, il s’agit la plupart du temps d’un masque que l’on affiche sur des pulsions sexuelles refoulées. Ce masque sert-il à approcher l’amour sans que l’amie s’en émeuve? Cela peut durer un temps, temps nécessaire pour des raisons contingentes ou difficilement avouables.  Mais tôt ou tard le masque finit par tomber et la personne éconduite en sera humiliée. Face à l’offense elle peut devenir féroce, tel un soupirant repoussé.Parler de ses véritables sentiments peut résoudre bien des problèmes de cette pseudo-amitié.

De mes ami-e-s d’avant l’électronique j’attendais des lettres que je lisais avec l‘intensité du plaisir qu’elles provoquaient. Aujourd’hui à l’heure des mails, je suis toujours dans la même attente. Si les réponses ou les nouvelles se font désirer, l’attente devient vite pénible et peut provoquer de l’inquiétude. La trace de la lettre ou du mail tisse un lien, entretient l’amitié.  Et pourquoi pas conserver les  beaux mails en les imprimant et les enrubanner comme on le faisait des lettres?