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Posts tagged ‘hystérie’

Après avoir annoncé l’ouverture du 17ème Sex-o-café, fait les recommandations d’usage (conso en échange de la gratuité du salon Shiva),informé de l’absence définitive de Liliane (sans y), présenté Emmy et m’être présentée aux nouveaux participants la séance commença.
Ah, la soirée des sextoys ! Si le sextoy en tant qu’objet de plaisir n’est pas nouveau puisqu’il existe depuis la nuit des temps Emmy a su nous en parler avec sérieux et légèreté. La séance se déroula très joyeusement à commencer par rappeler que les premiers objets sexuels nommés « olisbo » (pénis artificiel) par les grecs, servaient aux femmes de marins ou de guerriers quand ces derniers partaient en guerre ou en mer.Les hommes s’assuraient ainsi la fidélité de leur épouse qui s’en servaient pour combler leur absence. Ce qui est toujours d’actualité ; Emmy nous le rappelle en évoquant une amie dont le mari militaire reste en contact intime par des moyens que la technique actuelle rend possible malgré l’éloignement.
L’ancêtre du godemiché appelé par les romains « gaude mihi » qui signifiait « réjouis-moi » était pour certains de véritables œuvres d’art en bronze, en céramique, en ivoire, ou plus simplement en pierre, en cuir, en bois, et très souvent à l’effigie d’une divinité…
Le kamà-sutrà, le plus important ouvrage sanscrit sur l‘amour et l‘érotisme, préconisait leur utilisation pour améliorer les rapports sexuels des partenaires.
Les chinois fabriquaient des godemichés en résine et en gomme pour en atténuer la dureté. Les japonnais offraient à leur dame une pierre enveloppée dans de la soie nommée du joli nom « objet d’absence. »
A la Renaissance l’olisbo change de nom pour « passatempo », passe temps, ou diletto, délice, qui donnera « didlo » qui est de nos jours une marque de sextoys. Á cette époque l’objet est à la mode et chaque femme se doit d’en avoir un chez elle, c’est ainsi que Ronsard (qui avait 55ans) reproche à son amoureuse Hélène (qui en avait à peine 15) de lui préférer sa propre main et son godemiché.
En Italie comme en France il s’invente des objets bien améliorés plus proche de la réalité avec réservoir en verre.
En 1869 Georges Taylor invente le premier vibromasseur à vapeur appelé vibrateur qui sert à calmer les douleurs; très vite l’usage a été détourné au profit de traitement contre l’hystérie et l‘insatisfaction sexuelle qui sévit à cette époque. Cet appareil est passé sur tout le corps en insistant sur la vulve ce qui déclenchait un orgasme clitoridien qui calmait la patiente. En 1883 le Dr J.M.Granville invente le premier vibromasseur électro-mécanique qui améliorait le rendement dans le traitement des sujets. D’une patiente à l’heure l’électricité aidant il s’en traitait six.
Comme ce tout petit aperçu nous le démontre le sextoy n’est pas un moyen nouveau pour se procurer du plaisir, et que de tout temps les hommes ont eu recourt à leur imagination afin de stimuler leurs fantasmes, de rendre ludique ce qui par la force de l’habitude, la routine installée sont un obstacle pour accéder aux délices qui – il faut l’espérer – épanouiront leur sexualité.

Le premier sextoy que nous présente Emmy est le canard; tout le monde en a entendu parler. Symbole du sextoy le canard peut être posé sur un chevet, waterproof il peut aller dans le bain, se poser sur la table du salon ou être offert lors d’un repas de famille où trône la grand-mère à côté du petit enfant sans qu’il choque la pudeur de quiconque. Objet joli par sa couleur et sa forme il est sans vulgarité et sa vibration douce est agréable n’est pas pour but de provoquer l’orgasme

Les boules de geishas est un sextoy spécial par sa fonction de renforcement du périnée, jusqu’à être préconisées aux femmes par les gynécologues après un accouchement. Là non plus cet accessoire ne sera pas utilisé à des fins orgasmiques mais pour remuscler et renforcer la tonicité du vagin et du périnée. Il faut savoir, précise Emmy que la plupart des femmes ne sont pas vaginales mais clitoridiennes, et qu’à ce titre, un vagin resserré, un périnée plus tonique  procurent des sensations meilleures et le coït sera d’autant plus satisfaisant pour les deux partenaires. L’homme sentira les contractions vaginales, sa verge ne sera pas perdu dans un étui creux;  la femme appréciera la verge qui la comblera. Produit en silicone sans risque d’allergie, les boules de geisha sont indispensables pour fortifier le muscle de l’amour (le pubo-coccygien). Cette technique est issue des pratiques taoïstes que la Chine ancienne développa par les exercices  des Qi-gong qui fortifient et développent le même groupe de muscles pour leur santé, leur longévité, leur plaisir sexuel et leur développement spirituel.Les yogis hindous pratiquent des exercices similaires dans le cadre du Hatha Yoga (la pratique du geste du cheval) encore pratiquée de nos jours. Le Dr Kégel créa en 1940 une série d’exercices destinés à renforcer le muscle pubo-coccygien, par des contractions / décontractions alternées des muscles qui forment le palais pelvien et de prévenir ou de réduire les problèmes du plancher pelvien et d’augmenter le plaisir sexuel.Traitement bénéfiques pour le prolapsus vaginal et utérin, l’incontinence.

Ce sera tout pour ce soir…Passez une belle soirée agrémentée d’un sextoy, pourquoi pas ?

Personnalité hystérique ou histrionique quelles différences ?La maison histrionique Peu de différences à vrai dire si ce n’est que l’une s’applique plus spécifiquement à une femme (hystérie), alors que l’histrion se dira plus volontiers d’un homme au comportement cabotin, théâtral. Ainsi pourrait-on dire d’une personne qu’elle est hystérique puisque femme et en tant que telle caractérisée par un  utérus. Non pas que ce dernier se déplaçait dans le corps, créant les symptômes  comme le croyaient Charcot et ses acolytes, mais plus particulièrement parce que dans l’hystérie l’histoire de la psyché d’une personne  est impliquée, exprimée symboliquement par des phénomènes, des troubles corporels. Le symptôme corporel est observable et cède à l’analyse en révélant le passé psychique d’une personne. Le terme d’hystérie  fut réservée à la femme puisqu’en grec il veut dire utérus.

Ce terme était associé à un trouble essentiellement féminin dans les sociétés où la femme était opprimée, leur féminité réprimée.

Histrionique du latin histrio, comédien, caractérise les hommes qui ont tendance à exagérer leurs émotions, à surjouer de manière explosive. La différence n’en est une que par la définition étymologique. Le comportement de l’hystérique ou de l’histrionique  serait relié à un trouble psychique qui s’originerait dans l’histoire psychosexuelle du sujet. Autrement dit l’hystérie serait une réponse corporelle à un traumatisme sexuel subi dans l’enfance.

Tiens donc, Baudelaire s’était en son temps intéressé à l’hystérie en écrivant ceci « … s’exprimant dans les femmes par la sensation d’une boule ascendante et asphyxiante, se traduit chez les hommes nerveux par toutes les impuissances et aussi l’aptitude à tous les excès » En tant que poète hystérique lui-même (chez les hommes…l’aptitude à tous les excès) Baudelaire ouvre la voie des outrances en littérature. L’hystérie est une névrose, le résultat d’un conflit intérieur d’ordre psychologique, une réponse émotionnelle excessive en quête d’attention. On pourra noter :

  • Un sujet mal à l’aise si n’est pas le centre d’intérêt; tente d’attirer l’attention par tous les moyens, en dramatisant sa situation, désirant attendrir
  • Comportement de séduction inadaptée ou attitude provocante; tentatives de suicide ou de passage à l’acte toujours sous le regard de témoins
  • Se sert de son physique pour attirer l’attention
  • Parle de manière subjective avec un vocabulaire pauvre
  • Forte dramatisation (théâtral, exagération du pathos) et exagération de l’expression émotionnelle
  • Facilement influencé par autrui ou par les circonstances
  • Persuadé qu’il vit des relations à haut niveau d’intimité alors qu’il n’en est rien
  • Changements d’humeur fréquents; affects et émotions intenses quoique superficiels. Les émotions changeantes provoquent de fortes crises de nerfs
  • Un tel sujet sera angoissé si l’on ne porte pas sur lui l’intérêt qu’il veut susciter.
  • Est dépendant des autres ; les relations avec le sexe opposé seront faites de séduction sans approfondir les relations affectives qui resteront superficielles.
  • De tels sujets ne supportant pas les frustrations  compensent par une hyperactivité émotionnelle source de souffrance provoquant des décompensations dépressives.

Ce sera tout pour aujourd’hui ! Je vous souhaite tout de bon pendant que la pluie tombe doucettement sur Cannes et sur le  printemps qui, semble t-il, nous oublie.

Personnalité hystérique ou histrionique quelles différences ?La maison histrionique Peu de différences à vrai dire si ce n’est que l’une s’applique plus spécifiquement à une femme (hystérie), alors que l’histrion se dira plus volontiers d’un homme au comportement cabotin, théâtral. Ainsi pourrait-on dire d’une personne qu’elle est hystérique puisque femme et en tant que telle caractérisée par un  utérus. Non pas que ce dernier se déplaçait dans le corps, créant les symptômes  comme le croyaient Charcot et ses acolytes, mais plus particulièrement parce que dans l’hystérie l’histoire de la psyché d’une personne  est impliquée, exprimée symboliquement par des phénomènes, des troubles corporels. Le symptôme corporel est observable et cède à l’analyse en révélant le passé psychique d’une personne. Le terme d’hystérie  fut réservée à la femme puisqu’en grec il veut dire utérus.

Ce terme était associé à un trouble essentiellement féminin dans les sociétés où la femme était opprimée, leur féminité réprimée.

Histrionique du latin histrio, comédien, caractérise les hommes qui ont tendance à exagérer leurs émotions, à surjouer de manière explosive. La différence n’en est une que par la définition étymologique. Le comportement de l’hystérique ou de l’histrionique  serait relié à un trouble psychique qui s’originerait dans l’histoire psychosexuelle du sujet. Autrement dit l’hystérie serait une réponse corporelle à un traumatisme sexuel subi dans l’enfance.

Tiens donc, Baudelaire s’était en son temps intéressé à l’hystérie en écrivant ceci « … s’exprimant dans les femmes par la sensation d’une boule ascendante et asphyxiante, se traduit chez les hommes nerveux par toutes les impuissances et aussi l’aptitude à tous les excès » En tant que poète hystérique lui-même (chez les hommes…l’aptitude à tous les excès) Baudelaire ouvre la voie des outrances en littérature. L’hystérie est une névrose, le résultat d’un conflit intérieur d’ordre psychologique, une réponse émotionnelle excessive en quête d’attention. On pourra noter :

  • Un sujet mal à l’aise si n’est pas le centre d’intérêt; tente d’attirer l’attention par tous les moyens, en dramatisant sa situation, désirant attendrir
  • Comportement de séduction inadaptée ou attitude provocante; tentatives de suicide ou de passage à l’acte toujours sous le regard de témoins
  • Se sert de son physique pour attirer l’attention
  • Parle de manière subjective avec un vocabulaire pauvre
  • Forte dramatisation (théâtral, exagération du pathos) et exagération de l’expression émotionnelle
  • Facilement influencé par autrui ou par les circonstances
  • Persuadé qu’il vit des relations à haut niveau d’intimité alors qu’il n’en est rien.
  • Changements d’humeur fréquents; affects et émotions intenses quoique superficiels. Les émotions changeantes provoquent de fortes crises de nerfs
  • Un tel sujet sera angoissé si l’on ne porte pas sur lui l’intérêt qu’il veut susciter.
  • Est dépendant des autres ; les relations avec le sexe opposé seront faites de séduction sans approfondir les relations affectives qui resteront superficielles.
  • De tels sujets ne supportant pas les frustrations  compensent par une hyperactivité émotionnelle source de souffrance provoquant des décompensations dépressives.

Ce sera tout pour ce soir ! Je vous souhaite une bonne nuit pendant que la pluie tombe doucettement sur Cannes et sur le MIDEM, moi je vais m’engouffrer sous ma couette et dormir sur mes deux oreilles.

« On voudrait, on ne peut pas faire son pipi partout comme le chien de grand-mère » avec cette chanson Marie-Josée Neuville chatouillait mes oreilles d’enfant. Bien sûr la pudeur, la décence, l’éducation nous empêchent de nous soulager ailleurs que dans les lieux réservés à cet effet, tout comme elles nous empêchent de s’accoupler n’importe où, devant public et dans les lieux publics. Pour faire la bête à deux dos, crac-crac, des câlins – quel que soit le nom que l’on donne à l’acte sexuel, il se pratique caché. Le fait de s’isoler a rendu difficile de rendre compte de l’activité sexuelle des humains. D’ailleurs le mot « sexualité » est apparu tard et n’était que peu utilisé sauf dans certains romans érotiques dont le but était de faire jouir. Tout change quand au XVIIIe siècle la médecine découvre le fonctionnement des organes reproducteurs féminins. Dès lors, par la connaissance de la biologie des sexes,  les rôles de reproductions chez l’homme et la femmes sont différenciés; il est enfin accepté qu’une femme éprouve  du désir et du plaisir sans que ces derniers ne soient liés à la reproduction. Il en va de même pour la jouissance féminine tant sont différents les organes et le plaisir qu’ils procurent à une femme qui n’ont rien à envier à l’orgasme de l’homme.

On ne s’accouple plus par désir ou par nécessité de se reproduire depuis la mise en évidence freudienne de la vie psychique et physique qui rendent compte d’une pulsion sexuelle moteur universel de l’activité humaine. Pulsion que l’on découvre aujourd’hui présente dans la nature entière sans que, là encore, la reproduction en soit l’enjeu. Ainsi peut-on dire  « Gays sont les animaux » puisque l’homosexualité animale est largement démontrée. Elle n’est pas une anomalie mais une activité plus pratiquée que l’hétérosexualité. La question que se posent les chercheurs est « Pourquoi les animaux préfèrent l’homosexualité à l’abstinence? » Moi qui ne suis pas un animal ni un chercheur je pense qu’il est plus agréable de se faire du bien, se donner du plaisir que de s’en abstenir.

Avec le XIXe siècle la répression de la libido s’intensifie. À cette époque la médecine fait la chasse aux troubles de la sexualité (voir la série d’articles sur la masturbation qui relatent la répression). Elle s’attaque à la masturbation, à l’hystérie et à ce qui était considéré comme des  déviances (sodomie, masochisme, homosexualité). Ces pratiques étaient vues comme des fautes morales pour ensuite être répertoriées comme des maladies. La médecine du XIXe siècle mesure les excès, les insuffisances de sexualité; elle condamne, elle punit ou remet aux normes en vigueur. Elle satisfait à la curiosité scientifique pour les conduites sexuelles et leurs effets sur la santé physique ou morale pour devenir au XXe siècle la préoccupation majeure au même titre que la diététique, le sport ou la communication.

Le plaisir au féminin: une réalité enfin considérée

Dans le milieu des années cinquante de nombreuses enquêtes ont donné droit de cité au plaisir féminin. Plus tard la contraception, l’avortement, la procréation artificielle assistée, lèvent les tabous, libèrent les femmes en séparant la sexualité de la procréation, même s’il fallut attendre longtemps encore pour la vivre débarrassée des préjugés sociaux et religieux.

De tout temps la sexualité (tout ce qui touche au sexuel) est regardée, analysée, cataloguée avec ses limites, ses tolérances pour chaque époque…Selon les cultures, les changements, les évolutions, les normes sociales ont reculé, les individus sont libres de choisir leurs préférences sexuelles. Il est de nos jours courant de faire appel aux conseils de professionnels en sexothérapie, sexologie. La pharmacie prend le relais des pannes érectiles, les jouets sexuels viennent à bout des froideurs orgasmiques.

Les codes ont eux aussi changé.  Le respect de la personne, son consentement et son désir doivent être respectés afin de protéger son intégrité physique et morale. Les plus faibles  (enfants, personnes sans défenses) sont  plus facilement protégés des  contraintes sexuelles de leurs aînés. Harcèlement sexuel, exhibition sexuelle, sont autant d’agressions punies de lourdes peines. Ce qui était considéré  autrefois comme un devoir conjugal peut être aujourd’hui considéré comme un viol conjugal. La loi protège les femmes d’un mari reconnu violent et violeur.

Du plaisir, de la joie à vivre léger et bien dans vos pompes que vous aurez pris soin d’enlever pour laisser la pulsion chevaucher votre désir…Bon dimanche.

D‘hystéricon, où s’originent les mots hystérie et utérus, dont on a gardé la dernière syllabe « con« , rappelle l’absence de pénis. Traiter un homme de « con » est une injure qui le dépouille de ses attributs virils. Le con étant le sexe de la femme, dire à un homme qu’il est « con » revient à le traiter de femme…Ainsi mesurerait-on la valeur d’une personne à cet appendice ou à son absence ? D’ailleurs la circoncision, castration symbolique,  consiste à ôter le prépuce, celui-ci étant considéré comme féminin et en figure le vagin dans lequel est fourré le gland masculin. Ainsi l’homme est dégagé dans son corps de tout élément féminin. La circoncision met en place la séparation d’avec la mère qui, en éliminant ce petit bout de chair,  contribue à renoncer symboliquement à la bisexualité divine – Dieu s’est fait homme et pas le contraire. La circoncision marque à la fois la nature humaine, donc mortelle,  et la masculinité; …mais aussi la récupération symbolique du fils par le père en devenant le premier acte de la différentiation sexuelle. (Elisabeth Badinter in XY- De l’identité masculine).

Nous savons que l’idéologie sociale est essentiellement phallique. Du masculin, on ne retient que la forme pénienne  qui par la taille du pénis, le petit de l’homme se mesurera à la verticalité paternelle, rêvant d’atteindre au plus vite et la grosseur et la longueur pour supplanter papa et atteindre maman. A l’âge adulte c’est souvent au travers de sa compagne que l’homme essayera d’atteindre la mère

D’ailleurs, cette citation « L’homme est une chose, qui, un jour, est sorti de la femme et passe toute sa vie à tenter d’y retourner«    confirme : La femme est la cause de l’enfant et c’est bien à ce titre que chaque être humain sur terre est sorti d’un con: « Il est temps de faire/ La définition/ De ce mot espiègle/ Qui échappe à la règle/ Plus noble qu’un aigle/Dans sa condition/ Ce mot vous le dites/ Censeurs hypocrites/ Établissez vite/ Son vrai sens profond/ Car si on l’ausculte/ Au lieu d’une insulte/ On peut faire un culte/ Du joli mot con. Pierre Perret chante ainsi le con, dans « Celui d’Alice » après  qu’Aragon en ait fait l’éloge dans « Le con d’Iréne ». Cela n’a pas pour autant fait disparaître la connotation vulgaire et injurieuse de ce petit mot dont la traversée à sens unique a peuplé la terre. Pourquoi tant d’éloges pour le  sexe d’homme et tant de mépris pour le sexe de la femme?

Conseil aux  hommes : arrêtez de glander et respectez les cons…

D‘hystéricon, où s’originent les mots hystérie et utérus, dont on a gardé la dernière syllabe « con« , rappelle l’absence de pénis. Traiter un homme de « con » est une injure qui le dépouille de ses attributs virils. Le con étant le sexe de la femme, dire à un homme qu’il est « con » revient à le traiter de femme…Ainsi mesurerait-on la valeur d’une personne à cet appendice ou à son absence ? D’ailleurs la circoncision, castration symbolique,  consiste à ôter le prépuce, celui-ci étant considéré comme féminin et en figure le vagin dans lequel est fourré le gland masculin. Ainsi l’homme est dégagé dans son corps de tout élément féminin. La circoncision met en place la séparation d’avec la mère qui, en éliminant ce petit bout de chair,  contribue à renoncer symboliquement à la bisexualité divine – Dieu s’est fait homme et pas le contraire. La circoncision marque à la fois la nature humaine, donc mortelle,  et la masculinité; …mais aussi la récupération symbolique du fils par le père en devenant le premier acte de la différentiation sexuelle. (Elisabeth Badinter in XY- De l’identité masculine).

Nous savons que l’idéologie sociale est essentiellement phallique. Du masculin, on ne retient que la forme pénienne  qui par la taille du pénis, le petit de l’homme se mesurera à la verticalité paternelle, rêvant d’atteindre au plus vite et la grosseur et la longueur pour supplanter papa et atteindre maman. A l’âge adulte c’est souvent au travers de sa compagne que l’homme essayera d’atteindre la mère

D’ailleurs, cette citation « L’homme est une chose, qui, un jour, est sorti de la femme et passe toute sa vie à tenter d’y retourner«    confirme : La femme est la cause de l’enfant et c’est bien à ce titre que chaque être humain sur terre est sorti d’un con: « Il est temps de faire/ La définition/ De ce mot espiègle/ Qui échappe à la règle/ Plus noble qu’un aigle/Dans sa condition/ Ce mot vous le dites/ Censeurs hypocrites/ Établissez vite/ Son vrai sens profond/ Car si on l’ausculte/ Au lieu d’une insulte/ On peut faire un culte/ Du joli mot con. Pierre Perret chante ainsi le con, dans « Celui d’Alice » après  qu’Aragon en ait fait l’éloge dans « Le con d’Iréne ». Cela n’a pas pour autant fait disparaître la connotation vulgaire et injurieuse de ce petit mot dont la traversée à sens unique a peuplé la terre. Pourquoi tant d’éloges pour le  sexe d’homme et tant de mépris pour le sexe de la femme?

Peut-être y verrons-nous plus clair le 8 mars? Car le 8 mars 1917 est la date qu’il faut retenir. Faisant suite aux luttes des ouvrières de St Pétersbourg, cette date marque le point de départ de la tradition de la Journée de la Femme, qui ne sera instaurée dans le monde entier qu’en 1945.


Continent noir

Est-on bien loin du phallus dont Freud  institua la primauté en tant qu’organe de la jouissance pour l’homme et pour la femme? D’ici encore, on entend le soupir d’incompréhension du  papa de la psychanalyse. La vie sexuelle des femmes lui était complètement inconnue comme il le révélait en la nommant le « continent noir« . Que connaissait Freud de la sexualité féminine? Pas grand chose, si ce n’est l’inaccessibilité, pour elles,  à  une sexualité réjouissante. Elle était entravée par les institutions religieuses, ligotée par la morale, piégée par l’obligation de se soumettre au seul désir de l’homme qui la transformait en objet sexuel. Pour Freud, la femme était-elle autre chose qu’un animal domestique à ne considérer que sous l’angle de la pathologique sexuelle? Hystérie des femmes mal aimées, frustration dans leur besoin d’exprimer l’amour autrement qu’en maternités qui leur remplissaient le ventre régulièrement tous les neuf mois?  Sous prétexte qu’elle n’avait pas entre les jambes cette petite chose qui gonfle et qui ne servait qu’à satisfaire, en envoyant en l’air, l’homme qu’elle devait chérir. Pas si sûr que les choses aient beaucoup changé!

Si la contraception a permis de dissocier maternité et sexualité (dans l’absolu) il n’en va pas de même dans l’esprit des femmes qui cheminent encore avec un lourd bagage socioculturel. Les interdits, les tabous, la généalogie et l’histoire personnelle de chacune, font que les femmes ne sont jamais totalement déconnectées de l’amour dans leur rapport au sexe. Pour la plupart le sexe et le cœur sont intimement liés.

 » La femme ne peut accepter d’être désirante qu’au nom de l’amour »

Cela a t-il changé? Oui, si l’on en croit certains magasines qui préconisent les jouets à la mode. Les sex toys s’exhibent ailleurs que dans les catalogues VPC où ils se cachaient auparavant. Certainement Internet a facilité la vulgarisation de ces objets de plaisir. Ils se répandent, comme des petits pains au chocolat dans les boulangeries, pour arriver jusque dans les demeures dans des réunions genre Tupperware.

Non, cela n’a pas beaucoup changé depuis 68, comme le diront certains spécialistes du sexe. Philippe Brenot (psychiatre et directeur de l’enseignement de sexologie à Paris V)   grand prosélyte de la masturbation ne dira pas le contraire, lui qui conseille l’autoérotisme (Y a pas de mal à se faire du bien.) Il ajoute  » la sexualité s’apprend ». Pour les hommes aussi bien que pour les femmes.  « Ces dernières ont encore du mal à accéder au plaisir et au désir parce que contrairement aux hommes beaucoup ont une expérience limitée de la masturbation » précise t-il.

La sexualité est un art et comme la cuisine ça s’apprend. Ce n’est pas la recette sous vos yeux qui va faire le plat mais ce que vous allez y mettre d’art qui en fera la réussite. Les femmes sont excisées psychiquement parce que cette partie de leur corps est encore taboue, elles ont beaucoup de difficultés à s’en servir seule. Elles ont besoin de partager avec un-e- partenaire. Même si la sexualité  des femmes de 20-50 n’a plus grand chose à voir avec celle de leurs mères ou de leurs grands-mères. Même si celle-ci ressemble de plus en plus à celle des hommes. Même si la multiplication des expériences est assumée sans complexes… la plupart des femmes a besoin d’aimer et de se sentir aimée pour avoir une sexualité épanouissante. Les jouets sexuels vont-ils remplacer ce besoin de partager qu’ont les femmes ? Qu’en pensez-vous messieurs?