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Posts tagged ‘identité’

adolescence-violenceQu’est-ce-que l’adolescence sinon un âge entre deux eaux,un passage qui annonce la fin de la puberté et propulse dans l’âge adulte? C’est l’âge où tous les espoirs pubertaires sont en devenir de réalisations d’adultes. La violence pubertaire est réelle, tant l’adolescence recèle d’aspirations élevées et de déceptions dont toute la vie d’adulte sera empreinte.  L’effondrement de l’idéal ou a dépression d’idéal est le risque encouru de cette période de la vie.

Pendant ce passage, la plupart des adolescents ont des conduites violentes intenses ou moindres selon le milieu socio-culturel auquel ils appartiennent. La conduite est d’autant plus violente qu’elle menace le « Moi », c’est à dire l’identité : le Moi de l’adolescent est la principale victime des adultes qui pratiquent  (pour leur bien !) l’intrusion, la dépossession,  l’envahissement, manipulation : toute manifestation  qui se voudra protectrice du jeune. Période où l’adolescent se cherche, psychiquement, physiquement, sexuellement.

A ce moment là de la vie l’intensité des pulsions est à son comble ; gérer le dedans de ce qui se passe à l’intérieur (du corps et sa force hormonale)  avec le dehors et la qualité de la représentation afin de préserver l’image qu’il a de lui (narcissisme) met l’adolescent dans le déni et déstructurent les liens parentaux qui jusqu’alors le tenaient. Ce qui est rejeté  est ce lien vécu par l’ado comme une dépendance dangereuse, un pouvoir du parent qui aliène sa liberté en tant qu’individu.  Bataille du Moi de l’adolescent et du Surmoi (instance parentale, sociétale) où l’importance prise par l’investissement  parental sera l’élément déclencheur, essentiel de la violence. Il y a dès lors séparation (et non conflit) entre le MOI et le SURMOI. Entre l’adolescent et les parents, la société. Crise d’adolescence (qui peut être réactualisée à tout moment de la vie). L’ado devient fragile face à l’agressivité du monde et son environnement, ses contraintes, ses vides, ses séductions abusives ; tout l’agresse. Il se rebelle.

Il se rebellera d’autant plus qu’il vivra dans un contexte familial difficile où culture et éducation familiales seront différentes de celles  qui se vivent à l’extérieur; quand une parole pauvre fera obstacle aux échanges ( c’est autour du langage que se cristallisent les conflits individuels et collectifs).

La violence n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau est sa sur-médiatisation. Elle existe de tout temps avec les comportements impulsifs qui lui sont associés. Les blousons noirs dans les années 70, les skins heads  quelques années après, les banlieues aujourd’hui… La violence faite aux jeunes fera ressurgir la violence faite par les jeunes en amenant des troubles du comportement et des troubles de conduite dont on parle beaucoup (trop) dans les médias.

« Si la cruauté, tout autant que la violence et l’amour, est une dimension de l’homme, elle (la violence) a cependant la particularité de produire une angoisse étrange, inaccessible au processus de symbolisation ininscriptible dans la psyché et donne de son « agent » - celui qui la produit -, une image de mutant de l’espèce », écrivit LOUFTI BENHABIB dans la « Passion Algérienne »

La violence dans les mots, dans les actes, conjugale, scolaire, professionnelle. La violence visible et celle invisible parlent de notre monde qui ne change pas vraiment dans les mentalités. Ne serait-elle pas plutôt exacerbée tant elle est médiatisée avec pour but de servir  un jeu politique pour lui donner le pouvoir de mettre en place par la peur une hyper sécurisation ? Tout aussi violent que ce qu’il  prétend défendre.

Quand on sait que faire acte de violence, comme le disait un jeune « fait couler l’adrénaline » « c’est même un sport extrême », « je suis fier d’être un violent homophobe, ça me fait jouir », on comprendra ( ce qui ne veut pas dire qu’on acceptera) qu’il s’agit là d’un palliatif à l’évacuation du trop plein de fureur servant à exprimer des pulsions qui n’ont jamais été régulées.

Allez ! Assez de violence pour ce soir. Passez une bonne nuit dans la tendresse de bras protecteurs.



Vous n’êtes pas sans savoir que les signes de reconnaissance sont aussi indispensables au nouveau-né que le sein maternel pour son développement harmonieux, plus que nécessaires pour qu’il s’en nourrisse, grandisse, se construise, s’organise psychiquement et physiquement. Satisfaire son besoin de reconnaissance est un besoin vital de la naissance à la mort. L’absence de signes de reconnaissance, et au delà de la souffrance qu’ils engendrent,  créent des manques tels que les carences s’installent qui peuvent conduire à la mort.

L’air que l’on respire, l’eau, la nourriture, le sommeil sont évidemment vitaux.  Or, l‘identité, le sentiment d’exister ne peuvent se construire sans les échanges et la qualité des signes de reconnaissance avec l’environnement. Aujourd’hui, nous vivons  dans un environnement paradoxal où la communication tient toute la place (médias, internet, téléphones portables…) sans pour cela que s’améliore la qualité relationnelle , bien au contraire il semblerait qu’elle se dégrade.

Alors? Qu’est-ce-que ce besoin vital dont on ne peut se passer aussi indispensable que les éléments dont on a parlé plus haut? Comment manifester sincèrement des signes de reconnaissance alors que la plupart d’entre nous en a manqués ( je t’aime, je t’admire, j’apprécie ce qui tu es)) ? A été blessé (quelle idiote!) ? N’a pas été stimulés ( c’est bien, tu vas y arriver). On ne nous a jamais appris comment s’y prendre pour dire ce qui va. Le « ça va ? », balancé comme une épluchure de banane dans une poubelle, n’incite pas à répondre, « je ne vais pas bien, »  ou « oui, merci je vais bien » n’est-ce-pas ? Dans ce monde où tout va si vite, on répète comme un automate des « ça va » sans en attendre la réponse. On s’entrebise sans avoir la conscience de donner un baiser: (Au fait, je t’ai dit bonjour ?). Les relations quotidiennes (travail, famille, amis) ne sont que l’accumulation de désillusions, de frustrations, alors que nous avons besoin de tendresse et d‘attentions, d’être reconnu pour ce qui nous sommes.

Être touché est un besoin tant biologique que psychologique. Le couple, les amis, les parents avec leur enfant qui n’échangent pas de caresses, de contacts, de câlins, de paroles réconfortantes, de signes de reconnaissance, vont dépérir comme le nourrisson dont la mère se désintéresse de lui. En l’absence de toutes ces marques d’affection, d’amour, la  tristesse s’empare des individus… Les mots, les gestes sont vitaux pour toucher le cœur, stimuler les affects. Le Dr Spitz nomma sous le terme « d’hospitalisme » les carences affectives dont étaient atteints les très jeunes enfants devant rester longtemps dans des milieux institutionnels – prisons, maternités, orphelinat, hôpital.

Ce besoin psychologique fondamental, vital, incontournable est ce qu’on appelle le besoin de reconnaissance

Très vite nous en reparlerons. En attendant je vais consulter le site  www.libidosexualite.com/ avec l’espoir d’y lire de nombreux commentaires qui sont pour moi des signes de reconnaissance dont j’ai autant besoin que vous.