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Posts tagged ‘inceste’

Plume blanche dans l'eau bleue Comme nous l’avons vu précédemment nous sommes régis par deux principes : le couple plaisir/réalité. Le principe de réalité entraînera souvent le déplaisir. Pour éviter le déplaisir (surtout dans l’enfance) il se met en place  un processus qui repousse dans l’inconscient tout ce qui pourrait provoquer le déplaisir; ce processus, n’est autre que le  refoulement.

Cependant le développement psychique d’un enfant se construit sur des refoulements successifs : de la succion au repas à la cuillère, de la couche au pot, etc… Ces petits déplaisirs là, inhérents à la vie d’un être, le font évoluer. Toutefois, si tout est autorisé à l’enfant sans aucun discernement, si tout lui est donné sans qu’il ait à demander, si tous ses caprices sont satisfaits sans qu’on lui oppose de limites raisonnables, l’enfant sera immergé dans un flot émotionnel qu’il ne pourra gérer. Dans de pareilles circonstances, dont la répétition entraînera du stress, l’enfant ne connaîtra pas le plaisir, ne pourra se situer dans son désir ; partant du principe qu’il suffit d’exiger pour obtenir il n’éprouvera aucune joie à avoir. À recevoir. Il sera pareil à un marin sans boussole dans une mer déchaînée. Croyant bien faire, par ignorance ou laxisme, les adultes transformeront ces enfants en futurs adultes blasés, désabusés.

Cet état émotionnel sera d’autant plus violent quand l’adolescent devra vivre le bouillonnement des pulsions sexuelles au moment de la puberté. Si par la difficulté, voire l’impossibilité (parce qu’on ne lui a pas appris) à apprivoiser ses pulsions, s’il continue à les vivre sous le registre du plaisir en niant la réalité à laquelle la vie sociale (entre autre) nous oblige, le jeune individu se confrontera à des dilemmes angoissants pour lui . « On voudrait, on ne peut pas faire son pipi partout comme le chien de grand-mère » chantait Marie Josée Nat quand j’étais gamine; or, ne vouloir rester que dans le plaisir finira par créer des dommages physiques autant que psychiques. Ces dégâts engendrent un conflit entre le plaisir – état désiré – et le déplaisir auquel on est contraint. Papa Freud disait : La pulsion est la représentation mentale d’une excitation corporelle. Elle a sa source dans le corps.

Le corps s’exprime par un langage particulier, non verbal. Au travers de ce langage corporel on peut discerner ce qui a été refoulé,: elle somatise. Un corps  ou un esprit qui souffre n’a pas de plaisir. Dans le cas contraire, si il y a plaisir, il y a « amour » de la douleur qui par des mécanismes pervers composent le masochisme. On en parlera une autre fois. s’inscrit dans la personne

Or, le plaisir ne peut surgir si celui-ci a été refoulé suite à un traumatisme quel qu’il soit. D’un trauma physique, psychique (l’un entraînant bien souvent l’autre) le corps en garde une trace mnésique indélébile; l’inconscient le garde en mémoire en le refoulant.

C’est dans l’expérience vécue de l’enfance qu’il faut rechercher les causes profondes du conflit sexuel, écrivait la doctoresse H.MICHEL-WOLFROMM dans « Cette chose là ». Dans la proximité de l’écoute en consultation, on entend la plainte de personnes dans leur relation de couple. On note souvent le déplaisir, quand par exemple, l’acte est vécu comme une obligation (devoir conjugal); par le seul désir d’un partenaire –  » Mon mari ne pense qu’à ça » disait cette patiente. Ou encore « Je suis frigide; ou, j’ai des douleurs au moment de la pénétration; j’ai l’impression d’être anesthésiée : je ne ressens ni désir ni plaisir ». Toutes ces paroles entendues signent le déplaisir par le symptôme qui en dit plus long sur la nature de l’inconscient que du désir de retrouver un quelconque plaisir à satisfaire.

Parce que les enfants non entendus deviennent des adultes sourds, indifférents, violents voire cruels. Ils reproduisent les mêmes schémas vécus dans l’enfance sous une forme violente peu visible de l’extérieur. La sexualité est le lieu où s’exprime cette violence. Les atteintes à l’intégrité de la personne – comme c’est le cas dans le viol, l’inceste, la prostitution – sont camouflées dans des plaintes qui déguisent la réalité de ces drames et qui se révèlent dans un esprit tourmenté et un corps morcelé.

L’horreur, la honte, le dégoût, la culpabilité, l’angoisse ont chassé – et souvent pour toujours – l’idée même du plaisir en créant des liens de dépendances, entraînant chez la personne des comportements compulsifs…

« Eh, bien dites donc ! Il y a urgence à changer mon comportement avec mon fils » me disait Aline, mère d’un enfant qu’elle rendit tyrannique à force de tout accepter de lui. Il a 10ans et lève déjà la main sur sa mère, espérant sans doute qu’elle se rebiffe.

Nous en débattrons au SEX-O-CAFE. Passez une semaine légère et joyeuse, dans le plaisir, sans excès.


Dans une récente interview donnée au Point Boris Cyrulnik déplorait que nous soyons passés d’une sexualité métaphysique, sacrée, dans le sens où elle donne la vie, à une sexualité physique, mécanique pourrait-on même dire, dans le sens où l’acte sexuel tend à devenir la performance physique. Bander, tiendrait plus de la qualité de la pilule avalée avant l’acte que de la personne avec laquelle se pratique  l’acte. Femmes et hommes deviendraient-ils objets sexuels avant d’être d’amour?

La pilule contraceptive en libérant les femmes des grossesses non désirées,  leur a donné le choix de leur désir d’enfant, de leur plaisir, la jouissance de leur corps. Depuis quelques dizaines d’années on a recourt à la procréation médicale assistée, puis au sexe chimiquement assisté par la fameuse pilule bleue. Il y a dissociation de l‘acte et du sentiment sexuel, « émotion provoquée par une représentation qui participe au plaisir, dit Boris Cyrulnik. Performances sexuelles sans sentiment. L’homme machine  comme un marteau piqueur va s’enfoncer dans la femme en secousses de plus en plus frénétiques, durables, de  moins en moins revalorisantes, encore moins satisfaisantes émotionnellement. Jouir, jouir à tout prix, de tout et en particulier de la sexualité. Plaisir inextinguible qui va forcément conduire à la souffrance. Une société qui ne s’organise qu’en fonction des plaisirs vivra à court terme le dégout, l’amertume d’être frustré des promesses non tenues …

Boris Cyrulnik dit encore « Le sexe est l’endroit le plus civilisé de notre corps. » Avec la sexualité la nourriture sont les interdits originels qui fondent toute société. En faisant sauter les interdits (inceste, le meurtre),les tabous sexuels on libère la violence. N’ayant plus de contenant que sont les interdits, l’homme est de nouveau soumis à ses pulsions. La pilule bleue (Viagra) n’entrave pas les pulsions mais au contraire les augmente. Elle permet de les mettre en action sans aucun état d’âme, sans aucun sentiment.  On s’aperçoit de l’augmentation des agressions sexuelles, de viols, d’incestes. D’autre part et pour réagir un autre versant de la société va renforcer les interdits.

Où se situe la « normalité » et peut-on parler d’une norme dans le domaine sexuel? Est-il utile qu’un homme se transforme systématiquement en marteau piqueur sans états d’âme ? Où est l’intérêt d’avoir des performances qui ne seraient dues qu’à la chimie, annulant tout désir, qui ne serait que le résultat d’un mécanisme mis en marche chimiquement?

Voudrions-nous d’hommes qui ne seraient que godemichés, que sextoys?  Pour éviter cela  les femmes doivent admettre quelques  défaillances de  leur partenaire;  elles  doivent oser, si les défaillances  se répètent, ouvrir le dialogue, être compréhensives…

La corrélation entre délinquance juvénile et ignorance de la sexualité a été mise en évidence par une étude menée par les services de la Santé et de l’administration pénitentiaire.  Parmi les jeunes délinquants, il a été démontré que les relations avec le sexe opposé étaient quasiment inexistantes. Du sexe féminin, ces jeunes ne connaissent que la proximité familiale (mère, sœurs, tantes). Les jeunes garçons ne se mêlent pas plus aux filles à l’intérieur de la cité qu’à l’extérieur – leur milieu scolaire ou établissement professionnel -  bien que dans ces milieux la mixité est bien représentée.

En l’absence d’échange avec le féminin ne peuvent se développer les relations amicales, sentimentales et encore moins sexuelles; cela confine les jeunes gens à se rassembler en bande et vivre une sexualité par écran interposé où règne la pornographie (films X, internet, téléphone portable) comme on peut le voir dans le film « La jupe« .  La sexualité est une préoccupation majeure de l’adolescence. Ici, l’information spéciale et incomplète se fait en vase clos par le biais de la bande et comporte ainsi qu’on peut l’imaginer des carences tant anatomiques, physiologiques que psychologiques où la contraception et la protection des MST sont complètement occultées. Ces comportements sont engendrés par le manque d’éducation sexuelle, la peur du féminin qui n’est jamais approché autrement que par une mère  souvent seule, omniprésente. Son autorité incontournable consolide le tabou de l‘inceste dans l’environnement sexuel du garçon et si la barrière est  franchie elle ne le sera que par la transgression.

S’instaurent alors des codes, des comportements d’où les penchants homosexuels, s’ils existent, ne peuvent être vécus que dans la plus grande discrétion, cette pratique étant par trop considérée par le groupe, homophobe,  comme étant honteuse et marque de faiblesse.  Par contre l’homosexualité imposée et subie sert à asseoir un pouvoir, signe particulier de la sexualité des bandes. On peut voir cette obligation de soumission dans le film « Un prophète » où le jeune Malik qui en a pris pour 6ans arrive là, vierge, seul, analphabète, angoissé par sa virilité. Il sert d’appât homosexuel,  il subit pour se faire accepter du caïd…

De pareilles frustrations entraînent forcément des transgressions qui se manifestent par des viols collectifs, « tournantes« , attaques des homosexuels, actes barbares, sodomie des plus faibles et des inférieurs  qui transforment la bande en une prison où règne la misère sexuelle. Ces comportements sont évidemment cachés et tombent sous la loi du silence.

L’information et l’éducation sexuelles  sont d’autant plus urgentes à l’extérieur qu’elles  sont  inexistantes à l’intérieur du cercle familial et scolaire, d’autant que la séparation des sexes est bien réelle et tend à se durcir. Au collège, toutes les informations de nature sexuelle abordent des sujets bien loin des préoccupations de la jeunesse que sont les problématiques humaines, relationnelles et pratique de la sexualité. Il y a urgence à aborder les sujets aussi importants que les relations de consentement au sein du couple; parler du plaisir, du désir, des pulsions, de tout ce qui fait le bon fonctionnement des relations sentimentales, mais aussi amicales. Tout cet éclairage sur la sexualité afin que celle-ci ne soit plus confrontée aux frustrations et aux violences qui en découlent.

Le profane et le sacré s’entremêlent dans le monde. Le monde profane est celui des interdits. Le monde sacré, celui de la fête, celui du plaisir jusqu’à la licence; il est le monde des rois et des dieux  et à ce titre il autorise la transgression. Dans l’érotisme la transgression est mise en évidence par la dimension du plaisir qui en découle. Ne retrouve t-on pas dans l’érotisme cette création paradoxale ayant valeur d’attrait suscité par l‘interdit?

La détermination de l’érotisme est primitivement religieuse… d’après Georges Bataille. Or, l’érotisme fut condamné par le christianisme; cette religion s’érige en forme de dogme (faire confiance à une personne – d’église – supposée avoir eu l’Expérience). Sans pour autant chercher à polémiquer, c’est à ce niveau que le bât blesse, puisque dans l’érotisme il s’agit de se référer à sa propre « expérience intérieure ». Avoir sa propre expérience intérieure sans l’accord du religieux qui tient les fidèles sous son joug en interdisant l’accès à la connaissance de la vie et de la mort. Le paradis est ici dans la conscience pleine et totale et non dans un au-delà hypothétique. Les missionnaires prosélytes envoyés dans les pays aux cultures dites sauvages, forcèrent le trait d’un paradis ailleurs que terrestre. Ils occultèrent le fait que  ces peuples pouvaient avoir une autre vue et une autre approche de l’acte religieux (animiste, par exemple) et s’en servirent pour museler la masse.

C’est là que  la transgression – par sa propre expérience érotique – vient balayer toutes les autorisations religieuses. Atteindre son être au plus intime et apprendre sur l’autre et sur soi, n’est possible que par cette expérience. N’est-ce-pas à cause de l’interdiction par une quelconque instance qu’il est jouissif de s’y adonner? Sans l’interdit, sans le primat de l’interdit, l’individu ne serait jamais parvenu à la conscience claire. Pour exemple les gros mots interdits aux enfants qui s’y adonnent avec délectation.

Pécher: voilà où se situe le mal pour le judéo-christianisme : aborder la Connaissance comme Adam et Eve, premier homme, première femme. Ils ont entaché toute  leur postérité en mangeant le fruit défendu, fruit de la Connaissance du bien et du mal, de la Vie et de la Mort. Ces êtres de la mythologie biblique, chassés du Paradis Terrestre, ont servi de prétexte pour poser l’anathème sur les générations suivantes. C’est ainsi que, dans l‘inconscient collectif,  la sexualité entre deux êtres (en dehors du mariage de même qu’à l’intérieur de celui-ci s’il n’est pas consommé au seul titre de la procréation), a été érigée en interdit et qui le transgresse sera interdit d’accès au paradis. Cependant l‘interdit(inter-dit) sur lequel est basé en conscience notre humanité (interdit de l’inceste, du meurtre) barre l’accès à la violence – notamment sexuelle. Or, la violence s’est construite à cause des interdits qui n’ont pas pu se dire, elle s’est constituée sur son refoulementTransgresser l’interdit provoque l’angoisse en faisant apparaître l’expérience (inconsciente, là encore) du péché, du mal. Si la transgression est réussie, le maintien de l‘angoisse portée par l’interdit, sera d’en jouir.

Car la connaissance de l’érotisme ou de la religion demande une expérience personnelle de l’interdit et de la transgression.

Reconnaître l’expérience érotique – sans la dimension intérieure – ferait preuve d’un état maladif. Ne dit-on pas : je suis malade d’amour?Dans ce cas là, l’amour devient un objet extérieur, une expérience seulement connue du dehors, qui, demeurant au dehors du champ de conscience devient une expérience mineure. Ainsi l’interdit devient névrose que l’on allait jadis confesser au prêtre, aujourd’hui que l’on confie à son psy. L’interdit met en place la peur (de transgresser) en empêchant le désir. Or, le désir seul conditionne l’expérience intérieure, la transgression signe cette expérience. La passion transfigure comme nous avons pu le voir au chapitre  » la passion« . Il semblerait que la raison de cette transfiguration incombe à l’interdit transgressé.

Les deux interdits essentiels concernent la mort (le meurtre, tu ne tueras point) et la sexualité (le tabou de l’inceste). La violence est libérée dès qu’il y a transgression. La transgression efface les limites par la levée de l’interdit, la violence résiduelle, en tant que pulsion immédiate, ressurgit. La sexualité est le lieu où s’exprime facilement cette violence, lieu où la raison cesse d’agir…

Tout est en place dans la chaleur de l’été pour vivre un érotisme torride! Qu’attendez-vous?

Bonne fête aux hommes devenus pères pour avoir engendré un enfant. L’enfant, fille ou garçon, fait le père mais c’est au fils que revient de transmettre le Nom du Père. En cette importante particularité son nom demeure de père en fils. Certains géniteurs se prennent pour Dieu le Père mais jamais ne seront des papas. Parce qu’un papa est forcément papa gâteau sans être pâtissier ou un papa poule sans pondre d’œufs bien qu’il protège sa couvée. Il y a les fils à papa, costard-cravate-attaché-case-Rolex-poignet, ils fantasment leur Père, ce héros, l’idole inaccessible et demeure à tout jamais en manque de Papa.

Il y a le Saint Père, Pape avec père sans fils en direct-live sauf sur la place du Vatican. Nous n’oublierons pas Freud le Père de la psychanalyse dont les théories encore aujourd’hui questionnent l’inconscient. Papa Freud qui a mis en évidence le tabou de l’inceste,  fait du père un tiers séparateur du couple mère/enfant et du Surmoi tyrannique un père fouettard qui poursuit de la névrose ses fils depuis tout temps. Il y a quelques Pères défroqués; ils ont quitté l’état ecclésiastique pour habiller la vie vers laquelle ils se sont tournés.

Pères « Fais ce que je te dis et ne cherche pas à savoir ce que je fais » véritables tyrans d’enfants malmenés. Les pères donateurs de têtards qui n’ont pas cru bon légitimer l’enfant bâtard. Il y a les pères dans le désir de faire mieux que leur père, malheureusement, ils se sont plantés. Il y a les pères gonflés, pour ne pas dire infatués, d’une légende qu’ils continuent à perpétuer.

Et puis les pères responsables au dos courbé d’avoir tant travaillé, fiers (et ils peuvent l’être) de n’avoir pas démissionné de leur fonction paternelle.

Il y a Notre Père qui êtes aux Cieux et qu’il y reste, la planète est bien trop peuplée.

Ce 21 juin, ouverture de l’été, fête les Pères et de la Musique, lâchez-vous comme le taureau dans l’arène mais évitez l’orgie qui vous  transformerait en  viande soûle avec mal aux cheveux  le 22.

Le sentiment de Soi est intimement lié à l’axe plaisir/déplaisir et le refoulement est un processus qui repousse dans l’inconscient tout ce qui pourrait provoquer le déplaisir.

Cependant le développement psychique d’un enfant se construit par des refoulements successifs : de la succion au repas à la cuillère, de la couche au pot,etc… Ces petits déplaisirs là, inhérents à la vie d’un être, le font évoluer. Toutefois, si tout est autorisé à l’enfant sans aucun discernement, si tout lui est donné sans qu’il ait à demander, si tous ses caprices sont passés sans qu’on lui oppose de limites raisonnables, l’enfant sera immergé dans un flot émotionnel où il ne reconnaîtra pas la joie (le plaisir) d’être pour avoir-obtenir et sera pareil à un marin sans boussole dans une mer déchaînée.

Cet état émotionnel sera d’autant plus violent quand l’adolescent devra vivre le bouillonnement des pulsions sexuelles au moment de la puberté. Si par la difficulté, voire l’impossibilité (parce qu’on ne lui a pas appris) à apprivoiser ses pulsions, s’il continue à les vivre sous le registre du plaisir en niant la réalité à laquelle la vie sociale (entre autre) nous oblige, le jeune individu se confrontera à des dilemmes angoissants pour lui . « On voudrait, on ne peut pas faire son pipi partout comme le chien de grand-mère » chantait Marie Josée Nat quand j’étais gamine; or, ne vouloir rester que dans le plaisir finira par créer des dommages physiques autant que psychiques. Ces dégâts engendrent un conflit entre le plaisir – état désiré – et le déplaisir auquel on est contraint. Papa Freud disait : La pulsion est la représentation mentale d’une excitation corporelle. Elle a sa source dans le corps.

Le corps s’exprime par un langage particulier, non verbal. Au travers de ce langage corporel on peut discerner ce qui a été refoulé qui s’inscrit dans la personne : elle somatise. Un corps  ou un esprit qui souffre n’a pas de plaisir. Dans le cas contraire, si il y a plaisir, il y a « amour » de la douleur qui par des mécanismes pervers composent le masochisme. On en parlera une autre fois.

Or, le plaisir ne peut surgir si celui-ci a été refoulé suite à un traumatisme quel qu’il soit. D’un trauma physique, psychique (l’un entraînant bien souvent l’autre) le corps en garde une trace mnésique indélébile; l’inconscient le garde en mémoire en le refoulant.

C’est dans l’expérience vécue de l’enfance qu’il faut rechercher les causes profondes du conflit sexuel, écrivait la doctoresse H.MICHEL-WOLFROMM dans « Cette chose là ». Dans la proximité de l’écoute en consultation, on entend la plainte de personnes dans leur relation de couple. On note souvent le déplaisir, quand par exemple, l’acte est vécu comme une obligation (du devoir conjugal); par le seul désir d’un partenaire –  » Mon mari ne pense qu’à ça » disait cette patiente. Ou encore « Je suis frigide; ou, j’ai des douleurs au moment de la pénétration; j’ai l’impression d’être anesthésiée : je ne ressens ni désir ni plaisir ». Toutes ces paroles entendues signent le déplaisir par le symptôme qui en dit plus long sur la nature de l’inconscient que du désir de retrouver un quelconque plaisir à satisfaire.

Parce que les enfants non entendus deviennent des adultes sourds, indifférents, violents voire cruels. Ils reproduisent les mêmes schémas vécus dans l’enfance sous une forme violente peu visible de l’extérieur. La sexualité est le lieu où s’exprime cette violence. Les atteintes à l’intégrité de la personne – comme c’est le cas dans le viol, l’inceste, la prostitution – sont camouflées dans des plaintes qui déguisent la réalité de ces drames et qui se révèlent dans un esprit tourmenté et un corps morcelé.

L’horreur, la honte, le dégoût, la culpabilité, l’angoisse ont chassé – et souvent pour toujours – l’idée même du plaisir en créant des liens de dépendances, entraînant chez la personne des comportements compulsifs…