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L’amour aux différents noms chez les grecs :

Qui ne pense pas à Éros, la divinité de l’amour, représenté par un enfant ailé bandant son arc ?

Mère de Éros, Aphrodite – déesse de l’amour et de la beauté chez les grecs, Vénus chez les latins, déchaîne les passions chez les humains. Éros est l’attirance sexuelle, le désir.

Epithumia pour Platon concerne une passion néfaste, celle des appétits, une divine folie.

La philia, est ce que nous appelons l’amitié. Une estime réciproque entre deux personnes de statuts sociaux proches. Entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence chantait Tachan. L’amitié est  l’amour sans sexualité.

La storge représente l’affection, l’amour filial, d’un parent, des frères et sœurs. L’amour – affection – que l’on éprouve pour la famille.

Agapê amour du prochain, considéré comme une forme d’altruisme, d’empathie envers l’autre quel qu’il soit.

La philantrôpia qui aime le genre humain dans son ensemble.

La Passion est un autre visage de l’amour, une rencontre magique et miraculeuse entre deux êtres. Souvent destructrice. Un sortilège qui fait que je suis lui, il est moi, échappant aux lois de la logique et rentre dans le champ psy pour en démontrer la pathologie.

Le « Peace and Love » cher à notre jeunesse ; s’aimer sans guerre, sans dispute, sans violence érotiquement tendre et sexuellement sans entrave.

Bien qu’il existe des couples fusionnels jusqu’à ce que la mort les sépare pour la plupart des couples l’amour ne rime pas avec toujours. L’amour éternel demeure un mythe, celui des contes qui s’arrêtent quand le Prince charmant a enfin rejoint Cendrillon. D’eux nous ne saurons que la nombreuse descendance promise par le conte « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Les sentiments sont fragiles et semblent être la règle des désunions.

Comme l’a mentionné Olivia lors du dernier SEX-O-CAFE, approuvée par Liliane qui disait qu’il existait une loi implacable du cycle amoureux, sa moyenne ne dépassant pas trois ou quatre ans, tout au plus. Cela correspondrait à un « cycle naturel ». C’est le temps qu’il faut pour nouer une relation, faire un enfant et s’assurer des soins nécessaires à la petite enfance. Dès lors, le couple pourrait alors se séparer et chacun trouver un nouveau partenaire. Loi évolutionniste ou pas, les sentiments sont fragiles.

Regarder les couples est très instructif. Les indices physiques ne trompent pas. Le haussement de sourcils lorsque l’autre parle est une marque de mépris ; au contraire, une façon de sourire avec émerveillement quand l’autre parle est très révélatrice. De même, la complicité ou au contraire l‘indifférence se lit dans le regard. Lorsque l’on aborde des sujets sensibles – la satisfaction sexuelle, les griefs que l’on peut avoir vis-à-vis de l’autre -, les mouvements d’irritation ou de sollicitude apparaissent immédiatement.

Peut-on apprendre à aimer ?

L’Art d’aimer est le titre d’un livre publié en 1956 par Erich Fromm (1900-1980), l’un des philosophes freudo-marxistes de l’école de Francfort. En substance il disait : « La première démarche qui s’impose est de prendre conscience que l’amour est un art, comme vivre est un art » On ne « tombe » pas amoureux malgré l’expression consacrée. L’amour ne devrait pas être un état passif parce qu’il relève d’une capacité à entretenir centrée non sur l’objet (la personne aimée) mais sur la relation. Apprendre à aimer et entretenir l’amour comme on le ferait d’un corps par le yoga, par exemple. L’amour authentique, continue E.Fromm, suppose de surmonter notre narcissisme ou notre dépendance pour fonder une relation amoureuse basée sur le respect de l’autre. Et je partage avec lui l’idée que l’amour n’est pas un sentiment qui va de soi, mais il s’entretient et se cultive.

Alors quoi ? Je vous laisse cogiter pour être (je pense donc je suis et non je panse donc j’essuie) faire le point et savoir où vous en êtes dans votre relation.

Depuis quelques mois,  la terre, les arbres et toute la végétation à l’agonie,  criaient « à boire! à boire! ». Depuis quelques jours la terre, les arbres et la végétation ont été reconnus dans leur soif. Le ciel a déversé sur la terre des trombes d’eau, a criblé de grêle le tapis de l’asphalte, a imbibé le sable des plages, a grossi la mer de gros rouleaux qui labouraient sa surface, a cabossé les toitures des voitures.

De l’été nous passons à l’automne dont le préambule météorologique quasi cataclysmique donne la mesure de ce que sera notre automne. Le ciel a donc annoncé  la couleur; ainsi nous ne pourrons plus nous plaindre de la chaleur. Les signes négatifs présents justifient le changement de saison.

Tout comme la végétation, les arbres ne peuvent se fortifier en l’absence de vent, d’orages, de l’agitation des éléments, la moelle contenue dans notre colonne vertébrale se flétrit sans signes extérieurs de reconnaissance.

Tout sauf l’indifférence. L’indifférence gangrène les relations, les fait mourir et nous avec. À petit feu.

Baisers, câlins, remontrances, déclarations d’amour ou de haine, gifles, compliments ou engueulades, caresses sont autant de stimulations données ou reçues, agréables ou désagréables. Toutes ces manifestations, y compris négatives,  sont préférables à l’indifférence, au silence, au fait d’être ignoré. Tous ces signes prouvent que nous existons pour la personne qui nous les donne.  L’enfant battu préférera l’être que d’être ignoré. A partir de là il peut mettre une stratégie en place qui va lui permettre de survivre. Attention !!! Je ne dis pas de battre les enfants !

De la naissance, où les paroles, les mimiques vont accompagner les gestes de tendresse, d‘amour, à son corollaire, la vieillesse et la mort, les stimulations physiques et verbales sont vitales pour rester en bon état de marche…Malheureusement, le plus souvent, seules les paroles (positives ou négatives) sont présentes au détriment du toucher. « Dès que mon père a su par ma mère que j’étais devenue une jeune fille (menstruée) il a cessé de me câliner; à peine m’adressait-il la parole« , pleurait  Mélodie. Il est important de réapprendre à se toucher dans les couples (caresses), dans la fratrie (bagarres, disputes; oui, oui, c’est utile) entre amis (se serrer dans les bras pour se dire bonjour en s’embrassant). Qu’entendons-nous ? « On se couche, se tourne chacun de notre côté, on s’endort après avoir lancé un bonsoir idiot » disait Gisèle. « Mon frère et moi redevenions les meilleurs amis du monde après des bagarres mémorables » racontait Christophe…Une dame âgée  » Cette jeune femme est délicieuse, chaque fois qu’elle me visite,  elle me gâte de chocolats et tout le temps de l’échange elle tient mes mains entre les siennes »

Trois signes de reconnaissance :

  • Le signe de reconnaissance positif : vous l’aurez deviné, il est le signe le plus apprécié. Quand nous sommes félicités, encouragés, reconnus, complimentés nous avançons dans la vie épanouis, surs de nous. Revalorisés par ces signes, nous sommes habités par une bonne énergie, la joie de vivre nous accompagne, nos relations sont de bonne qualité.
  • Le signe de reconnaissance négatif : se manifestera par des paroles mettant en cause notre incapacité (t’es incapable de manger proprement), notre peu de valeur (t’es bon à rien)… Cette manière d’aborder les situations et les individus va induire du déplaisir, de la souffrance, de la méfiance et du doute. Mais bien que nous préférons recevoir des signes de reconnaissance positifs les signes négatifs sont préférables à
  • L’absence de signes de reconnaissance : pour activer les signes de reconnaissance stimulant notre organisme nous sommes prêts à tout et y compris à créer des scènes de ménage, des disputes, des bagarres, des conflits. Tout plutôt que l’absence de reconnaissance. Tout plutôt que  l’indifférence.

N’est-ce-pas ce qui se passe dans les grandes entreprises où les employés pressés comme citrons, sans rien pour les valoriser finissent par se suicider? Le malaise de nos sociétés où la solidarité (chacun pour soi est la règle) a pratiquement disparu au profit d’un rendement exténuant et compétitif sont autant de signes révélateurs où le travail sans reconnaissance provoque la mort.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Eh oui, cher Louis (Aragon), de plus en plus. Terrible non ?