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Qu’est-ce que la sexualité ?
1-La sexualité est l’ensemble des caractères physiques, physiologiques et psychiques qui différencient l’individu femelle de l’individu mâle. 2-La sexualité est l’ensemble des comportements caractérisant l’activité sexuelle et sa satisfaction.
Contrairement a ce qui était généralement admis, la sexualité n’a pas pour finalité la procréation. Tout est sexuel – par le fait de téter le nourrisson active la zone érogène qu’est la bouche – bouche qui sera plus tard sollicitée par le baiser. La tétée est donc une activité sexuelle qui satisfait la faim en générant du plaisir. Chez l’humain le sexuel ne se limite donc pas aux organes génitaux nécessaires à la procréation (conjonction des 2 sexes – masculin et féminin dans le fait d’engendrer un être humain) mais le sexuel est un ensemble d’activations des zones érogènes qu’est le corps tout entier, qui a pour but l’obtention d’une satisfaction. Freud fit scandale quand il qualifia de sexuelles un ensemble d’activités ou de tendances non seulement qu’il repère chez l’adulte mais aussi chez le nourrisson.
Le but « originaire » de la sexualité argumente Freud est un but de jouissance, qui n’a rien à faire continue Lacan avec la copulation dans sa finalité de reproduction.
La fonction sexuelle et la libido (énergie psychique des pulsions sexuelles) ne se mettent pas en place d’emblée mais sont soumises au développement physiologique, physique et psychique ; elles traversent une série de phases ou de stades. Freud a mis en évidence les différents stades où la sexualité se structure et qui sont les lieux des zones érogènes révélées par le plaisir qu’elles provoquent lorsqu’elles sont sollicitées. Les stades oral, anal, phallique et génital sont ces stades que souligne Freud qui vont se révéler être autoérotiques.
Dès la petite enfance – dit Philippe Breunot – le sexe s’apprend entre liberté, pulsion et interdit. Dans toutes les cultures il existe des règles pour limiter les excès du sexe, qui, si tout était autorisé, perturberait la bonne marche de la société. L’humain se structure sur la limitation à la jouissance. Et sur des interdits : de l’inceste, du meurtre.
Partant de cette constatation il paraît évident que la sexualité se structure et évolue en fonction de critères tels que l’âge, l’éducation, le milieu socio-culturel, etc.
Chaque étape de la vie est porteuse d’une réalité sexuelle.
Qui concerne
- un cycle hormonal qui lui correspond avec transformation physiologique, (puberté, avalanche hormonale transformant la libido; maternité et ménopause pour les femmes; andropause pour les hommes avec le déclin hormonal qui l’accompagne)
- La sexualité dépend aussi de la manière dont a été abordée la sexualité pendant l’enfance, l’adolescence, au travers des croyances, de l’éducation, des complexes et des tabous.
- On connaît l’importance du premier rapport sexuel et l’incidence future sur la sexualité. La première expérience peut-être soit traumatisante, soit une révélation qui de toute manière nous marquera.
- Les choix amoureux sont une réplique des modèles parentaux que nous avons connus.
Qu’est-ce qui fait une sexualité épanouie? De quoi dépend-elle ?
Une sexualité harmonieuse dépendra de nombreux facteurs intérieurs autant qu’extérieurs :
- elle dépendra des attentes réelles ou supposées des partenaires ;
- de l’histoire personnelle, des expériences et du tempérament des partenaires.
- La sexualité peut-être source de malentendus, de conflits, de problèmes relationnels complexes.
- Ce que j’ai pu constater est qu’une sexualité bien vécue est certainement un des meilleurs outils de développement personnel, un espace de jeu où il n’y a plus dominant ni dominé, un espace libre et non un lieu de pouvoir.
- Dans la sexualité épanouie rien n’est jamais figé. Tantôt actif tantôt passif, il est bon de laisser libre court à son imaginaire et de se connecter à ses sens. Tous ses sens.
- Il est important de bien se connaître pour être dans le partage, dans l’échange plutôt que de tout attendre du partenaire, ou bien vouloir tout lui donner et ne rien accepter… C’est le cas de certaines femmes qui donnent du plaisir et refusent d’en recevoir.
- La sexualité se réjouira d’une communication intime, d’attentions et de prévenance.
- Entre partenaires complices, consentants il est bon de laisser parler les pulsions, de s’autoriser à les vivre. Cela fait partie des expériences qui cassent la monotonie.

Aujourd’hui : est-il vrai que les femmes assument mieux leur désir ? Si celui-ci est en berne vont-elles rechercher la cause de la défaillance ?
Revendiquent-elles plus facilement le droit au plaisir ? S’interrogent-elles s’il est absent ? Cherchent-elles les ingrédients nécessaires à sa montée ?
Quel impact de la complicité, de la tendresse, de l’autoérotisme (encore tabou chez nombreuses femmes). L’appropriation de son corps et de son plaisir.
L’un des motifs de consultation est la plupart du temps lié à la perte du désir, à l’absence du plaisir et d’orgasme mais aussi à la peur par les plus jeunes de la pénétration.
Avoir une sexualité épanouie c’est d’abord se sentir désirable mais pour cela il faut s’aimer, avoir sur soi un regard aimable.
C’est aussi apprendre du temps qui passe, s’en faire un allié et non un ennemi ; ne pas s’affaisser en même temps que l’ovale du visage.
Pour les hommes, la plupart du temps c’est l’éjaculation précoce qui les amène à consulter (quelque soit l’âge); des érections faibles ou inexistantes. Nous avons vu dans différentes sessions les solutions à apporter à ces états.
Doit-on rappeler que la pénétration n’est pas forcément l’attente des femmes, même si les hommes ont besoin de cela pour être en confiance et se sentir virils ; ne pas négliger des préliminaires qui exciteront, mettront en appétit en faisant de la relation un moment ludique et épanouissant.
Les hommes d’aujourd’hui savent montrer leur tendresse et faire que la sexualité du couple soit un partage et un lieu de régénération, une recharge de l’énergie vitale ; ils sont moins dans la performance…
Ce qu’il faut savoir : Il n’y a pas d’âge pour avoir une sexualité épanouie, l’expérience aide mais ne fait pas tout ; créer ou réinventer une ambiance sensuelle « étonnez-moi, Benoît ! » Le dialogue, l’échange sont indispensables pour être épanoui sexuellement.
La sexualité et les médias
Les médias influent sur la sexualité avec des injonctions à se comporter de telle manière, à obéir au prêt à consommer, à l’obligation de jouissance dont chaque magazine fait état.
La sexualité est affaire de chacun, elle n’a pas à obéir à des normes.
Avoir une sexualité épanouie est un art de vivre qui se conjugue au quotidien et en chaque instant et la chambre à coucher n’est pas le seul espace pour l’exprimer.
