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Bordel au café aurait pu s’intituler ce dernier SEX-O-CAFE ! Oh, là, là Lyli n’y va pas de mains mortes et pourtant elle n’a pas tort ! Merci de le reconnaître. Éric, entre autre, était très mécontent. D’ailleurs il est le seul à l’avoir manifesté ouvertement avant la clôture.  Fidèle  depuis le premier rendez-vous et prenant la parole bien à propos, cette fois-ci, pour lui, il en fut tout autrement. Puisqu’il n’a pu parler que pour dire en fin de séance sa (presque) fureur.

Que s’est-il passé dans ce troisième rendez-vous ? D’abord une arrivée massive de personnes qui ne s’étaient pas inscrites ou qui avaient transgressé la règle – en sexualité la règle se transgresse facilement. Dans le cas qui nous occupe il faut savoir que nous ne pouvons guère dépasser une trentaine de participants compte tenu de l’exiguïté de la salle. Or, les participants sont arrivés par flots successifs bien au delà de 20h45 pour atteindre le nombre de 56. (56 c’est le nombre où Anne s’est arrêtée de compter. Elle y perdait son latin (les gens continuaient à rentrer) et la pagaille aidant elle se perdit dans les comptes.  Onze messieurs. Il ne vous reste qu’à faire la différence pour avoir les dames.

Deuxième point donc concerne le retard. Les retardataires rentraient la fleur aux dents en produisant un sacré remue-ménage. Jojo (qui est Jojo? : le maître d’hôtel du bar, dévoué et très attentif aux allées et venues  de la clientèle du 3.14) Jojo donc, en bon papa-poule doit ramener à chaque fois de quoi poser le postérieur des personnes  en retard et en surnombre. Comment remplir un œuf? C’est la question que Jojo a due se poser ce premier avril. Oui, c’est vrai c’était aussi le premier avril, et peut-être certains étaient là pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une farce, que nous allions bien parler d‘Amour et de confusion. Pour la confusion c’est sûr, elle régnait. Quant à l’amour d’après certaines qui s’en plaignaient on en parlait pas beaucoup mais beaucoup trop de la sexualité.

Lyli, vas-y ! Raconte-nous autre chose que l’intendance, autre chose que de la promiscuité ! Je vais en parler mais d’abord faut planter le décor, non? Oui, parler de l’ambiance est importante pour les lecteurs du blog. Reine et bien d’autres ayant justement critiqué le mauvais rapport antérieur. Aujourd’hui je m’applique.

Anne avait réglé la caméra prête à filmer, et ce, bien avant le comptage. C’est donc dans cette ambiance désordonnée, bruyante que Liliane, notre  modératrice,  rappela les règles élémentaires, demanda un peu de silence – qui se fit attendre longtemps -  pour que nous puissions commencer.  Cette fois, je pris la parole en premier.  Tremblant de tout mon corps tout autant de la main qui tenait le texte j’arrivais me sembla-t-il à lire haut et fort le résumé d’un livre de Georges Abraham intitulé « Tout savoir pour comprendre l’érotisme de l’homme et de la femme » Ce texte résume dans sa totalité ce que j’essaye de faire passer comme idées. Est-ce utopique ? Sortir la sexualité de la boue dans laquelle elle se vautre, la sortir du graveleux, de la pornographie. Il est utile de considérer la première phrase du texte : « Ce n’est pas la sexualité qui épanouit l’être mais son accès à l’érotisme. S’ensuivit l’énumération des chapitres avec un très bref récapitulatif sur l’amour : Où prend-il sa source? Il est défini par ses contraire – La chimie de l’amour et la tempête hormonale qu’elle déchaîne dans le corps amoureux – L’amour sous toutes ses formes et ses appellations – et pour finir La confusion que sème la sexualité dans la relation amoureuse. Vous pourrez retrouver les articles sur le blog. Ouf! Je respirais mieux, bien même; j’avais passé le cap en me lançant à l’eau et vaincu cette paralysie qui les autres fois, me rendait muette. Ah, bon ? Les anciens n’avaient pas remarqué ma panique de prendre la parole en public?

Ensuite, Christophe prit la parole en parlant des différences entre femmes et hommes dans la sexualité. Pour les hommes, le corps sait et ça marche tout seul. Ils découvrent l’orgasme sans avoir à l’apprendre. Par contre pour les femmes qui ne le connaissent pas spontanément, l’orgasme sera le fruit d’une découverte plus ou moins heureuse du corps. Il décompose l’orgasme en quatre temps :

1- La phase d‘excitation. Elle se manifeste pour les femmes par humidification des parties génitales, les seins gonflent ainsi que les lèvres et les mamelons se dressent en durcissant. Pour l’homme lui, son érection prouvera son excitation. L’adrénaline se déversant à ce moment là entraîne une tension agréable. 2- La deuxième phase en plateau maintient l’excitation pendant que toutes les modifications de l’appareil sexuel sont exacerbées sous l’effet d’hormones. 3- Vient ensuite l’orgasme à proprement parlé qui envahit d’une douce euphorie avec des contractions plus ou moins fortes, notamment des contractions utérines. 4- La phase de résolution : le pénis, le clitoris, le vagin, les mamelons retrouvent leur taille initiale.

Le point G : Christophe renseigne sur son emplacement. Petit détour du côté des yogis tantriques : pour eux il existe 4 points répartis autour du point G.

Le moment est venu pour Christophe de parler d’amour et de philosophie. Platon et Aristote sont au menu. Amour difficile pour Platon puisqu’il est désir et que le désir provient d’un manque (utile de faire une piqûre de rappel du 2ème sex-o-cafe) alors que pour Spinoza (ou Aristote) l’amour est une joie qui se traduit par « aimer c’est se réjouir de ».  Quoiqu’il en soit dans l’amour s’opposent les contraires. Au même titre qu’il n’est pas nécessaire d’avoir faim pour aimer manger; il suffit de manger d’un bon appétit et aimer ce que l’on mange. Pour l’amour il en est de même. On n’a pas besoin d’être frustré pour faire l’amour…

L’éveil érotique est caractérisé par une grande violence émotionnelle. La rencontre sexuelle rend possible la propagation des ondes de plaisir… L’érotisation du corps de l’adolescent provoque un tumulte subi.

L’hormone du Plaisir est l‘ocytocine. C‘est elle qui lie l’enfant à sa mère lors de la tétée et serait garante de la fidélité dans le couple. Expérience de laboratoire sur des rats qui deviennent monogames suite à l’injection d’ocytocine dans le cerveau. Mesdames vous savez ce qu’il vous reste à faire. Une picouse d’ocytocine et tout rentrera dans l ‘ordre  et votre homme au bercail dans ses charentaises ! Cette hormone est aussi et surtout responsable de l’attachement. Attachement dont j’aurais bien aimé qu’on le développât. Mais qui fut passé sous silence. Manque de temps.

Christophe terminant son exposé donna le top à l’assistance qui se leva pour aller chercher un verre. Re-branle-bas de combat, l’assistance relativement assagie, s’ébroua, sortit en trombe pour s’abreuver. Au retour dans le salon Ganesh, Christophe fit une place à la Garcitude qui s’installa en quatrième position sur le canapé. La Garcitude de retour, j’étais contente.

Ensuite ce fut tout et n’importe quoi. Un charivari au retour du bar. Des questions rarement posées. Un certain parla à plusieurs reprises de la confusion existant entre l’amour le désir. Il insista pour dire que l’amour mettait du temps pour arriver. Il évoqua la générosité indispensable sans attente de quoique ce soit en retour; (ce en quoi il a totalement raison). J’ajouterai à la générosité le respect de l’autre. Il décrivait, nostalgique, l’amour idéal dont on rêve tous. Liliane prit pour exemple « L’art d’aimer » d’Erick Fromm et mentionna qu’il y a autant de voies que d’individus.

Une participante fait un parallèle « entre la cellule animale et la part animale de  l’homme qui oscille de l’un à l’autre : tendance pulsionnelle rééquilibrée par la satisfaction qui  diminuera la tension. L’éducation bien intégrée fera de la relation sexuelle le bonheur ou le malheur de le pratiquer. C’est compliqué pour se mettre en état de réceptivité. » Les interventions de cette personne étaient bien à propos, intéressantes. Et l’amour dans tout ça ? « Nous aussi (les femmes) nous pouvons avoir un côté bestial » l’air de dire que ce côté pulsionnel, animal n’était pas seulement réservé aux hommes. Oh! combien elle a raison !

Une autre avait envie que l’on lâche le côté sexuel pour parler d’amour: « On ne parle que de sexe et si peu d’amour » se plaignait-elle!. Ce à quoi il fut répondu par une autre femme « Quand on aime on connaît ce sentiment profond. Mais il faut une certaine maturité et vivre certaines expériences pour arriver à faire l’amour sans amour ». Ce fut un grand moment car ce que voulait exprimer cette dernière était que l’amour est un art; faire l’amour sans forcément éprouver un sentiment amoureux relevait d’une générosité, du don de soi et d’aimer faire l’amour.Un retour du nostalgique pour l’amour idéal où le charme a besoin de temps pour agir; la notion de l’amour qui s’enracine avec le temps est important pour aimer… Ce à quoi il fut rétorqué  » Ça me décevrait de savoir que je n’aurais qu’un homme dans ma vie! »

Faudrait-il encore savoir et vouloir apprendre à prendre son temps; chose fort peu probable dans nos sociétés d’hyperconsommation où tout doit se faire vite et passer à autre chose si cela ne marche pas dès le début. À moins que la remise en question de nos valeurs…Mais c’est un autre sujet !

Christophe parle d’un code qui suivrait un fil génétiquement déterminé qui nous conduirait… Un autre participant : 50°/° des gens se rencontrent sur leur lieu de travail. C’est l’endogamie qui prime! Est-ce la facilité ? Est-ce pour cela que les couples vont si mal ? Ce sont des questions qui peuvent se poser.

Comme l’heure avançait à grand pas vers 22 heures la plainte d’Éric se fit entendre. Il ne viendra plus au SEX-O-CAFE dans  de telles conditions. J’ai reconnu là de la frustration et presque de la colère…Liliane informa du thème du prochain SEX-O-CAFE : La sexualité compulsive. Christophe remercia chaleureusement  l’assemblée. La grosse et magnifique porte s’ouvrit, l’œuf plein se fissura libérant les participants et les conversations continuèrent. Je fus remerciée par de jeunes femmes des précisions que j’avais apportées, de la compréhension qu’elles en ont eue. Merci à elles. Merci à tous les intervenants : Sylvain,Nathalie, Muriel, Anne, Nadège, Pascale, Caroline, Steve…et tous les autres dont je n’ai pas retenu le prénom. Merci à ceux qui ont osé parler et à ceux qui ont écouté.

Passez de belles Pâques.

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Au cours de ce deuxième SEX-O-CAFE et à la demande générale des participants nous aborderons le Désir et le Plaisir. Sans élaborer un plan qui ne sera pas suivi puisque les questions alimentent spontanément le débat, voici cependant un rappel de quelques pistes pour les situer dans la sexualité. Vous pouvez retrouver  les articles concernant l’origine du désir en vous reportant sur ce blog…

  • Le désir est à différencier d’un besoin qui lui peut être satisfait alors que le désir ne le sera jamais.
  • Tout désir est désir de l’Autre
  • Le désir est l’effet d’un manque lié à la parole, au langage
  • La poursuite d’un désir à satisfaire vient buter contre un manque et un fantasme (écran du manque) qui ressurgit dans la vie sexuelle.

Quand au plaisir il régit en:

  • son principe le fonctionnement psychique selon lequel l’activité psychique à pour but d’éviter le déplaisir et de procurer le plaisir.
  • il peut-être conçu comme l’apaisement d’un besoin en  satisfaisant  la pulsion  d’auto-conservation
  • le plaisir  aura pour but de diminuer la tension.

Pour éviter de me répéter et si vous êtes intéressés par les sujets rendez-vous sur ce blog où vous aurez tout loisir d’y retrouver le désir et le plaisir  en attendant le SEX-O-CAFE où nous aurons le plaisir d’accueillir les chanceux participants.

Quand à vous les fidèles lecteurs  du blog il vous sera relaté, dans le compte rendu qui suivra, la totalité de la soirée du SEX-O-CAFE qui se déroulera au 3.14.

Que le passage de février à mars se fasse dans la douceur et le plaisir de vivre.

http://www.therapeute-en-ligne.com>un site pour vous aider à y voir plus clair.

galets coeur 001Si l’on garde en mémoire que le désir par nature ne peut être satisfait il en est autrement du besoin qui lui se doit d’être satisfait. Nous ferons un parallèle avec le besoin de manger provoqué par la faim  et le désir de manger qui est une envie.

Si le sujet névrosé entretient son insatisfaction c’est qu’enfant il n’est pas parvenu à articuler son désir à la loi symbolique qui en autoriserait une certaine satisfaction, la réalisation. Quelle est cette loi symbolique et quelles impasses peuvent en découler pour le désir d’un sujet?  L’enfant ne peut avoir accès au phallus qui est la représentation de la libido (pour les deux sexes) nécessaire au désir et à la jouissance sexuelle. De ce fait le phallus devient l’interdit primordial, l’interdit de l’inceste. Au delà du désir la recherche du sein maternel.

Quelle influence peut-on avoir sur le désir d’un autre ? Aucune ! On ne peut forcer une personne à avoir du désir, celui-ci sourd à l’improviste, ne se commande pas. Notre désir n’a aucun pouvoir sur le désir de l’autre. Terrible constat ! C’est cette constatation et  sa répétition  qui nous blesse, nous faisant perdre notre toute puissance, celle  que nous avions dans l’enfance.  Bébé, au moindre pleur maman accourait,  donnait le sein,  comblait son désir avant même  qu’il soit formulé. Toute la relation à la mère est remise en question quand l’enfant se rend compte qu’il n’a plus de prise sur ses désirs à elle, qu’il n’est plus le centre du désir maternel même s’il peut l’influencer dans ses actes. (L’enfant qui n’est plus un nourrisson, crie, la mère ne vient pas; qu’à cela ne tienne, il crie encore plus fort, elle arrive en rouspétant, manifestant son mécontentement). Cette revendication du « vouloir être » tout pour la mère  situe l’enfant dans son désir et dans son manque. Selon qu’il sera éconduit ou pas, une frustration ou une satisfaction sera engendrée et fera d’un enfant devenu adulte (et parent) un sujet dans le pouvoir ou dans la soumission puisqu’il aura ou non renoncé à désirer de l’autre qu’il satisfasse son désir.

L’enfant repoussé va alors jouer sur les sentiments de la mère, ce qui va induire chez cette dernière la culpabilité (si tu me repousses, c’est que tu ne m’aimes pas); la peur, de n’être pas suffisamment à l’écoute de l’enfant, (je n’en fais pas assez pour mon enfant); l’angoisse d’en faire trop qui étouffe l’enfant et le parent. L’enfant va jouer sur l’image négative qu’il va renvoyer à la mère. C’est ainsi qu’un enfant devient tyrannique avec ses proches (enfant roi), dépendant du regard de l’autre jusqu’à obtenir satisfaction. Devenus adultes ces personnes auront tendance à manipuler, à séduire et à contraindre l’objet de leur désir.

Ce sont ces comportements qui vont se revivre dans la relation amoureuse avec en première ligne le désir sexuel.

Ne faut pas confondre DÉSIRER SEXUELLEMENT et AIMER ! Cette confusion est fréquente quoiqu’il existe une différence d’interprétation  entre  l’homme et la femme. Un homme soutiendra que son désir est une preuve d’amour, il pensera qu’une femme sans désir de lui ne l’aime pas. Le désir est spontané, une énergie intérieure qui sort de nous pour rencontrer l’autre. Le désir est variable, instable, il peut apparaître et disparaître sans en connaître la raison. Le désir sexuel chez une femme peut disparaître parce que son état de mère la comblera ; chez un homme (sans raison apparente) le désir s’atténuera, se diluera; rien ne pourra le rallumer. Cet état de choses met les couples en souffrance, dans l’incompréhension, dans l’interrogation  qu’aucune réponse ne viendra rassurer. Le, la partenaire qui désire toujours cherche désespérément à comprendre, puis à vouloir influencer l’autre. Comportements qui confinent au harcèlement à vouloir non seulement récupérer ce qui est perdu mais qui plus est à exiger de l’autre la restauration de son image renvoyée par les yeux du désir.

« Quand il m’aimait j’étais belle. Il me comblait. Depuis qu’il ne m’aime plus je me sens abandonnée, nue, sale, humiliée. Je ressemble à une coquille vide. Par son désir j’existais, sans son amour vivre n’a plus de sens ». Ces plaintes là, mille fois entendues en consultation ne font que réactiver les manques de l’enfance, remettent à vif les cicatrices jamais refermées. Régis disait « J’étais tout pour ma mère jusqu’au moment où elle a connu un autre homme que mon père. Après ça elle m’a abandonné. Pour elle je ne comptais plus »

Le retrait du désir d’un des partenaires  va réactualiser de manière disproportionnée, inadéquate  ses représentations erronées du manque de la chose perdue.

La neige a cessé de tomber sur Cannes. Dans le parc les lourdes parures blanches se désagrègent des arbres qui pleurent sur  l’incompréhension du temps…

Suite et fin au prochain article

À l’origine de la vie, du monde, de la société, de l’art, de la créativité, est le DÉSIR. C’est donc à partir du désir que l’on se construit ; la parole est le lien qui s’articule autour du manque et du fantasme comme représentation. D’ailleurs si le désir se fait la malle la dépression prendra sa place, de la créativité à la joie de vivre tout s’évanouira.

L’Autre m’attire, tout de moi tend vers lui, vers elle. Pourquoi ? Le désir reste un mystère bien qu’assouvit il restera à élucider. Se  dévoilera-t-il au travers de la psychothérapie, de lanalyse ? Certainement. Les philosophes avant Freud ont bien démontré que le désir provient d’un manque : on ne désire que ce dont on manque, on ne veut posséder que ce que l’on n’a pas. La théorie de Freud (qui d’emblée rattache le désir à la sexualité) suppose que nous sommes tous en manque du sein maternel, nous passons notre vie à le chercher ; celle de Lacan est que nous voulons être et avoir le phallus ; nous passons tous notre vie à désirer l’inaccessible étoile. Jacques Brel le chantait désespérément  dans « La quête ».

Le désir caractérisé par le manque, fait du désirant un sujet immature vivant dans la nostalgie d’un passé révolu ou se rêvant dans le futur, meilleur qu’aujourd’hui… La sagesse ne serait-elle pas de vivre au présent, de s’accommoder de petits riens qui finiront par combler l’essentiel du manque ? Par la transformation intérieure un désir impétueux  de posséder se métamorphosera en désir plus subtil, nettoyé du pathos névrotique.

Qu’en est-il du désir sexuel quand celui-ci s’étiole, quand il a des ratés, qu’il se manifeste sous forme de pannes pour finalement s’éteindre ? Le quotidien abîme le désir. La cohorte de soucis, la peur des MST, une naissance non désirée… La recherche de solutions ailleurs que dans le couple, par le virtuel (Internet et  la pornographie) ne font qu’accentuer sa perte. Soyez le jardinier  de votre désir, cultivez-le ! Qu’il devienne Essentiel à la manière proposée par Paul Diel qui disait que nos désirs et nos nombreux besoins cachent un « désir essentiel » propre à chacun. Connaître ses désirs c’est se connaître.

Réaliser ses désirs, les rendre possibles, vivants n’est pas du domaine du rêve mais une attitude devant la vie. Une présence au monde actuel mêlée à  une dynamique où les souhaits se transformeront en faits.

« Les femmes comprennent mieux que les hommes que l’on peut érotiser toute sa vie, sans être forcément obligé de satisfaire le désir en l’épuisant » dit le merveilleux conteur  Henri Gougaud. Éros et le désir qui le sous-tend est souvent malmené, travesti, chosifié sous des apparences légères. Ne faudrait-il apprendre à sublimer nos pulsions pour apprécier toute la valeur du désir ? Apprendre à se responsabiliser par  ses choix et devenir conscient de désirs plus grands chargés de vie.

« Même chez le Bouddha il y a du désir ! Tout le monde a des désirs…L’important est de ne pas en devenir esclave » Dagpo Rimpoché.

Couleurs d'Orient

Beaucoup de femmes se plaignent de leur compagnon quant à leur sexualité virtuelle. Beaucoup d’hommes confirment la plainte se disant “accros” à des sites dont le contenu pornographique les éloignent de leur partenaire. Ces sites, disent-ils, font appel à leurs fantasmes dont ils ingurgitent les images sur le mode passif sans aucune obligation de résultat si ce n’est leur propre jouissance. La masturbation, partenaire idéale toujours satisfaite, est l’objet assouvissant la pulsion… J’entends déjà quelques agacements réprobateurs signalant qu’il n’y a pas que ça dans la vie, du sexe ! Bien évidemment il n’y a pas que du sexe, même si pour beaucoup d’individus le quotidien s’articule autour de l’hyper-consommation qui veut faire croire à la jouissance immédiate. La technologie va de plus en plus vite pendant que la pensée, qui n’a pas le temps de suivre, se ralentit. Tout est fait pour mettre la personne en état de dépendances multiples et toute dépendance est ramenée au pulsionnel à satisfaire coûte que coûte. Et c’est en cela que chaque image produite fera du spectateur un voyeur ou un exhibitionniste, un sadique ou un masochiste ou encore un bourreau ou une victime d’actes qui se révéleront de nature purement sexuelle ; en ce sens que l’imaginaire convoque les souvenirs, réactualise les traumatismes d’où ressurgissent les frustrations qui en appelant le manque réalisera le fantasme au travers du fantasme, celui-là même qui pourvoira à l‘excitation.

“Tout est affaire de décor, changer de lit changer de corps”…Ainsi a écrit Louis (Aragon) ainsi a chanté Léo (Ferré). Sans changer de page nous allons changer de décor en évoquant nos amis.

Qu’il est doux d’évoquer avec tendresse ses amis amoureux qui expriment avec pudeur, sur la pointe des mots, leur battement de cœur. Rassurez-vous ! Vous pouvez me dire sans complexe votre bonheur de vivre ; vous pouvez me dire la félicité d’avoir réuni vos deux moitiés d’orange et vous en servir de barque pour voguer sur une mer étale aux eaux limpides… Permettez-moi de profiter de votre bonheur, d’en partager la joie, d’en apprécier les rejaillissements ; ce n’est rien que du plaisir qui laisse espérer des jours meilleurs pour réveiller l’éros endormi… Pour chacun d’entre nous, souvent il suffirait de presque rien, comme un peu plus de travail pour ne pas avoir l’impression de perdre sa vie à vouloir la gagner ; il suffirait de recevoir des mails comme des billets doux pour ressusciter le fantôme nommé Désir ; et pourquoi pas flirter avec un cœur libre qui passerait par là ? Tiens cueillons-le…Des choses simples, quoi ! Ne plus avoir à sublimer les manques pour faire revivre l’inspiration, ne plus être terrifié par la désertion des mots, mais simplement écrire… L’espoir en bandoulière, nous pourrions aussi ouvrir une brèche où s’engouffreraient les maux pour combler la solitude de volutes bleues de fumée qui ne seraient plus celles d’une cigarette mais celles des flammes d’un feu de cheminée. Arrêter de fumer et en être fier crée des satisfactions. On a les joies et les victoires que l’on s’autorise !

Pour le moment ce ne sont pas les infos ahurissantes balancées à la radio dès potron-minet qui changeront les états d’âme qui côtoient le bord du gouffre. Il est inutile de chercher à identifier un événement perturbateur en particulier puisque, les news débitées en un vrac pathétique assorti d’une certaine lassitude, heure après heure, une profusion d’oxymores nous sont régurgités, de quoi faire disjoncter n’importe quel écrivain de SF. Mais là un D se glisse entre les lettres S et F et ce n’est pas de la Science Fiction, quoiqu’on pourrait le croire. SDF en fait c’est cela qui a plombé ma journée de samedi. Une Miss SDF a été élue. Oui, oui, vous ne rêvez pas ! A 53 ans cette femme se disait fière d’avoir, enfin, GAGNÉ. Elle qui toute sa vie a été bordée par la mère misère. UN JOUR (un jour seulement) elle sort de l’ombre. Son élection la propulse sur le devant de la scène. Elle a gagné le titre de Miss. Qu’importe les lettres qui viennent ensuite. “Est-ce ainsi que les hommes vivent ?” Chante Ferré, chante. Continue à chanter dans tes cendres.

Si nous continuons la poursuite de la recherche de sens nous finirons bien par le trouver, non ? Même s’il doit être sens dessus-dessous, histoire encore de donner du fil à tordre pour le remettre à l’endroit… Comprenez-vous ce que je dis, là ? Oui, eh, bien tant mieux !

Jalousie -2.

La jalousie délirante n’existe pas en tant que forme séparée des deux autres  (voir article  http://www.libidosexualite.com/?m=20090903 ). À cette dernière  s’ajoute, outre la projection et le désir inconscient d’infidélité, une attirance pour un objet d’amour du même sexe que le sujet faisant émerger une homosexualité refoulée. Dans la jalousie délirante ce qui a été refoulé au dedans revient du dehors par la voie de la projection. Ainsi dans ce délire de jalousie un homme dira « Je ne l’aime pas c’est elle qui l’aime » ou plus clairement exprimé  » Je n’aime pas l’amant (que je suppose à) ma femme, c’est ma femme qui l’aime ». Il paraît y avoir là une tentative du système de défense mise en place contre l’inconcevable homosexualité latente et trop forte pour être reconnue comme telle. Cette révélation vient buter contre le fantasme de désir homosexuel qui devient acceptable pour le conscient dès l’instant où elle est refoulée et transformée par « Moi un homme j’aime un homme »… C’est ainsi que le sujet homme, amoureux d’un alter ego (un autre homme) s’en protégera par la jalousie apparente  pour la femme qui  en aime un autre que lui.

La jalousie délirante est caractérisée par l’idée fixe de jalousie née d’un doute, doute créé par un motif futile. A ce doute succédera la recherche de confirmation d’une preuve manifeste. La jalousie délirante est une des formes majeures des délires passionnels.

La jalousie délirante tourne autour de deux axes : un axe imaginaire et un axe symbolique. Or, dans ce délire passionnel est absente la médiation symbolique ce qui a pour effet de plonger le sujet dans sa seule dimension imaginaire qu’il  vivra entre tension rivalitaire et agressive. Cela donne au délire passionnel une expression particulièrement vive et virulente et fait du jaloux une personne dangereuse pour le jalousé et son entourage. Le jaloux sera dans une quête permanente de preuves de trahison qu’il essayera de trouver dans la réalité, preuves qui se déroberont puisqu’elles sont le fruit de son imagination.

Le délire de jalousie est un délire de supposition. Dans l’imaginaire pullulent, s’amoncellent et se multiplient les images de rivaux, de nombreux amants. Par ailleurs sont rejetées les pulsions libidinales vers un Autre  impliquant un manque (refoulé) et  l’absence de jouissance physique et réelle.

En l’absence de symbolique, le jaloux est structuré par le doute et par une éthique rigoureuse pour l’Autre qui se formule dans le droit et le devoir avec absence du lien libidinal. C’est son honneur qui est en jeu et non son domaine privé. Ce n’est pas la revendication de son désir qu’il mettra en avant mais une fonction sociale compromise pour laquelle le jaloux va s’indigner rappelant le manquement à la morale et aux bonnes mœurs qu’il attribue au conjoint en révélant de toute évidence la dimension lubrique et capricieuse du jaloux.

Eh, bien dites donc, je comprends mieux maintenant…

Avec quelle énergie dévastatrice nous fabriquons, dans le lieu même de notre corps, une quantité de substances, étonnamment riches, incroyablement organisées. Cette usine « fabrique » rend compte des particularités de notre fonctionnement, nous révèle dans notre façon d’être. Les tourments psychiques se cristallisent pour se convertir dans le corps : nous somatisons. La somatisation est le miroir de nos préoccupations. C’est de cela dont nous allons nous entretenir aujourd’hui. Sucre, sel, champignons, graisses, cailloux…À priori nous pourrions faire une soupe de tous ces ingrédients s’ils n’étaient des toxines, des concrétions que notre corps a du mal à évacuer.

Commençons par le sucre, cette douceur interdite aux diabétiques. Et pour cause ils en fabriquent trop. Nous ne parlerons pas ici des causes physiologiques de ce dérèglement, mais peut-être pouvons nous évoquer un manque, une frustration de tendresse, d’attention à l’origine de cette maladie invalidante. L’organisme fabrique matériellement ce qui lui fait défaut affectivement…

Le sel, en trop grande quantité dans les urines mettra en danger les reins, augmentera la tension…La vie de tel individu en manque-t-elle? Vit-il sans goût de vivre?

Champignons. De ceux-ci nous n’évoquerons pas les hallucinogènes mais ceux qui engendrent des  mycoses.  On les trouve dans les milieux humides de préférence, au niveau de la sphère génitale, sur le corps et dans la bouche. Celui qui s’installe la bouche porte un joli nom fleuri : celui de Muguet. Que dire des champignons si ce n’est leur prolifération envahissante qui a pour but, entre autre, d’éloigner les échanges amoureux quand ceux-ci sont interdits. Un exemple parmi tant d’autres : Une jeune femme musulmane toujours vierge à 33 ans,  se devait de rester fidèle à la promesse que son père exigea d’elle, arriver vierge au mariage. Dans ses relations amoureuses elle ne « tombait » amoureuse que d’homosexuels. Lorsqu’un jour, certaine d’être amoureuse d’un garçon (hétérosexuel ) qui lui convenait, elle déclencha automatiquement une mycose génitale qui la rendit folle de douleur et de désespoir. La relation se termina parce que le jeune homme se fatigua d’attendre pour butiner sa belle. Plutôt que désobéir à son père elle mit en place une affection qui lui interdisait de braver le tabou de sa virginité.

Graisses: Le fameux cholestérol synthétisé par le foie en bons et mauvais cholestérols. Le foie dont la colère est une des manifestations les plus répandues de cet organe, peut mettre en évidence la peur d’être piégé (dans une relation par exemple), la peur de l‘abandon (dans sa relation actuelle, effet de la répétition d’abandons successifs – ou supposés tels -  pendant l’enfance), une obsession face à l’échec. Être aimable envers soi-même est une possibilité pour éviter le conflit interpersonnel qui, à terme, produira du mauvais cholestérol et favorisera les problèmes cardio-vasculaires. Là aussi, trop de rigidité,  soudaine agressivité, perte de vue de l’ensemble, s’attache aux détails. Manque de souplesse, ne peut arrondir les angles. Mettez de l’huile pour que ça glisse pour éviter de fabriquer du mauvais cholestérol. Petit conseil:L’huile d’olive est excellente, prise à jeun, pour déverrouiller le foie « fatigué », pour fluidifier  les graisses en diminuant les risques d’athérosclérose.

Cailloux: Greli grelot combien j’ai de cailloux dans mon jabot?Oups! Seules les poules et les oiseaux (en liberté) ont besoin de cailloux dans leur jabot. Ou les chemises…Les cailloux fabriqués par le corps au niveau de la vésicule biliaire ou de la sphère urino génitale sont la conséquence d’excès de pensées souvent auto dépréciatives, annonciatrices de calamités. La rumination, la peur de perdre le contrôle des événements et de l’entourage, de l’incapacité à se relâcher, à faire confiance. Trop de rigidité, exigence de résultats, d’hypersensibilité avec perte d‘estime de soi. Ces personnes ont des difficultés à trouver la place « confortable » qui leur permettrait de s’épanouir. L‘anxiété y est aussi pour beaucoup; elle crée des situations de blocage, construit des murs de pierres impossibles à franchir, empêche la clarté de l’esprit.

D’où nous viennent ces protubérances (verrues, cors au pieds, fibromes, kystes)….et j’en passe et ces déformations (du squelette)? Comment s’inscrit notre  géographie intime sur les reliefs de  et dans notre corps? Bien sûr l’alimentation est en partie une réponse à ces problèmes. Cependant, elle seule, bien qu’elle y contribuera, ne peut faire disparaître le stress ni la tristesse, ni l’angoisse existentielle, ni l’insécurité, encore moins la précarité.  La difficulté à créer du lien social, de la joie, à chasser l’ennui  tant de circonstances où repli sur soi-même vont forcer le corps à prendre le relais pour exprimer ce qui ne peut l’être par la parole.

Assez allez-vous dire, et vous aurez raison! C’est le printemps que diable! Pas besoin d’avoir du muguet dans la bouche pour le réaliser. À bientôt avec quelque gaieté.

Désir

Avez-vous passé un bon week end ? Oui ! Alors, si vous êtes ok, on continue en parlant du désir.

Mais comment parler du désir ? Comment écrire sur ce thème lorsque le quotidien en est dépourvu ? Lorsque la seule chose désirée est une cigarette et que sur le paquet sont inscrites en lettres noires sur fond blanc : FUMER TUE ! Que penser du désir ?

En fait c’est bien de cela dont il s’agit : s’il n’y a pas de désir, il y a mort latente, il y a déprime. Sans désir, l’être se ratatine comme un figue laissée sur la branche du figuier. Parce que le désir est la chose qui nous tient en vie. En vie. Tiens donc, envie. Toutefois il est à distinguer l’envie du désir et le désir du besoin. La première (envie) contient une connotation de frustration où se niche souvent la jalousie. Le second sonne de manière érotique et l’érotisme est bien ce qui caractérise l’être humain dont parlait si bien Georges Bataille. Le troisième – le besoin – se doit d’être satisfait.

Alors que le propre d’un besoin est que l’on cesse de l’éprouver dès qu’il est satisfait, le propre du désir est qu’il n’est jamais satisfait. Le besoin est enraciné dans la survie, alors que le désir tente de nous faire dépasser notre condition animale, disait Paul Diel.

La psychanalyse affirme que le désir est créé par le manque et qu’il se manifeste,  en premier lieu, au niveau de la parole. L’enfant se trouve à dépendre, dès sa venue au monde, d’un Autre (la mère ou son substitut) à qui il revient à répondre par le biais du langage. Je m’explique : les pleurs du nourrisson vont signifier une demande qui,  interprétée par la mère, vont impliquer cet enfant dans le champ de la parole et donc du langage.

Or, l’enfant ne peut reconnaître le désir que s’il en est frustré. L’absence, le manque de réponse maternelle vont isoler la cause de sa satisfaction par l’objet (le sein, ici en l’occurrence) et sera cause de désir. De ce fait l’enfant, par le manque, va se constituer comme sujet désirant. Enfant désirant. Cet enfant désirant entérine, vit cela comme étant, une perte de l’objet (le sein:est-il utile de le rappeler?) et y substitue un fantasme qui est la représentation imaginaire de ce qu’il croit avoir perdu. La recherche pour satisfaire son désir (sa mère ET son sein ou biberon) va provoquer une excitation réelle à laquelle succèdera un fantasme qui fera écran à ce manque. C’est ce fantasme qui ressurgira dans la vie sexuelle du sujet…Et on ne peut séparer le fantasme du désir…

D’ailleurs, il est souvent constaté en thérapie, une demande, rarement explicite, qui est la restauration d’un état antérieur dont le désir caché dévoilera un fantasme.

  • Le désir évoquera par exemple, la plénitude du giron maternel – la parfaite symbiose dont le conflit était absent:
    « Ah! Si je pouvais revenir dans le ventre de ma mère, à ce moment là on était d’accord toutes les deux »
  • le désir, pour les hommes, d’inflation pénienne :
    « Qu’est ce que je ne donnerai pas pour retrouver l’ardeur de mes vingt ans »;
  • la première jouissance qui a laissé un sentiment de plénitude :
    « Ce que j’ai ressenti la première fois était extraordinaire, je ne le retrouverai jamais !

Nourriture et sexualité :

La nourriture est obscurément liée à la sexualité et comme elle, est faite de désir, de plaisir, d’attente mais aussi de renoncement. Le suçotement est une des première satisfactions. La nourriture comme la sexualité est un art et correspond à un besoin vital. Toutefois si dans l’une comme dans l’autre il y a « gavage », le sujet se retrouve dans la situation d’un mangeur gavé et repu par trop de nourriture en restant cependant torturé par la faim insatiable. La faim du manque, « incomblable » par nature. L’une et l’autre de ces activités mettent le corps en jeu. Or, le corps « gavé » par le trop plein de  nourriture et le sexe comblé par trop de sexe (trop de sexe tue le sexe) ne conduisent ni à l’harmonie ni à l’épanouissement encore moins au bonheur…

Après ce week end que je suppose équilibré en câlins et la satisfaction pour votre estomac d’avoir dégusté  avec plaisir votre dîner de ce soir, moi,  j’obéis à mes yeux qui n’ont qu’un seul désir : celui d’être éloignés de l’écran qui les fatigue. Toute chose est bonne, consommée avec modération…