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Par les effets cycloniques des hormones déversées lors d’un rapport amoureux -  voir  l’article <http://www.libidosexualite.com/2010/03/13/la-chimie-de-lamour/> le corps physique  répond allégrement pendant que le psychisme envahi par la poussée hormonale perd le sens de la réalité rendant la relation amoureuse idyllique.

De ce fait la confusion (le con et la queue en fusion) pénètre l’esprit nous faisant croire que l’amour est là alors qu’en réalité il s’agit d’un état physiologique bouleversé qui tendrait vers l‘illusion du sentiment amoureux.

Non, je ne suis pas une empêcheuse de tourner en rond mais il faut arrêter de confondre l’émoi sexuel et l’amour, deux ressentis différents, même s’ils sont souvent complémentaires.

L’amour est comme un enfant, on le porte en soi. Ou pas.

L’amour se construit  avant la naissance selon que l’enfant est désiré ou pas. Il se construit d’abord dans le giron maternel, ensuite il est circonscrit par un père aimant et respectueux de l’enfant qui lui donnera les limites en étant le tiers séparateur. C’est au travers du regard d’amour que les parents se portent et se manifestent au travers des gestes et de la parole (quand celle-ci n’est pas défaillante) qui fait grandir l’enfant. Si cette parole parentale est juste et respectueuse, elle apportera des réponses satisfaisantes au questionnement de l’enfant, la transformant en un véritable réservoir d’amour dans lequel il puisera pour vivre, dans l’harmonie, ses futures relations amoureuses.

La sexualité est la cerise sur le gâteau :

La sexualité se construit dès le berceau à partir de l’inconscient et des fantasmes. L’érotisme est une affaire de communication principalement psychique. La sexualité implique  une rencontre affective, une sympathie, une complicité fantasmatique, un accord entre les inconscients. Or, les fantasmes se construisent dans l’enfance toujours dans le rapport aux parents dans ce qu’ils disent et ce qu’ils taisent. De ce que les parents mettent en mots en regard de leur sexualité et celle qu’ils autorisent à l’enfant. D’où l’importance de la parole (là plus qu’ailleurs) pour la construction sexuelle de l’enfant. Si la parole est inexistante l’enfant aura comme seul recours son imagination pour se représenter la place du sexe dans les relations humaines et son rapport au corps.

La sexualité est animée par deux mouvements : l’horizontalité et la verticalité. L’horizontalité (référence à la jouissance, à sa génération) et la verticalité (référence aux rapports de filiation, à la mort et au sacré.) Masculin et féminin concernent l’horizontalité ; leur complémentarité est responsable de la santé de l’individu. Paternel et maternel concernent la verticalité ; leur complémentarité relève de la santé de la famille.

Cela met en évidence la difficulté d’être parents (le seul métier qui ne nous soit pas enseigné) où la parole devrait passer par une communication claire, un échange verbalisé autrement que dans l’interdit, l’autorité…

L’idée qu’une personne se fait de sa sexualité est déterminée toute à la fois par sa culture, son milieu social et son expérience personnelle. Surtout de la première expérience qui selon l’impact laissé dans son corps et sa mémoire  déterminera une sexualité bien vécue ou non.

Le sentiment amoureux mêlé à une sexualité épanouie, parce que comprise, vécue dans le plaisir offrira toutes les chances d’une vie amoureuse réussie. Par contre ne rechercher que la satisfaction sexuelle en vivant une sexualité en excès est un mouvement de mort qui transgresse les interdits. Les deux interdits essentiels concernent la mort et la sexualité : « Tu ne tueras point » et l’interdit de l’inceste. Or, la violence est libérée dès qu’il y a transgression ; elle efface les limites par la levée de l’interdit, faisant ressortir la violence résiduelle, en tant que pulsion immédiate. La sexualité est le lieu où s’exprime facilement cette violence, lieu où la raison cesse d’agir…

« Pourtant que la montagne est belle » comme le chantait Jean Ferrat qui chantait aussi dans mon adolescence sans que j’en comprenne le sens « Verticalement tu n’es pas une affaire/ Je sais bien/ Mais horizontalement c’est toi que je préfère/ Et de loin/

Le pain est sur la planche…il nous reste beaucoup de travail pour arriver à tout comprendre de notre fonctionnement psycho-sexuel.


Tout l’univers manifesté se développe et se déploie selon un rythme bi-polaire. Ainsi il en va de l’activité et de son contraire la passivité, du mouvement et de l’immobilité, et évidemment de l’amour et de la haine. La haine est ce sentiment extrême d’autant plus violent que l’amour aura été passion. La haine est de l’amour exacerbé. Le fait  de n’être pas ou n’être plus aimé va susciter un sentiment de vengeance qui se transforme le plus souvent en haine. Il l’a quitte pour une autre et  la jalousie, la haine s’emparent d’elle, à moins que la notion oblative se soit développée en elle.

Outre la haine, nombreux sont les sentiments opposés qui, de plus s’opposent à l’amour :  l’indifférence, la peur de l’autre, le mépris, la rancœur. Aux émotions suscitées par l’amour telle la joie, l’enthousiasme, la générosité, la vie, s’y opposent  la tristesse,  le pessimisme, la cupidité (et je reprends ma moulinette, mon frigidaire…comme le chantait Boris Vian)  la déprime et la mort dès que l’amour a déserté les amants.

Le couple des contraires Eros et Thanatos sont en permanence entremêlés. L’amour et la mort, miracle des voyelles…

L’amour que l’on porte à une personne naîtrait-il de ce que l’autre nous apporte ou est susceptible de nous apporter ? Aimer ne serait-il pas une façon inconsciente d’avouer son manque d’autonomie ? On reste parce que l’on a peur de rester seul. Dans ce cas là on peut se rendre compte qu’il ne s’agit plus d’Amour, ce sentiment extraordinaire, mais d’un sentiment ordinaire fait d’habitude soumis à la peur de se retrouver seul. Que me reste t-il si il n’est plus là pour m’appuyer dessus ? Combien de couples sont ensemble parce qu’ils ne savent pas aller seuls?

La route de l’amour est difficile. Elle demande des remises en questions, des partages, une communication véritable, un sentiment de Soi fait de clarté et d’honnêteté.

Demain nous aborderons l’amour sous l’aspect de la chimie qui gouverne le sentiment amoureux. En attendant soyez amoureux de la vie à défaut d’un autre !

amours et mort

Hé ! toi l’Amour-adolescent où es-tu ? Comment vas-tu ? Peut-être un jour me diras-tu de tes nouvelles ? Dans quel coin sombre te caches-tu ? Es-tu resté accroché à un rocher dans un quelconque détroit ? As-tu eu peur des monstres de Charybde pour préférer t’écraser contre Scylla et te laisser engloutir avec tes espérances ?

À l’engagement dans l’Amour aurais-tu préféré la Mort cette grande voyageuse? Et si oui, t’aurait-elle amené ailleurs dans un autre pays pour te réchauffer sous les soleils de l’utopie ?  Et t’empêcher de croire, en partant,  que l’amour est une triste et belle invention des hommes et non   un roi- enfant-de-bohème-qui-n’a-jamais-connu-de-loi ?

Hey! Amour, quand tu voudras, tu diras lors de ta prochaine et brève apparition, la nature du voyage dont on ne revient pas, voyage qui pour toi s’est confondu avec  le bout de ma nuit.  À persister dans le mutisme le silence emplit  ce qu’il reste d’espoir à enterrer avec les illusions, celles d’avoir cru encore et encore à la bonté des hommes.

De toi, Amour-à-cheval-sur-la-Lune qui demain sera pleine, qu’ai-je gardé sinon nos nuits qui rejoignaient nos jours dans la pâleur du petit matin ? Et au creux du cœur, un son distinct venant d’une île des Caraïbes qui  encore aujourd’hui rub-a-dube en sourdine à mes oreilles.

Et toi, Amour-œil-aux-aguets, tu as immortalisé sur les murs de ma chambre les êtres chers, où es-tu à cette heure ? Guitare et œil de lynx à fixer l’horizon d’une dernière échappée en fond d’écran?

Et toi dans Sarajevo mon Amour, quand me tenant par la main nous déambulions dans les ruelles étroites, rendues glissantes par la neige fondue, tes pas nous conduisaient près de la tour du minaret qui côtoyait la synagogue et le clocher de l’église sans autre revendication qu’un partage des cultes. T’en souviens-tu ?

Ô, Monsieur Pao ! Que sont devenues tes cendres répandues dans les oliviers ? Envolées ? Mais il reste de toi, un cahier d’inventaires où sont consignées les lettres  qui racontaient tes îles.  Ta passion pour les îles, toutes les îles. Des lointaines Kho Samui, Kho Tao, Kho Phi Phi à l‘île de Beauté toute proche. Toutes visitées ensemble ou séparément, mais chacune relatée en mots l’amour  pour elles comme unique mesure sacralisé par ta mort. Tu es partout chez moi ! Les herbes corses ne suffisent plus pour te cacher ni les rochers pour te servir de sofa, mon poète pour toujours disparu.

Ferré chantait : L’Amour et la Mort miracle des voyelles/ Il semble que la Mort soit la sœur de l’Amour/ La Mort que l’on attend et l’Amour qu’on appelle / S’il ne vient pas elle viendra un jour/La Mort, la mort, la Mort…

pétales de fleur qui se donnentLa vieillesse c’est parcourir le temps qu’il reste à vivre à la manière d’une couturière qui pose des fils et les relie  entre eux pour fixer sa vie dans un canevas à la trame solide, aux points de croix serrés où repose son utilité; c’est tirer ici et là les nœuds jusqu’à les défaire pour les inclure dans l’ouvrage, une fois dénoués.

La vieillesse c’est regarder la taille parfaite – ou qui se voulait parfaite au moment de la coupe – et juger après coup de sa qualité ou de son imperfection. Peut-on à ce moment là en rectifier l’ouvrage? Non pas mais certainement peut-on y attribuer l’indulgence – l’erreur justifiant notre humanité – comme on le faisait si volontiers pour la jeunesse – qui oeuvre, légère et spontanée à un devenir. Jeunesse, sais-tu que ton devenir est vieillesse?

La vieillesse c’est mesurer la valeur de l’automne aux feuilles mortes et aux nombreux couchers de soleil qui tout délicatement s’engagent dans l’hiver, bien au chaud dans la fourrure des ans – et attendre.

Attendre sereins, le squelette et la faux. Attentifs à ce que la Mort ne nous surprenne pas au détour d’une absence, au détour d’une inconscience qui nous laisserait inertes et froids comme le marbre sous lequel nous reposerons tous un jour, ou légers comme cendres répandues sur l’eau bleue de la mer à donner à grappiller ce qu’il reste de nous aux oiseaux.

La vieillesse c’est avancer à petit pas sans précipitation, sûr que la fin est au bout.

C’est un dernier adieu aux nuages qui s’effilochent dans un ciel d’une nuit étoilée.

C’est la rivière à suivre jusqu’à la mer pour s’y jeter enveloppée d’écume. N’en jamais revenir.

Du vin d’ici à l’eau de là je vous souhaite un beau dimanche, quel que soit votre âge et l’état de vos artères.

Avec le passage de l’équinoxe d’automne, les jours sont plus courts que les nuits. L’ombre augmente. Au plein cœur de l’automne la fête de la Toussaint annonce la réalité de la vie que nous tentons de poursuivre se terminant invariablement par la mort.

Nous sommes tous confrontés à l’angoisse, à la difficulté de vivre, à l’échec, au désir de mourir, y compris mourir de plaisir. Nous sommes tous embellis par la joie, la réussite, la confiance en soi. Je nous espère tous cherchant un sens à sa vie.

Le cheminement intérieur parcourt l’immensité de l’intime en créant des désordres de l’âme. Dans ce chemin difficile qui nous reflète en nos miroirs déformants, puisse-t-on y trouver la richesse qui nous habite, inviolable, sans vol possible. Richesse accessible à qui sait lire les maux pour traduire en mots après avoir déchargé les humeurs puis rechargé notre cœur de persévérance, de gratitude, de beaux sentiments pour nous faire continuer la route jusqu’à l’hiver …définitif.

L’automne entamé depuis peu de jours, nous rend compte, si on veut bien s’y attarder, de la progression de notre vie affective liée à l’évolution psychique, intellectuelle. L’automne incarne la troisième phase de la vie. Les semences déposées au creux du sillon après le labour et le repos de la terre, éclosent au printemps, mûrissent l’été. Puis vient l’automne période de la récolte des fruits. Chaque saison inspire des sentiments différents. Si les esprits chagrins oublient la flamboyance des couleurs automnales, ils ne retiendront de l’automne que le recul des jours qui rallongent les nuits, le vent d’autan lourd et chaud, les épaisses brumes matinales, le retour en force d’un soleil capricieux.

Les optimistes y redécouvriront le cuivre des forêts, les vendanges offrant un après de vins capiteux, la douce châtaigne dans sa bogue hérisson, les moissons engrangées dans les greniers modernes. L’incendie des forêts, que nul pyromane n’allume, réchauffe les yeux et le chemin parcouru sans brûler nos pas feutrés dans la douceur d’odorants tapis de feuilles colorées mais mortes.

A l’automne, la terre a donné sa richesse tandis que le paysan va continuer son inlassable travail de retournement, de labourage, ensemencement, re-taillage de la vigne, préparation des futures moissons. Cette terre morcelée détruira les débris des racines enchevêtrées, lacérées, restées en elle, puis entamera un processus de décomposition, préparant le sol à d’autres semences, à d’autres futurs.

Nous pouvons comparer le cycle des saisons aux différents stades de la vie. Chaque étape de la vie représente une évolution qui peut se traduire ainsi :

  • Enfance : graines semées par les parents, les éducateurs. La naissance jusqu’à la pré adolescence.
  • Adolescence : bourgeons, fleurs prêts à éclore. Le printemps.
  • Jeunesse : formation des fruits. Fin du printemps, début de l’été.
  • Adulte : cueillette et dégustation des fruits. Séparation du bon grain de l’ivraie. Le plein été et début de l’automne
  • Vieillesse : Réaliser et vivre de la récolte. Profiter des acquis en attendant la fin dans la Sagesse. Fin de l’automne et l’hiver. La mort.
  • Chaque saison changera la qualité du pâturage  où de la naissance à la mort nous irons en courtes transhumances renouvelées à chaque étape de la vie.

Qu’en est-il de notre psychisme quand vient l’automne ? Récolterons-nous ce que nous aurons semé ?…

À suivre…

Anniversaire

Qu’est-ce qu’un anniversaire sinon ajouter quelques heures à la veille? Sinon égrener les minutes, en faire des chapelets d’heures et les regarder s’empiler en jours?

Un anniversaire c’est le souvenir d’une naissance pareille au métronome dont la mesure est calendaire. C’est  vouloir grandir quand on est enfant. Grandir, sans vieillir, sans jamais se lasser du chemin qui reste à parcourir. L’adolescent tout en désir de pousser vite avancera dans l’âge jusqu’au jour où, ses tempes devenues grises tandis que sa tête,  inexorablement sous le poids des ans penchera vers la Terre,  soupirera « ah! si j’avais su que temps file si vite! ».  Un anniversaire c’est marquer le passage du temps et apprécier les fleurs offertes, les respirer avant qu’elles ne se fanent et apprendre d’elles que la jeunesse n’est pas éternelle. C’est apprivoiser ses rides pour les poser tendrement en étoiles aux coins des yeux.

L’anniversaire c’est la joie de souffler les bougies sur le gâteau à partager avant qu’elles ne se répandent en cire et leur mèche en cendre. C’est faire le vœu que ce qui suit sera meilleur que ce qui fut. C’est la vie qui progresse et se décline en rejetons de l’arbre portant fruits. L’anniversaire c’est transformer la raison en rêves et les rêves en réalités. C’est s’évertuer à Vivre de nombreux anniversaires pour dépasser les peurs en avançant coûte que coûte, en continuant à tirer d’impossibles penaltys pour les transformer en autant de possibles réussites. Le possible étant aussi de ne jamais fêter d’anniversaire, pas d’arrêt sur image d’une histoire qui n’a jamais commencé.

Plus tard, bien plus tard, l’anniversaire, sera l’occasion inespérée d’effectuer un état des lieux, une invitation à fermer le livre sans oublier les erreurs consignées qui élèveront au rang de sagesse les expériences retenues. C’est apprendre à s’accommoder de la solitude et vivre au plus loin jusqu’à toucher sa mort, l’usure suprême du temps.

C’est souhaiter aujourd’hui à celles et ceux que je n’ai pas souhaités hier, un Joyeux et Grandiose ANNIVERSAIRE.

Le Ça : petite révision: chaque personne arrive sur terre avec un sac rempli de Ça. (A l’origine tout était Ça.) Influencé par le monde extérieur, l’environnement, une toute partie du Ça va se modifier et servir d’intermédiaire entre lui et l’extérieur. Cette infime partie échappée du Ça va  constituer le Moi. Or, nous l’avons vu, le Ça ne sait que désirer, il n’est pas raisonnable puisqu’il n’est que pulsionnel. Il ne satisfait qu’à ses besoins innés en n’obéissant qu’au principe de plaisir, qu’à ses besoins instinctuels.

La fin en soi du Ça n’est ni la conservation de la vie ni une protection contre les dangers. Il est totalement inconscient, n’est-ce-pas? C’est au Moi à qui il appartient de s’occuper du travail d’auto conservation et de protéger des dangers.  Bien que les pulsions soient multiples il s’en dégagent deux fondamentales : La pulsion de vie (sexuelle d’auto conservation, conservation de l’espèce, se nourrir, se défendre) et la pulsion de mort; les deux sont opposées l’une à l’autre ou se combinent l’une et l’autre. L’une étant de conserver, l’autre de détruire. En fait c’est de cela dont il s’agit quand le Ça saute la barrière du refoulement pour se transformer en symptômes somatiques (corporels), ils s’expriment pour dire le malaise de la psyché. C’est à ce moment là que le Ça crée.

Par la force constante, somatique (qui s’exprime par et dans le corps) le Ça par la pulsion représente une excitation pour le psychisme. Les différentes pulsions se rassemblent en deux groupes qui fondamentalement s’affrontent : la pulsion de vie et la pulsion de mort. Eros et thanatos. C’est dans cette dernière que va se nicher le « mal a dit« . Dans la maladie le Ça se met en évidence en s’exprimant par des symptômes corporels. La maladie est une perversion du corps à multiples  facettes, le lieu où va s’exercer  « sauvagement » sa créativité. C’est aussi pour les thérapeutes la voie royale qui permet d’appréhender l’être humain. Le Ça est la « verbalisation » de la chair. Or, pour comprendre la maladie il est nécessaire d’aller fouiller dans l’inconscient, l’inconscient restant le dernier lieu où s’ affiche la liberté individuelle. Son propre lieu, inaliénable. Groddeck, créateur du Ça, disait à ce propos : Si la maladie était comprise, elle risquerait de se trouver à son tour, comme la sexualité, aliénée. Car le Ça, totalement inconscient (est-il utile de le répéter?) tend à révéler l’état de celui-ci.  Les rêves, les lapsus, les actes manqués en dessinent les contours. La maladie en raconte le symptôme. Le Ça sert à raconter l’histoire, la nôtre, histoire refoulée au plus profond de nous-même. Telles des bulles remontant des profondeurs de l’océan (l’inconscient) et exploseraient, incontrôlables, à la surface de l’eau (conscient).

Le Ça, sert donc à ça: à crever l’abcès pour permettre l’accès à notre inconscient. Si l’on ne sert pas du Ça  pour explorer notre inconscient, il va agir dans son domaine (pulsionnel).  Avant d’être débusquée, la maladie s’exhibe sur le devant de la scène par la plainte (ça me fait mal; j’ai peur; je ne dors ni ne mange plus; je n’ai plus de désir;  la vie n’a aucun sens…etc…) Autant de symptômes révélateurs d’un ça qui ne cherche qu’à se dire, qu’à franchir la barrière de l’inconscient.  Ne pas s’en préoccuper ou refuser tout diagnostic ouvrira le lit de la pulsion de mort qui œuvrera en menaçant la santé du psychisme et agira sur un mode agressif, auto destructeur.

Et que crée le Ça? – Des comportements inadéquats – La maladie – Des passions destructrices – Des besoins compulsifs – Du sadisme – Des passages à l’acte : agressivité contre soi ou les autres;  violence contre soi ou les autres; les tentatives de suicide ou le suicide réussi…La destruction de soi ou des autres qui se soldera à plus ou moins longue échéance par la mort.

D’un Moi non discipliné rejaillira un Ça qui ordonne de jouir à l’extrême et sans entrave. Or, la jouissance totale est impossible et la rendre possible est un billet d’aller simple pour la mort…

Nous n’en sommes pas là, n’est-ce-pas? Portez-vous bien sans museler votre Ça et ça ira!

Coup de foudre

La foudre : feu céleste d’une violence inouïe, elle brûle ce sur quoi elle est tombée. Arme du dieu du Ciel, elle frappe toute chose, fend la Terre, engendre destruction et création de son double pouvoir. Elle est vie et mort à la fois. Précédée par les éclairs (deux charges électriques opposées fortement attirées l’une vers l’autre) suivie du tonnerre (sous-produit de la foudre) expansion explosive qui accompagne une montée soudaine et rapide de la température, la foudre s’abat en faisant des dégâts. De la même manière le coup de foudre est une décharge énergétique qui ébranle la personne la laissant foudroyée, euphorique, fiévreuse. Le coup de foudre existe bel et bien. Le coup de foudre, aussi rapide que l’éclair, aussi bruyant que le tonnerre vous immole en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.  Foudroyée par le coup que lui porta la foudre, elle s’avachit sur le trottoir et se consuma pendant trente ans…

Zeus en est-il la cause? Lui qui préside à toutes les manifestations du Ciel en déchaînant la foudre, il symbolise la colère de Dieu. Il est l’autorité outragée. Par son complexe, Zeus a tendance à monopoliser l’autorité, à détruire tout ce qui apparaît comme une manifestation de l‘autonomie. Ses éclats autoritaires vont affirmer une compréhension sociale et donner chez ce type de personnes des colères calculées qui en feront un autocrate au pouvoir absolu. Mais que cache l’excès d’autorité sinon trahir un défaut de raison?

Comme tel et en tant qu’emprise, le coup de foudre s’abat comme l’éclair dont il nait, sans aucune possibilité de discernement, d’autonomie psychique, de raison gardée. Le coup de foudre aliène la personne qui devient esclave de sa toute puissance. Tout devient désordre et chaos; prison aux limites étroites d’un tonnerre intérieur qui a réduit le champ de vision de la perception. Il nous aveugle comme la foudre qui tombe juste à côté, brûle tout sur son passage.

Combien de fois ai-je entendu, dans le secret de la thérapie, cette plainte du coup de foudre qui ne s’est jamais transformé en relation durable et équilibrée? » La seule vue de cet homme que je ne connaissais pas m’a foudroyée. Pas question de sexe, à ce moment là. Seul mon regard l’avait touché, nos mains ne s’étaient pas encore frôlées, encore moins nos corps, je n’avais même pas entendu sa voix »… Comment raconter, sans blesser, l’histoire des hormones dont le coup de foudre est le résultat? Simple comme une odeur, une histoire de chimie corporelle, de sécrétions organiques agissent comme déclencheur de la fusion de deux corps.  Est-ce l’ocytocine (hormone de l’attachement, confiance) qui déclenche la réaction psycho-biologique du coup de foudre ou ce dernier qui provoque le processus hormonal et neurochimique? Qui de la poule ou de l’oeuf…

Le coup de foudre dépossède une personne d’elle même; elle n’a plus la maîtrise ni de ses pensées ni de ses actes. Elle va s’entourer de vide pour le combler d’une seule et obsessionnelle présence :  » Tu es ma vie, mon sang qui coule dans mes veines… » De cette constatation on peut facilement comparer le coup de foudre à une maladie que l’on aurait contractée. Passé ce cap de la maladie et de la convalescence peut-on penser que le coup de foudre vécu comme une expérience transcendantale garantirait l‘immunité? Qu’une fois immunisés l’on puisse dès lors vivre le bel et vrai amour sans pathos?

Le véritable amour, loin de la foudre et des éclairs, ne concerne t-il pas la maturité psychique? N’est-il pas là pour nous apprendre quelque chose de nous, au delà de nous?  Transmuer le coup de foudre en relation amoureuse demande aux intéressés d’être responsables du bout de leur relation dans un respect réciproque. La vie amoureuse d’un couple demande de s’adapter et non de manipuler. Une union en conscience assurant à la fois l’indépendance et la liberté de chacun. Dans la liberté il n’y a plus de dominant ni de dominé.

L’amour c’est de rendre l’autre libre.

Dans la sexualité de l’adolescent nous prendrons comme analogie le printemps. Dès la fin de l’hiver, pendant cette période printanière, la sève monte dans les arbres, les  prés reverdissent, les fleurs et les bourgeons apparaissent. Il en est de même pour l’enfant pubère dont les hormones pareilles à la sève vont le transformer; l’adolescent-e- ressentira des modifications tant au niveau de ses formes (poitrine, pilosité et acné se développent) que physiologique (menstrues, production sébacée et spermatique) mais aussi psychique.  L’adolescence dont la réorganisation psychique est en cours est une période de fragilité extrême. C’est l’époque où apparaissent  les caractères sexuels secondaires (autre que ceux évidents),  l’âge où la procréation devient effective. Ce dernier point va donc mettre en jeu des conduites nouvelles.

À l‘adolescence : si la sexualité a été mise aux oubliettes pendant quelques années (vers 5 ans jusqu’à 10 ans environ appelée période de latence), elle réapparaît en force à l’adolescence en l’état où elle est restée en plan au sortir de la petite enfance. Période charnière, délicate, fragile où le rapport au plaisir, à la communication vont être déterminants pour assumer la nouveauté dans le désir qui surgit chez l’ado.  Ce désir, soudain, fulgurant ne sera plus assujettit aux parents mais canalisé par la force des choses par le temps  qui met en place chez l’ado, la compréhension des processus de maturation. Ces processus ne peuvent être ni plus rapides ni plus lents et provoquent de l’angoisse due aux changements hormonaux.

Ce cheminement se fera graduellement et sans encombre si l’adulte sait se tenir en retrait tout en étant attentif sans pour cela intervenir. L’intervention (d’autant plus si elle est intrusive) peut interrompre ou détruire ce processus. Répondre aux questions si le jeune en pose mais respecter le silence de l’adolescent si celui-ci ne veut pas en parler.

Car l’adolescent s’oppose pour mieux se poser.

L’adolescent est un adulte en puissance dont la montée hormonale réactualise la sexualité – avec sa cohorte de fantasmes et de désirs encombrants. La sexualité  de l’adolescence  est soit, organisatrice du psychisme soit favorise sa désorganisation suivant qu’elle est vécue dans des circonstances adéquates ou non. (Violence sexuelle par exemple.) La sexualité réactualise le rapport à la mort. La sexualité et la mort se structurent toutes les deux dans la période œdipienne. Assumer sa sexualité, c’est assumer la vie mais au regard de la mort écrit Didier Dumas in  » La sexualité masculine ».

Pour les parents que nous sommes il est impératif de rester, plus que jamais, à l‘écoute de nos adolescents. Établi bien avant cette période, le dialogue sera permanent, affectueux et constructif auprès des jeunes ados qui ont besoin de notre soutien sans pour cela devenir envahissants ou curieux. Juste présents.

Que cette période printanière de la vie laisse de beaux souvenirs à leur jeunesse dont ils récolteront les fruits à leur maturité.