Visibles ou non, les murs sont partout et il faudra beaucoup de temps, si cela arrive un jour, pour qu’ils s’effondrent. En attendant sommes-nous prêts à abattre les murs que nous avons érigés dans nos pensées ? Sommes-nous prêts à franchir les frontières de notre inconscient ? Sommes-nous prêts à libérer notre Ego dictateur, falsificateur des entraves qui l’asservissent ?
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Les frontières sont celles que l’on se pose. Les frontières psychiques sont faites de murs intangibles, séparations immatérielles transformées par l’échelle sociale. Les frontières permettront-elles, un jour, la libre circulation d’opinion, s’ouvriront-elles à la tolérance envers l’autre quels que soient sa classe, sa caste, sa couleur, son âge, son origine ethnique, sa langue, sa culture…Ou bien cela restera t-il une utopie de soixantehuitarde attardée, entravée par un Peace and Love révolu ?
Les frontières peuvent être celles de l’horizon que l’on retrouve sur la route sinueuse aux deux cents virages, disait Cire qui accompagnait l’amie sur la route de l’Estérel entre ciel bleu et roche rouge. La mer en toute saison est émouvante et particulièrement en cette saison d’automne où les mimosas des quatre saisons laissent présager ses jaunes éclatants… Tout est particulièrement calme, la folie de l’été s’est assagie. Les voitures, bien plus nombreuses depuis 20ans, ne s’entreparechoquent pourtant pas. Avec pour seule limite, l’horizon, le ciel touche d’une inlassable caresse la mer et les deux se rejoignent dans une éternelle et fougueuse étreinte. Le ressac projette les vagues sur les falaises déchirées, les rouleaux s’étalent à nos pieds, les éclaboussent à peine. Les yeux se réjouissent et le cœur s’apaise dans ce décor de carte postale.
La maison surplombe la falaise, en bas la plage de galets. Un havre de paix.
La maison est là, sans porte, sans fenêtre, dans l’oubli et l’attente de règlements de successions, d’héritage. Assise, souveraine, sur le majestueux rocher que les blanches écumes enveloppent, il émane de sa carcasse, en même temps qu’une force jaillissant de la mer une faiblesse dans le dépouillement inachevé du gros-oeuvre. Les briques jamais recouvertes de plâtre ou de crépis, sont prises à l’assaut du lierre rampant. Le toit de tuiles laisse entrevoir le ciel, mouillant quand il pleut, le sol de terre battue. Un escalier dont les marches défoncées par quelques vagabonds squatters irrespectueux grimpent à un premier étage. Jamais de salle de bains, jamais de cuisine, l’eau claire n’a jamais pénétré l’inexistante tuyauterie, pour preuve les emplacements prévus à cet usage. Abandon et désolation que cette maison aux murs délabrés, taggués, défoncés, renvoie à la pétrification d’un monde en mouvement. Un monde qui avance vers où ?
Quelle belle journée ! Chacun a récupéré des images dans ses clés USB respectives branchées directement sur le cerveau. Plus tard chacun les mettra en boîte à sa manière. L’amie a fixé les images, pour recréer la vie, ailleurs ; Cire a dit des mots qui vont créer mes propres images que je mettrai en mots. Bientôt.
Passez une belle semaine entrecoupée d’une commémoration.

