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Posts tagged ‘narcissisme’

 Le sexe et l’art : tous deux formés d’une syllabe, sexe et art s’enlacent depuis la nuit des temps, depuis que l’homme dessine  du bout des doigts…

Le sexe submerge la sphère artistique quel qu’en soit le domaine, il s’exhibe dans les musées, se lit dans les ouvrages jadis cachés, s’écoute dans les théâtres, se regarde sur les écrans. Le sexe dans l’art s’expose de tout temps : des grottes de Lascaux aux fresques de Pompéi, sans aucun doute le sexe s’exhibe.

L’art questionne toujours plus ou moins le corps. Le corps où se cache ce que l’art suggère ou montre crûment.  L’artiste dévoile le désir obscur, suggère ou montre le corps pour mieux l’offrir au regard. Par ses créations l’artiste nous donne à voir, à lire, à regarder, à toucher, à entendre ; il touche nos sens, quelques fois fait effraction émotionnellement ou bien encore bouscule notre sensibilité.

L’artiste se sert de la force créatrice de la pulsion sexuelle pour transcender et révéler son inconscient qui l’agit. En psychanalyse ce phénomène se nomme la SUBLIMATION. La sublimation qui consiste à transformer une pulsion sexuelle en création artistique.

 

Narcissisme et exhibitionnisme : ce passage est inspiré d’un article de Télérama relatant des expositions à Paris en 2007

Des « Figures d’Eros » cent quarante-­cinq aquarelles de Rodin exposées au musée du Jeu de Paumes,  de « Féminin-masculin » à Beaubourg (1995) de « Amours, guerres et sexualité » aux Invalides, et ici ce soir au 3.14 par Max’O, le sexe en tant qu’art s’expose partout dans les lieux de la culture où le public peut en jouir. Ces expositions interrogent notre regard qui devant le sexe est quelques fois bousculé. De quelle manière ces ­fesses, ces seins et ces pénis, ces actes de la vie intime ici exposés vous interpellent ?

Il existe entre l’art et le sexe une histoire commune qui dure depuis toujours. Amitié déclarée et assouvie chez les Grecs et les Étrusques (entre autres), qui nous ont laissé le somptueux hermaphrodite en marbre (IIe siècle après J.-C.). Ou amitié contrariée dans l’Occident chrétien obligée de passer par les grandes scènes mythologiques ou les thèmes bibliques pour obtenir une place sur la toile. Si le sexe ne sautait pas aux yeux dans certaines peintures il laissait apercevoir des chairs voluptueuses (canon d’une époque), la naissance d’une gorge au palpitant grain de peau. Ou bien le sexe se découvre complètement dans L’Origine du monde, (1866) de Courbet, dont Lacan est devenu le dernier acquéreur avec Sylvia Bataille.

 « La pornographie n’a qu’un but, affirme Marina Wallace : exciter. Alors que l’érotisme !

Nous avons vu dans un précédent Sex-o-café le peu d’étanchéité de la barrière qui sépare l’érotisme et la pornographie ; la ligne est ténue et ce qui sera pressenti pornographique pour un tel ne le sera pas pour un autre.

Ici en particulier MAX’O, artiste atypique qui sculpte à même les corps. Il  dévoile dans le sens où il lève le voile sur l’intimité, sur une réalité souvent cachée ou exposée avec ostentation dans la pornographie, pornographie dont MAX’O se défend. Ce qui est donné à voir dans ses œuvres sont des scènes de la vie intime ordinaire (fellation, masturbation) qu’il magnifie ; parties de corps, bustes de femmes, d’hommes connus ou moins connus, des cuisses ouvertes sur des sexes de femmes (vulve et clitoris apparents) sexes d’hommes en érection ou en au contraire en détumescence. Max’O est le témoin des fantasmes qu’il réalise à la demande d’un modèle, d’un amoureux ; c’est aussi une manière d’être immortalisé comme ce fut le cas du chanteur des « Two be free » qui fit sculpter son buste quelque temps avant son décès.

L’artiste a besoin d’un modèle (mais pas toujours ; je pense à certains peintres, certains auteurs de littérature qui ont pour modèle un imaginaire, un inconscient qui les taraude et les agit). Les actrices du X sont des modèles sans tabou, elles exhibent leur corps sans complexe ; ce corps est un outil professionnel et une manière de satisfaire leur narcissisme. Peut-être aussi d’entretenir l’illusion de beauté et de jeunesse éternelles. Quelque chose d’eux qui reste au-delà du temps qui change les corps et les visages que les  portraitistes et les sculpteurs immortalisent. 

Ainsi pour ériger cette œuvre que Max’O a appelée « L’arbre de vie » 9 femmes ont accepté de prêter leur sexe afin qu’il soit moulé. L’arbre de vie est le symbole de la gestation = 9 feuilles = 9 mois de gestation au terme desquels l’enfant né.

La passion anime l’artiste, c’est la sublimation inconsciente, l’amour de l’esthétique, la sensualité et j’ai envie d’ajouter les démons ou les muses intérieurs qui s’expriment dans toute création artistique.

Le stress stimule l’artiste. Dans le cas de Max’O c’est l’angoisse  de rater le moulage qui le stresse. Le goût pour l’érotisme change son regard, fait évoluer l’approche de la sexualité qu’il regarde avec un œil d’artiste débarrassé du libidineux, de la concupiscence.

Les artistes ont besoin d’avoir un public sans lequel ils n’existent pas.

Le temps de la « libération » a pris fin avec l’arrivée du sida – ces années 1960 et 1970 pendant lesquelles « les lois s’assouplissent, les tabous tombent, on baise sans retenue et on le fait ­savoir dans ses œuvres », dixit Paul Ardenne – Et l’art militant (celui des ­minorités sexuelles, notamment), s’il reste combatif, a perdu en visibilité. Reste la dernière période, celle dans laquelle nous sommes toujours. Marquée à la fois par l’étalage de sexe – on ne biaise plus ! – et le doute : comment exprimer une émotion – le sexe – quand cette dernière est livrée en pâture à la télé, conjuguée au présent virtuel sur Meetic et proclamée de manière spectaculaire comme le nouvel impératif catégorique d’une société  « sans tabous » ? « On veut du cul ! » pouvait-on lire il y a quelques années sur une ­affiche de cinéma. On en a. A gogo. Les artistes interrogent d’ailleurs cette déferlante, mais souvent le ­regard se cherche et tourne en rond, si l’on en juge par les œuvres contemporaines exposées. L’intégration d’images pornos par les photographes (Thomas Ruff, Jeff Koons) et les peintres (Marlene Dumas) a beau se jouer des stéréotypes sexuels, elle résonne comme un commentaire froid et redondant sur l’industrie du plaisir. L‘émotion s’est enfuie.

Le scarabée est un insecte…

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L’amour aux différents noms chez les grecs :

Qui ne pense pas à Éros, la divinité de l’amour, représenté par un enfant ailé bandant son arc ?

Mère de Éros, Aphrodite – déesse de l’amour et de la beauté chez les grecs, Vénus chez les latins, déchaîne les passions chez les humains. Éros est l’attirance sexuelle, le désir.

Epithumia pour Platon concerne une passion néfaste, celle des appétits, une divine folie.

La philia, est ce que nous appelons l’amitié. Une estime réciproque entre deux personnes de statuts sociaux proches. Entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence chantait Tachan. L’amitié est  l’amour sans sexualité.

La storge représente l’affection, l’amour filial, d’un parent, des frères et sœurs. L’amour – affection – que l’on éprouve pour la famille.

Agapê amour du prochain, considéré comme une forme d’altruisme, d’empathie envers l’autre quel qu’il soit.

La philantrôpia qui aime le genre humain dans son ensemble.

La Passion est un autre visage de l’amour, une rencontre magique et miraculeuse entre deux êtres. Souvent destructrice. Un sortilège qui fait que je suis lui, il est moi, échappant aux lois de la logique et rentre dans le champ psy pour en démontrer la pathologie.

Le « Peace and Love » cher à notre jeunesse ; s’aimer sans guerre, sans dispute, sans violence érotiquement tendre et sexuellement sans entrave.

Bien qu’il existe des couples fusionnels jusqu’à ce que la mort les sépare pour la plupart des couples l’amour ne rime pas avec toujours. L’amour éternel demeure un mythe, celui des contes qui s’arrêtent quand le Prince charmant a enfin rejoint Cendrillon. D’eux nous ne saurons que la nombreuse descendance promise par le conte « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». Les sentiments sont fragiles et semblent être la règle des désunions.

Comme l’a mentionné Olivia lors du dernier SEX-O-CAFE, approuvée par Liliane qui disait qu’il existait une loi implacable du cycle amoureux, sa moyenne ne dépassant pas trois ou quatre ans, tout au plus. Cela correspondrait à un « cycle naturel ». C’est le temps qu’il faut pour nouer une relation, faire un enfant et s’assurer des soins nécessaires à la petite enfance. Dès lors, le couple pourrait alors se séparer et chacun trouver un nouveau partenaire. Loi évolutionniste ou pas, les sentiments sont fragiles.

Regarder les couples est très instructif. Les indices physiques ne trompent pas. Le haussement de sourcils lorsque l’autre parle est une marque de mépris ; au contraire, une façon de sourire avec émerveillement quand l’autre parle est très révélatrice. De même, la complicité ou au contraire l‘indifférence se lit dans le regard. Lorsque l’on aborde des sujets sensibles – la satisfaction sexuelle, les griefs que l’on peut avoir vis-à-vis de l’autre -, les mouvements d’irritation ou de sollicitude apparaissent immédiatement.

Peut-on apprendre à aimer ?

L’Art d’aimer est le titre d’un livre publié en 1956 par Erich Fromm (1900-1980), l’un des philosophes freudo-marxistes de l’école de Francfort. En substance il disait : « La première démarche qui s’impose est de prendre conscience que l’amour est un art, comme vivre est un art » On ne « tombe » pas amoureux malgré l’expression consacrée. L’amour ne devrait pas être un état passif parce qu’il relève d’une capacité à entretenir centrée non sur l’objet (la personne aimée) mais sur la relation. Apprendre à aimer et entretenir l’amour comme on le ferait d’un corps par le yoga, par exemple. L’amour authentique, continue E.Fromm, suppose de surmonter notre narcissisme ou notre dépendance pour fonder une relation amoureuse basée sur le respect de l’autre. Et je partage avec lui l’idée que l’amour n’est pas un sentiment qui va de soi, mais il s’entretient et se cultive.

Alors quoi ? Je vous laisse cogiter pour être (je pense donc je suis et non je panse donc j’essuie) faire le point et savoir où vous en êtes dans votre relation.

adolescence-violenceQu’est-ce-que l’adolescence sinon un âge entre deux eaux,un passage qui annonce la fin de la puberté et propulse dans l’âge adulte? C’est l’âge où tous les espoirs pubertaires sont en devenir de réalisations d’adultes. La violence pubertaire est réelle, tant l’adolescence recèle d’aspirations élevées et de déceptions dont toute la vie d’adulte sera empreinte.  L’effondrement de l’idéal ou a dépression d’idéal est le risque encouru de cette période de la vie.

Pendant ce passage, la plupart des adolescents ont des conduites violentes intenses ou moindres selon le milieu socio-culturel auquel ils appartiennent. La conduite est d’autant plus violente qu’elle menace le « Moi », c’est à dire l’identité : le Moi de l’adolescent est la principale victime des adultes qui pratiquent  (pour leur bien !) l’intrusion, la dépossession,  l’envahissement, manipulation : toute manifestation  qui se voudra protectrice du jeune. Période où l’adolescent se cherche, psychiquement, physiquement, sexuellement.

A ce moment là de la vie l’intensité des pulsions est à son comble ; gérer le dedans de ce qui se passe à l’intérieur (du corps et sa force hormonale)  avec le dehors et la qualité de la représentation afin de préserver l’image qu’il a de lui (narcissisme) met l’adolescent dans le déni et déstructurent les liens parentaux qui jusqu’alors le tenaient. Ce qui est rejeté  est ce lien vécu par l’ado comme une dépendance dangereuse, un pouvoir du parent qui aliène sa liberté en tant qu’individu.  Bataille du Moi de l’adolescent et du Surmoi (instance parentale, sociétale) où l’importance prise par l’investissement  parental sera l’élément déclencheur, essentiel de la violence. Il y a dès lors séparation (et non conflit) entre le MOI et le SURMOI. Entre l’adolescent et les parents, la société. Crise d’adolescence (qui peut être réactualisée à tout moment de la vie). L’ado devient fragile face à l’agressivité du monde et son environnement, ses contraintes, ses vides, ses séductions abusives ; tout l’agresse. Il se rebelle.

Il se rebellera d’autant plus qu’il vivra dans un contexte familial difficile où culture et éducation familiales seront différentes de celles  qui se vivent à l’extérieur; quand une parole pauvre fera obstacle aux échanges ( c’est autour du langage que se cristallisent les conflits individuels et collectifs).

La violence n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau est sa sur-médiatisation. Elle existe de tout temps avec les comportements impulsifs qui lui sont associés. Les blousons noirs dans les années 70, les skins heads  quelques années après, les banlieues aujourd’hui… La violence faite aux jeunes fera ressurgir la violence faite par les jeunes en amenant des troubles du comportement et des troubles de conduite dont on parle beaucoup (trop) dans les médias.

« Si la cruauté, tout autant que la violence et l’amour, est une dimension de l’homme, elle (la violence) a cependant la particularité de produire une angoisse étrange, inaccessible au processus de symbolisation ininscriptible dans la psyché et donne de son « agent » - celui qui la produit -, une image de mutant de l’espèce », écrivit LOUFTI BENHABIB dans la « Passion Algérienne »

La violence dans les mots, dans les actes, conjugale, scolaire, professionnelle. La violence visible et celle invisible parlent de notre monde qui ne change pas vraiment dans les mentalités. Ne serait-elle pas plutôt exacerbée tant elle est médiatisée avec pour but de servir  un jeu politique pour lui donner le pouvoir de mettre en place par la peur une hyper sécurisation ? Tout aussi violent que ce qu’il  prétend défendre.

Quand on sait que faire acte de violence, comme le disait un jeune « fait couler l’adrénaline » « c’est même un sport extrême », « je suis fier d’être un violent homophobe, ça me fait jouir », on comprendra ( ce qui ne veut pas dire qu’on acceptera) qu’il s’agit là d’un palliatif à l’évacuation du trop plein de fureur servant à exprimer des pulsions qui n’ont jamais été régulées.

Allez ! Assez de violence pour ce soir. Passez une bonne nuit dans la tendresse de bras protecteurs.



Jalousie

Jaloux? Jalouse? L’êtes-vous? Êtes-vous de celles et ceux qui vouent un sentiment douloureux, possessif, exclusif envers une personne aimée (objet d’amour) en vivant dans l’inquiétude permanente et soupçonneuse de son infidélité? Oui? Vous connaissez donc la jalousie ce sentiment fort douloureux où se mêlent la crainte de l’infidélité du partenaire et/ou la certitude d’être trompé.

Il existe différentes catégories de jalousie. À laquelle appartenez-vous? Avez-vous une jalousie normale appelée concurrentielle? Ou bien une forme de jalousie « projetée » ou encore une jalousie dite délirante? Nous allons en passer deux en revue…

- La jalousie dite « normale » ou concurrentielle se caractérise par la peur, la crainte que la personne aimée se détourne de vous pour aimer une tierce personne. S’ensuivra une  humiliation dans votre amour propre (narcissisme) cependant que se manifestera de l’hostilité envers l’hypothétique rival assortie d‘autocritique.

Cette forme de jalousie  normale, prend sa source dans l’inconscient. Elle renvoie à une situation œdipienne ou à une rivalité fraternelle. Néanmoins la jalousie concurrentielle peut être vécue bisexuellement. Là se situe le deuil à faire par la personne trahie de l’autre personne inconsciemment aimée et la haine envers le tiers en tant que rival. Vous n’avez rien compris à la jalousie bisexuelle? Prenons pour exemple trois personnages : Olivier, Nicolas et Véronique. Olivier (l’homme trahi) devra faire le deuil de Nicolas qu’Olivier aime inconsciemment tandis qu’ il éprouvera de la haine pour Véronique qui deviendra de ce fait une rivale. Est-ce clair?

La jalousie projetée : cette dernière se révèle être la projection de la propre infidélité du sujet ou si celui-ci n’est encore pas passé à l’acte, il est dans le désir d’infidélité refoulée qu’il attribut par projection à son objet d’amour. « Il me trompe, disait-elle et en plus il me fait porter le chapeau, c’est un comble!. » Freud souligne que le mariage avec ses exigences de fidélité favoriserait la jalousie. On peut le croire.

Pour aujourd’hui c’est tout ce qu’il sera dit sur le caractère universel de ce sentiment qu’est la jalousie. Sentiment que l’on retrouve à un degré plus ou moins prononcé (de la forme normale à la forme sévère et pathologique) faisant du cabinet du psy  le réceptacle privilégié où s’épanchent de nombreux  sujets jaloux.

La jalousie! Allons la retrouver dans le texte de Léo Ferré « Avec au creux des dents de loups…Avec dans le  plafond des araignées qui tissent de ta mélancolie…Avec des yeux qui sont doublés comme un radar qui se souvient en pleine nuit de mille autres yeux tout cernés/Avec au fond des revolvers/Dis-moi comment ça tue le temps/Avec le chrono dans le cœur que tu n’arrêteras jamais…Dis-moi la jalousie quand ça te prend au bord du gouffre où tu es seul/Avec au fond dans ta vallée du sang/ Versé dans les poubelles de l’amour…

Oui, la jalousie peut tuer et pousser au  suicide; j’en ai connu qui en sont morts.


Au sujet de la passion, comment savoir à quel moment décrocher ? C’est comparable à la drogue. Doit-on suivre sa raison ou sa passion ? V, une jeune femme  me posait cette question à laquelle je vais essayer de répondre.

La passion du latin patio veut dire « souffrir ». La passion est être dans une relation où aimer crée la souffrance, souffrance qui prend toute la place. « Je l’ai dans la peau » diront les passionnés. Cela exprime en même temps une joie intense, extériorisée où se mêle en parallèle  une sourde et pesante inquiétude due à une relation trop violente, lourde à vivre parce que  trop puissante.

Vivre la passion est vivre possédé. Vivre la passion est être tenu par un lien enchaînant. Un lien étrange avec ou sans lequel on ne peut vivre. Un lien tel que même l’amour à l’intérieur de cette liaison  ne peut y être vécu. La passion ravage; elle enferme deux êtres dans un univers unique; elle efface le passé, ne projette pas d’avenir, elle ne se vit qu’au présent de l’autre. La passion exécute une danse possessive, macabre qui entremêle deux corps où l’acte sexuel est une domination fatale qui se termine par un orgasme cataclysmique proche de la mort.

Céder à la passion c’est s’enfoncer dans une voie destructrice, dans un puits sans fond d’où il est pratiquement impossible de remonter puisque le vide est fait autour de tout ce qui ne la concerne pas. C’est aller chercher, c’est vouloir trouver quelque chose qui n’existe pas. C’est avoir une démarche animalearchaïque.

D’après certains auteurs, vivre une passion c’est répéter un lien pathologique vécu avec sa mère, en même temps que combler un vide laissé et créé dans ce lien jamais satisfait. L’enfant en perdant la mère, perd le point d’ancrage et tout son univers s’écroule. Ce qui procure un sentiment proche de la mort en même temps qu’une jouissance extrême. La passion entre adultes sert à masquer le premier manque (maternel) qui sera recherché dans le corps, l’odeur, la voix de l’autre. Elle met en jeu tous les sens. Or, le manque maternel est incomblable bien que ce soit ce manque là qui est recherché dans la passion. Ce manque là, n’a jamais existé, n’a jamais été vécu sous ce mode, il est donc inconnu. (Si ce n’est pas le cas,  il  s’agit d’un lien incestueux). Ce qui est recherché est la représentation de ce que l’enfant était supposé être :  tout pour sa mère. L’illusion. Le narcissisme premier de l’enfant : « Je suis tout pour ma mèreEt sa raison de vivre« 

La passion est une maladie d’amour. Ce qui se cherche dans  la passion :  un Rien. Rien de ce qui n’a jamais existé que dans le fantasme d’un enfant. Ou un trop qui s’est vécu de manière fusionnelle, c’est à dire dans cet état qui consiste à aimer et être aimé violemment, de manière destructrice. Un état qui ne laisse aucune place à être Soi.

Se poser la question comme l’a posée V est déjà avoir un éclair de lucidité dans la compréhension quant au rapport destructeur de ce phénomène qu’engendre la passion. Alors suivre la raison peut être le début du tunnel pour décrocher de cette dépendance. Mais pas suffisante. Pour suivre sa raison, quand elle est encore là, il sera indispensable d’aller fouiller dans l’enfance, dans ce qui a été vécu trop ou pas assez dans la relation mère/enfant. Suivre sa passion sera rester dépendant d’une souffrance masochiste qui confine au désir de mourir. À la pulsion de mort.

Quel sera le chemin ? Le choix semble facile pour qui n’a pas connu la passion!