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On l’a bien compris ce qui est important dans la relation, en l’occurence dans  le couple, est de communiquer pour apprendre de l’autre ses désirs, ses préférences.  À moins que les partenaires soient totalement ouverts en vivant déjà une sexualité sans tabou, expérimenter des sextoys dans le couple ne peut se faire sauvagement. Il en est ainsi pour tout apport extérieur d’objets ou de matériel visuel (vidéo) qui doit être précédé de  dialogues, d’échanges, de consentement mutuel.Leur usage qui ne devra pas être systématique peut rebooster la sexualité qui a été affaiblie par la routine, par le temps qui a amoindi le désir, par les obligations du quotidien. L’emploi de sextoys peut être envisagé comme un jeu pour agrémenter et entretenir la complicité, pour favoriser le dialogue autour de la sexualité en suscitant les questions et autorisant des réponses; leur emploi sera fort utile pour apprendre à connaître son propre corps et celui du partenaire; ne pas s’interdire la curiosité afin de faire le plein d’idées érotiques. L’utilisation des sextoys est une préférence sexuelle dans un comportement érotique qui se développe – ou non – au cours de la vie adulte de la même manière que toutes les autres préférences par exemple alimentaires ou musicales.  « Si tu n’aimes pas le caviar ne m’en dégoute pas. » Ces jouets ont pour but d’ajouter du plaisir en aucun cas ils ne doivent devenir une corvée même pour satisfaire le conjoint.  Tout cela est le côté festif de l’usage des jouets sexuels mais ils peuvent aussi  palier les faiblesses liées à l’âge mais pas seulement induites par l’âge puisqu’on rencontre dans nos cabinet ou boutique de plus en plus de jeunes gens qui se plaignent d’absence d‘érection ou d’érection très faible et de très courte durée et cela malgré le désir. Phénomène très pénalisant et effrayant surtout pour les jeunes dans la société actuelle où il est presque interdit de ne pas jouir, où l’exortation à jouir est devenue un mode de vie, la virilité apparente une obsession. C’est ce en quoi il faut être attentif (et loin de moi de vouloir casser la barraque et les intentions de curiosité) car il peut survenir un autre danger qui est que, par habitude, ces gadgets sexuels deviennent obligatoires à l’obtention du plaisir. Si le sextoy devient indispensable à l’acte sexuel c’est qu’il y a problème. Une telle consommation témoignerait d’un déséquilibre dans le couple, au même titre que de n’avoir recours qu’à la masturbation pour obtenir satisfaction sexuelle et ne pas supporter de partager avec le/la partenaire serait pathologique. Dans le cadre d’une utilisation ponctuelle le sextoy est une préférence « normale » ne pouvant être considérée comme un acte « contre nature, » une maladie ou un trouble psychologique. Pas plus que ces objets ne sont destinés à remplacer les hommes auprès des femmes et vice versa, même s’ils ne peuvent se poser en substitut ou rivaler avec la main experte et amoureuse, il se peut que certains hommes aient besoin d’avoir recours à une pompe qui fera affluer le sang dans la verge, sang qui est à l’origine de l’érection.

Du côté de la recherche neurobiologique : Le rapport sexuel n’est plus orienté dans le seul but de la procréation mais dans une recherche de plaisir comme l’ont démontré les neurosciences : les êtres humains en stimulant leurs zones érogènes activent, dans le cerveau, le renforcement des récompences. Au cours de l’évolution la décharge hormonale qui influence  le comportement sexuel a diminué contrairement à l’importance des récompences qui est devenue majeure. Chez l’être humain, le but du comportement sexuel n’est plus le coït vaginal (d’autant qu’enfin, on a pu mettre en évidence chez la femme l’importance du plaisir clitoridien) mais la recherche des plaisirs érotiques procurés par la stimulation du corps et des zones érogènes qui active le système des récompenses,  recharge l’estime de soi par l’intermédiaire du plaisir donné et du plaisir reçu lors de l’échange érotique.

Au Sex-o-café une participante, l’index pointé comme en accusation disait qu’il ne fallait oublier celui-là, celui là pouvant être aussi efficace pour apporter du plaisir à son homme qu’un objet sexuel; ce à quoi  son voisin lui rétorca  » Il vaut mieux avoir un sextoy à la maison plutôt que de ramener un amant, et même anticiper avant que le couple ne s’enlise ». Sur ces paroles pleines de sagesse, je vous laisse méditer.

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L’amour est cette force qui nous pousse vers un autre, irrésistiblement.

C’est un attachement qui trop souvent nous fait nous oublier nous-même.

C’est un comportement particulier plus ou moins rationnel que l’on adopte dès lors qu’on tombe amoureux…

Il faut donc « tomber »amoureux pour aimer ? Parlons donc d’amour, puisque vous insistez. Mais loin de moi  d’en parler avec des grelots dans la voix, des frissons  sur la peau; nous allons en parler à la manière psy  comme n’aiment pas certaines personnes; nous allons en parler à la manière d’Irvin D.Yalom, le « bourreau de l’amour » ainsi qu’il s’intitule lui-même. Comme lui « je n’aime pas travailler avec des patients amoureux »- « Je déteste être le bourreau de l’amour ». Elle n’est pas drôle Lyli, allez-vous penser ! Et vous avez raison. Sans trop de difficulté je pourrais démontrer  ce qui cloche dans la façon d’aimer ou ce que l’on recherche dans la façon d’être aimé. Par exemple on veut aimer ou être aimé comme on ne l’a jamais été par des parents. Ou bien on veut reproduire l’amour inconditionnel d’une mère, d’un père.  À partir de cette recherche convenez avec moi que l’on a tout faux. Mais aussi parce que l’on oublie que l’amour est comme la vie avec une fin inéluctable qui s’achemine lentement vers la mort. Mais bon…Puisqu’on tombe amoureux et le coup de foudre existe, parlons-en :

La foudre : feu céleste d’une violence inouïe, elle brûle ce sur quoi elle est tombée. Arme du dieu du Ciel, elle frappe toute chose, fend la Terre, engendre destruction et création de son double pouvoir. Elle est vie et mort à la fois. Précédée par les éclairs (deux charges électriques opposées fortement attirées l’une vers l’autre) suivie du tonnerre (sous-produit de la foudre) expansion explosive qui accompagne une montée soudaine et rapide de la température, la foudre s’abat en faisant des dégâts. De la même manière le coup de foudre est une décharge énergétique qui ébranle la personne la laissant foudroyée, euphorique, fiévreuse. Le coup de foudre existe bel et bien. Le coup de foudre, aussi rapide que l’éclair, aussi bruyant que le tonnerre vous immole en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.  Foudroyée par le coup que lui porta la foudre, elle s’avachit sur le trottoir et se consuma pendant trente ans…

Zeus en est-il la cause? Lui qui préside à toutes les manifestations du Ciel en déchaînant la foudre, il symbolise la colère de Dieu. Il est l’autorité outragée. Par son complexe, Zeus a tendance à monopoliser l’autorité, à détruire tout ce qui apparaît comme une manifestation de l‘autonomie. Ses éclats autoritaires vont affirmer une compréhension sociale et donner chez ce type de personnes des colères calculées qui en feront un autocrate au pouvoir absolu. Mais que cache l’excès d’autorité sinon trahir un défaut de raison?

Comme tel et en tant qu’emprise, le coup de foudre s’abat comme l’éclair dont il nait, sans aucune possibilité de discernement, d’autonomie psychique, de raison gardée. Le coup de foudre aliène la personne qui devient esclave de sa toute puissance. Tout devient désordre et chaos; prison aux limites étroites d’un tonnerre intérieur qui a réduit le champ de vision de la perception. Il nous aveugle comme la foudre qui tombe juste à côté, brûle tout sur son passage.

Combien de fois ai-je entendu, dans le secret de la thérapie, cette plainte du coup de foudre qui ne s’est jamais transformé en relation durable et équilibrée? » La seule vue de cet homme que je ne connaissais pas m’a foudroyée. Pas question de sexe, à ce moment là. Seul mon regard l’avait touché, nos mains ne s’étaient pas encore frôlées, encore moins nos corps, je n’avais même pas entendu sa voix »… Comment raconter, sans blesser, l’histoire des hormones dont le coup de foudre est le résultat? Simple comme une odeur, une histoire de chimie corporelle, de sécrétions organiques agissent comme déclencheur de la fusion de deux corps.  Est-ce l’ocytocine (hormone de l’attachement, confiance) qui déclenche la réaction psycho-biologique du coup de foudre ou ce dernier qui provoque le processus hormonal et neurochimique? Qui de la poule ou de l’oeuf…

Le coup de foudre dépossède une personne d’elle même; elle n’a plus la maîtrise ni de ses pensées ni de ses actes. Elle va s’entourer de vide pour le combler d’une seule et obsessionnelle présence :  « Tu es ma vie, mon sang qui coule dans mes veines… » De cette constatation on peut facilement comparer le coup de foudre à une maladie que l’on aurait contractée. Passé ce cap de la maladie et de la convalescence peut-on penser que le coup de foudre vécu comme une expérience transcendantale garantirait l‘immunité? Qu’une fois immunisés l’on puisse dès lors vivre le bel et vrai amour sans pathos?

Le véritable amour, loin de la foudre et des éclairs, ne concerne t-il pas la maturité psychique? N’est-il pas là pour nous apprendre quelque chose de nous, au delà de nous?  Transmuer le coup de foudre en relation amoureuse demande aux intéressés d’être responsables du bout de leur relation dans un respect réciproque. La vie amoureuse d’un couple demande de s’adapter et non de manipuler. Une union en conscience assurant à la fois l’indépendance et la liberté de chacun. Dans la liberté il n’y a plus de dominant ni de dominé.

L’amour c’est de rendre l’autre libre.

On continue ? Non, pas ce soir, car déjà le temps à la pluie et froid comme en plein hiver …mais très bientôt, promis, on continue !


Pour illustrer les paragraphes précédents sur le sein dont on n’a pas fini de faire le tour (ne vous inquiétez pas nous le ferons) je vous propose un cas vécu en thérapie. L’histoire de Robert est vieille de plus de dix ans. Robert a accepté que je puisse l’évoquer comme exemple pour illustrer  l’article précédent. Il consultait  pour se débarrasser de l’obsession qu’il avait sur contenu des corsages féminins…Bien entendu le prénom a été changé.

Robert n’est pas loin de la soixante décatie physiquement mais intellectuellement très alerte. Il traîne sa vie comme un boulet « parce qu’à mon âge il devient difficile de trouver des femmes qui se laissent aimer comme j’en ai besoin, à ma manière. J’ai besoin d’aide » furent les mots pour l’entrée en matière de la première séance. Robert me confia son obsession pour la poitrine des femmes. Il aimait les femmes menues avec une grosse poitrine et le « pied » pour lui était qu’il puisse se masturber entre leurs seins et bien sûr, si elles le laissaient faire, éjaculer en cet endroit. Sans cela, ne prenait pas son « pied » il ne jouissait pas. Lors des séances suivantes, en déroulant le fil de sa vie, j’appris que sa mère n’avait pu l’allaiter. Ce qu’il mit longtemps à confier était qu’il avait un frère  aîné qu’il haïssait. Cette haine prit sa source quand sa mère lui révéla (à sa demande «  Je lui ai demandé si je l’avais tétée ; j’avais six, sept ans« ) – que son grand frère lui avait bouffé les seins. Des crevasses, des infections – aux dires de celle-ci – l’avaient traumatisée en faisant de ses seins des masses informes que « moi, le petit dernier » c’est à dire Robert n’avait pas eu le droit de téter…De séance en séance, il avoua avoir toujours fantasmé sur la poitrine de sa mère qui la « cachait par des vêtements près du corps » sans jamais l’exhiber.  » Je ne l’ai jamais vue en maillot de bain alors que nous avions une piscine. Elle était trop pudique ». Sa mère avait trente huit ans de plus que lui et «  il s’agissait d’une époque » où les femmes « comme il faut, ne s’exhibaient pas en dehors du mari.« 

Je passe les détails concernant la haine du frère qui faisait écran à la colère qu’il avait envers sa mère…Elle touche une autre problématique débusquée par  cette psychothérapie qui concerne le sujet de la masturbation…Donc, sa quête désespérée et épuisante est le seul but de sa vie, mais il n’en peut plus  » parce que les femmes en ont marre que je les prenne pour des vases à sperme; je suis en plus très cruel avec elles. » Il finit par convenir qu’il était très en colère contre sa mère. « J’avais deux ans de moins que mon frère; elle aurait pu essayer au moins une fois, pour voir; en deux ans ses seins étaient guéris et moi je ne les aurais pas abîmés, j’aime trop ça les seins. Pourquoi me l’a telle dit? » En fait la mère finit par avouer à Robert qu’il n’était pas désiré: « En ce temps la pilule n’existait pas; je suis le rejeton d’un diaphragme rejeté » D’où la haine pour le frère qui faisait écran à la haine pour sa mère qu’il aimait démesurément. Et qu’il cherche en vain sous le corsage des  femmes.

La demande de cet homme : que son corps devienne sage. Son désir: vivre normalement une relation sexuelle où le corsage des femmes ne soit plus une obsession. Il dit bien aller maintenant, il est serein; il vit en couple avec une femme depuis plus de huit ans dans une belle relation de partage.

Le cas de Robert montre à quel point nous recherchons toujours soit ce que nous n’avons jamais eu, soit la même chose que ce que nous avons eu. Sans jamais trouver la chose qui nous manque puisque ce qui nous manque est une représentation fantasmatique par essence inatteignable.

 » Travailler  » sur soi permet la clarté de nos émotions, cheminer avec le passé sans qu’il encombre notre chemin. Pour ce faire,  le  site

<www.therapeute-en-ligne.com> peut être une aide à distance.

Passez un bon week-end en n’oubliant pas de changer d’heure !

Manuèlisation pour désigner l’occupation de ses mains sur son sexe afin de se donner du plaisir.  Quand le mot n’était pas encore inventé on se manuèlisait, maintenant on se masturbe… Est-ce que se prendre  la tête entre les mains  est se masturber? Oui, si on considère la masturbation intellectuelle, mentale ! « Arrête de te prendre la tête ! Ou encore   » Arrête de te  masturber tck-copenhagenles méninges ? Masturbation des méninges jamais jouissive, toujours obsessionnelle virant à la pathologie. Un serpent se mort la queue. Transgression – Préoccupation – Obsession – Promotion (sur canapé ?) Réalisation – Idéation – Radicalisation – Fermeture – Ouverture légale -

Non, non, illégale dans ce cas présent. Transgression par la loi des hommes qui font violemment la loi en la transgressant. Les violeurs de loi. « Ils sont rentrés chez moi comme des cambrioleurs, par la fenêtre entre-ouverte! » Alexia, revenait pour sa consultation d’hiver. Toujours poussée par l’urgence elle déversait à son habitude et en vrac ses tourments; elle en avait gros sur la patate. Mais de quoi parlait-elle, me demandais-je en lui laissant le temps de reprendre ses marques et ses esprits ? Alexia finit par remettre de l’ordre dans ses précipitations, réajuster son zoom arrière et visionner en flash-back l‘intrusion, la violation de son territoire par des huissiers.  Tout dans son énumération laissait penser que la rumination désordonnée, obsessionnelle agaçait son estomac jusqu’à le trouer; tous ses événements se bousculaient sans avoir pu prendre une place définie et constitutive de sens.

« Mon côlon est squatté par un bouchon de merde que je n’arrive pas à expulser » fut sa deuxième tirade qui laissait entrevoir  dans son corps  un plein de vide occupé par l’absence totale de repères. La dimension symbolique volait en éclat, l’éthique était piétinée. Depuis l’intrusion de son domicile par la fenêtre et non comme il se doit par la porte une dictature merdique omniprésente impossible à évacuer bloquait ses viscères;  sa pensée confinée dans un périmètre abdominal au péristaltisme absent quoique douloureusement présent, Alexia se concentrait sur son ventre pour acheminer les matières vers la sortie dans  des douleurs qui ressemblaient plus à un interminable travail d’accouchement, terme d’une grossesse non désirée.

Alexia faisant référence à la réplétion de ses organes se disait colonisée sans pouvoir désobéir aux ordres de ce côlon avec chapeau qui se retrouvait coincé dès l’instant où elle apprit la violation de son domicile… « N’y a t-il pas un moyen de …?  » sans me laisser terminer ma phrase elle m’assura qu’elle allait porter plainte compte tenue de la réponse  qu’elle reçut et déplia devant mes yeux la page qui stipulait ceci :

Question:

Un huissier, accompagné de toutes les personnes dûment requises A T-IL LE DROIT DE RENTRER PAR LA FENÊTRE comme UN CAMBRIOLEUR, d’autant plus que le serrurier et un commissaire de police étaient présents; ils auraient dû rentrer par la porte et non par la FENÊTRE comme le stipule la loi. N’est-ce donc pas une infraction à la loi que de RENTRER PAR LA FENÊTRE ? Merci de me répondre à cette QUESTION … (Question posée le 01-12-2009 / )

Chère Madame ; En cas d’absence du débiteur l’huissier de Justice doit se faire assister d’un Commissaire de Police et d’un serrurier ; il ne peut pénétrer par une fenêtre laissée ouverte. En effet, doit respecter des formalités pour entrer dans le logement. Il doit faire appel à un serrurier pour ouvrir les portes. En conséquence vous pouvez engager la responsabilité de cet huissier. Vous pouvez saisir la Chambre Nationale des Huissiers de justice. Elle joue un rôle de représentation et de défense de la profession. Elle est compétente pour recevoir les réclamations. Et vous pouvez aussi engager sa responsabilité pénale en déposant une plainte auprès de procureur de la république pour violation de domicile. Nous restons a votre entière disposition si vous désirez obtenir un complément de réponses, ou de plus amples information, n’hésitez pas a nous le faire savoir, nous serons ravis de répondre et de vous prodiguer tout élément susceptible de vous aider à résoudre votre problème juridique. Cordialement.
Alexia allait enfin pouvoir vider sa tête et ses intestins de cette masturbation indécente et douloureuse. Allait-elle retrouver le courage qui lui permettrait d’aller au bout de sa démarche  ? Remettre les choses en place, réhabiliter son territoire qui par cette transgression, cette violation de domicile a sali la Loi dans sa dimension symbolique. La séance permit de rétablir le respect touché par l‘humiliation.
PS: L’image fait référence aux emballages tétrapak recyclable. Un petit signe pour Copenhague

Un point d’achoppement  rend Alexia mélancolique. Revenue pour continuer le travail, elle est calmement assise en face de moi et poursuit son récit à l’endroit même où elle l’avait commencé la séance précédente: « J’attends le matin pour lire un hypothétique contenu d’un mail dont va dépendre ma journée, la teinter en rose ou en gris, c’est épuisant » dit-elle avec un demi sourire qui en dit long sur les efforts accomplis pour ne pas céder aux larmes.  « Le contenu…? » Je me saisis du mot comme un poisson l’hameçon et l’interroge tout haut. J’insiste sur les points de suspension et détache les syllabes  » Le con-tenu…? » « Oui le contenu  d’un mail » reprend-elle sure de ses paroles. Revenant systématiquement à la charge quand je pense être devant une évidence qui éclairera la problématique, la rendra moins opaque. »Quand était-ce la dernière fois que votre con a été tenu par celui dont vous attendez les mails? Alexia me regarde éberluée, un oh, à peine audible s’échappe de ses lèvres, ses joues rougissent et baissant les yeux me rétorque « Jamais ».

N’étant pas née de la dernière pluie, je connais l’histoire de l’attente et peux lui raconter qu’en d’autres temps moins ou pas informatisés comme nous le sommes aujourd’hui, nous aussi avons été dépendants d’un coup de fil qui ne venait pas sans pour cela nous éloigner du téléphone. Au cas où il sonnerait. Nous aussi avons chanté en boucle la comptine « Le  facteur n’est pas passé dans ma boîte aux lettres/ il ne passera jamais, parce qu’il est trop bête/lundi, mardi, mercredi, jeudi…attendant l’objet qui placé derrière notre dos nous faisait devenir à notre tour le facteur idiot qui déposerait ou pas le courrier tant attendu. Obsessionnels facteur, boîte aux lettres, boîte à mails, internet. Obsessionnels attachements virtuels dont nous devenons accros autant que nous l’étions pour le facteur et la boîte aux lettres de notre passé. Obsession dans laquelle nous plonge l‘état amoureux. Ces addictions avec leurs points communs sont à la base des peurs et des déceptions. Nous devenons importants quand le flux des courriels rempli notre boîte à mails: « On pense à moi, on m’aime ».  Narcisse existe de nouveau; de nouveau Narcisse peut s’aimer puisqu’on l’aime; la preuve flagrante est sur l’écran. On devient prisonnier de la boîte qu’elle soit dans le jardin ou virtuelle. Nous devenons aveugles à tout ce qui n’est pas le charme de l’objet d’amour tant désiré.  Qu’importe l’addiction, elle nous rend esclave, ici en l’occurrence il s’agit d’une machine informatique. Puissance infatigable, la machine nous attire comme l’aimant. Plus besoin de sortir contacter l’autre, on attend qu’il vienne avec ou sans tact nous confirmer dans notre propre existence, on attend qu’il vienne valider nos besoins.  Attendant les congratulations par écrans interposés. Attendant les mots concupiscents, promesses d’un désir sans passage à l’acte.

Le virtuel, s’il ne se transforme pas en relationnel, en physique, n’autorise pas le rapprochement des corps. Le con de la dame n’est jamais gratifié. Les deux  restent confinés dans le compartiment (con partit ment) d’une fenêtre d’ordinateur abscons qui jamais ne s’éclaire. Notre psychisme, nous l’avons vu est dépendant des sécrétions hormonales - sérotonine, dopamine – euphorisants naturels activés dans la relation physique. On peut le constater chez  un enfant en carence affective, il dépérit. Ainsi, nous le comprendrons aisément, la dépendance s’installe très tôt. Elle symbolise la fusion se référant à sa propre histoire non résolue, en provoquant un sentiment d’insécurité qui cherche par tout moyen à être comblé et annulé. Annulé par la solution de remplacement : la substance – alcool, tabac, drogue …-  l’objet informatique ou achat compulsif, jeux, stress …  – ou une personne, l’Autre, autre que soi-même.

Alexia prenait de plus en plus conscience de ce qui la rendait dépendante. Elle sourit de ce sourire énigmatique qui réinstallait doucettement  l’estime de soi, mettait la déprime quelque peu à distance.

Le Ça c’est vu. Voir l’article du « Sexe ça crée » publié en date du 17 mars. Le Ça continue, publié en date du 23 mars et Le Ça, ça crée quoi? publié en date du 1er Avril.Nous en avons donc fini avec le Ça qui n’est pas que ça, mais avec le Ça, aussi! De quoi allons nous parler ce jour? Pas de la pluie et du beau temps quand même! Ni des avions qui s’écrasent ni du chat de la voisine qui a disparu en même temps qu’elle? Ni du soleil qui attaque la peau de la famille Groseille allongée sur la plage? Pas de la crise, non plus, la radio nous en rabâche les oreilles, et sans rien y comprendre nous en subissons les effets. Nous n’allons pas parler non plus des élections européennes, où les Verts ont fait un très bon score? Merci Dany le Rouge! Pas de la couleur rouge des yeux du lapin myxomatosé ? L’ami Roy m’écrit et me suggère que… peut-être, il serait bon de  terminer ce que j’ai commencé. Quoi?Ah, oui! la masturbation, pardi comme on dit à Toulouse! Pardi qui veut dire Par Dieu du côté de par chez nous les Toulousains. Ailleurs ils disent Parbleu! Donc, pardi ou parbleu (au choix de la région qui nous a vus naître) évidemment que nous allons continuer à parler de ce que propose ce grand masturbateur de Roy. Dans sa pathologie. Non pas de la pathologie de Roy, mais de celle de la sexualité perturbée, contaminée par la répression de la masturbation..

Si pour la plupart des adeptes de la masturbation,  qui en font un usage salutaire, voire une panacée,  bénéfique pour eux-même seul ou en couple, pour d’autres elle est devenue une obsession, une obligation à satisfaire un priapisme provoqué par la main  qui caresse. Me caresser devient un cercle vicieux, me disait cet homme qui consultait pour trouver une solution pour  ne plus penser qu’à ça : se masturber. La psychothérapie entreprise démontra qu’il avait une sexualité pauvre, refoulée, inhibée. « Quand j’étais enfant, ma mère me surprit à jouer avec mon sexe. Quel bonheur j’y trouvais à cette époque là! Le cri d’horreur que j’entends encore m’a paralysé et depuis ce jour j’ai besoin de me cacher, y compris de ma compagne, pour pratiquer seul une chose qui ne me donne aucun plaisir mais beaucoup de culpabilité. On l’aura compris, l’horreur qu’ il a inspiré à sa mère, a entravé, a stoppé sa sexualité au moment où il faisait connaissance de son corps. Dès lors il fut étiqueté par sa mère et par lui-même comme étant « malade, pervers, vilain  et sale petit garçon ». Le petit garçon devenu grand ne s’en remit jamais mais resta bloqué sur l’obsession génitale, illusion d’une sexualité qu’il devait à tout prix satisfaire seul, pour arriver à l’orgasme libérateur, en une éjaculation – évidemment trop rapide se plaignait-il, afin de ne pas être surpris.

La morale maternelle (dans ce cas précis) a réprimé cette pratique infantile, condamnant l’enfant à abandonner cette partie du corps qui va devenir une zone où s’inscrit la peur, la honte et l’interdit et générer de profondes inhibitions, sans pour cela cesser la masturbation qui va devenir obsessionnelle. L’inconscient, rappelez-vous, ne sait que désirer et ne veut que jouir. Cet homme resté au stade et dans la recherche du plaisir éprouvé dans l’enfance, eut du mal à réapprivoiser  ce bonheur.  La thérapie enraya l’obsession en levant l’interdit, la culpabilité,   la honte  et la notion de sale. Transformé par la compréhension de ce processus mortifère, cet homme s’autorise à vivre une sexualité épanouie.

Nombreuses sont les personnes (hommes ou femmes) qui vivent une frustration permanente en refoulant l’érotisme avec un (e) partenaire, vivent leur sexualité sans désir lié à l’interdiction faite dans l’enfance. Elles continuent à faire un interdit de cet acte qui les rendraient autonomes. La pathologie n’est pas dans la masturbation mais dans les représentations, les images, et les traumatismes qui y sont liés. Entachée de croyances, de répression, de tabous, d’interdits,  la pratique masturbatoire vécue dans ce registre ne peut que « fabriquer » des individus refoulés, inhibés.

Michel Tournier dans  Météores écrit ainsi de l’imagination « Le cerveau fournit au sexe un objet imaginaire, cet objet il incombe à la main de l’incarner ».

Allez joyeux et tranquilles à la Fête de la Musique en commençant bien l’été.



Pour illustrer les paragraphes précédents sur la masturbation dont on n’a pas fini de faire le tour (ne vous inquiétez pas nous le ferons) je vous propose un cas vécu en thérapie. L’histoire de Robert est vieille de plus de dix ans et Robert a accepté que je puisse l’évoquer comme exemple pour illustrer non pas un cas de masturbation (il ne consultait pas pour cette raison) mais pour le débarrasser de cette obsession qu’il avait du contenu des corsages féminins…Bien entendu le prénom a été changé.

Robert n’est pas loin de la soixante décatie physiquement mais intellectuellement très alerte. Il traîne sa vie comme un boulet « parce qu’à mon âge il devient difficile de trouver des femmes qui se laissent aimer comme j’en ai besoin, à ma manière. J’ai besoin d’aide » furent les mots pour l’entrée en matière de la première séance. Robert me confia son obsession pour la poitrine des femmes. Il aimait les femmes menues avec une grosse poitrine et le « pied » pour lui était qu’il puisse se masturber entre leurs seins et bien sûr, si elles le laissaient faire, éjaculer en cet endroit. Sans cela, ne prenait pas son « pied » il ne jouissait pas. Lors des séances suivantes, en déroulant le fil de sa vie, j’appris que sa mère n’avait pu l’allaiter. Ce qu’il mit longtemps à confier était qu’il avait un frère  aîné qu’il haïssait. Cette haine prit sa source quand sa mère lui révéla (à sa demande «  Je lui ai demandé si je l’avais tétée ; j’avais six, sept ans« ) – que son grand frère lui avait bouffé les seins. Des crevasses, des infections – aux dires de celle-ci – l’avaient traumatisée en faisant de ses seins des masses informes que « moi, le petit dernier » c’est à dire Robert n’avait pas eu le droit de téter…De séance en séance, il avoua avoir toujours fantasmé sur la poitrine de sa mère qui la « cachait par des vêtements près du corps » sans jamais l’exhiber.  » Je ne l’ai jamais vue en maillot de bain alors que nous avions une piscine. Elle était trop pudique ». Sa mère avait trente huit ans de plus que lui et «  il s’agissait d’une époque » où les femmes « comme il faut, ne s’exhibaient pas en dehors du mari.« 

Je passe les détails concernant la haine du frère qui faisait écran à la colère qu’il avait envers sa mère…Elle touche une autre problématique débusquée par  cette analyse qui ne concerne pas le sujet abordé de la masturbation…Donc, sa quête désespérée et épuisante est le seul but de sa vie, mais il n’en peut plus  » parce que les femmes en ont marre que je les prenne pour des vases à sperme; je suis en plus très cruel avec elles. » Il finit par convenir qu’il était très en colère contre elle. « J’avais deux ans de moins que mon frère; elle aurait pu essayer au moins une fois, pour voir; en deux ans ses seins étaient guéris et moi je ne les aurais pas abîmés, j’aime trop ça les seins. Pourquoi me l’a telle dit? » En fait la mère finit par avouer à Robert qu’il n’était pas désiré: « En ce temps la pillule n’existait pas; je suis le rejeton d’un diagphragme rejeté » D’où la haine pour le frère qui faisait écran à la haine pour sa mère qu’il aimait démesurément. Et qu’il cherche en vain sous le corsage des  femmes.

La demande de cet homme : que son corps devienne sage. Son désir: vivre normalement une relation sexuelle où le corsage des femmes ne soit plus une obsession. Il dit bien aller maintenant, il est serein; il vit en couple avec une femme depuis plus de huit ans dans une belle relation de partage.

Ou le fantasme d’un homme.

Avez vous remarqué cette longue tige aux mensurations disproportionnées qui la rendent monstrueuse, en font une anomalie de la nature? Orpheline (sans maman l’ayant portée, sans papa pour lui donner des  limites du désir) elle née en 1959 d’un créateur qui a complètement fantasmé une femme. Sur ses 29cm, les jambes élancées en occupent les 3/4 de la totalité. Des longs bras filiformes  sont attachés au buste dont la poitrine hypertrophiée se resserre à la taille. La taille de Barbie, près de 40% inférieure à une taille de jeune fille normale,  fait d’une adolescente anorexique une fille mince, sans plus… Juchée sur la pointe des pieds, elle est incapable de marcher à plat, pas même quand elle se distingue dans les compétitions sportives. Grâce à son ventre stérile jamais encombré d’enfants, elle ne fut jamais empêchée d’exceller dans  les multiples professions qu’elle exerce sans aucune fatigue, sans déprime ni burn out. La seule vie que son créateur lui impose de vivre  est  celle de l’hyper-consommation avec obligation de renouveler sans cesse une garde-robe plus que sophistiquée  en projetant les petites filles dans un monde d’adultes où soutiens gorge, robes de soirées et talons aiguilles, belles maisons et voitures décapotables sont en vigueur.  Barbie ouvre  l‘ère de la réussite en marche, du bronzage parfait et de l’objet jetable. Viserait-elle à satisfaire les fantasmes des mères?.

Les premiers modèles de cette géniale femme enfant étaient bruns ou blonds, indifféremment; en 1971 : la Barbie blonde s’est imposée. Elle avait à ce moment là 12 ans.  Est-ce sa faute si les blondes ont si mauvaise réputation? En y réfléchissant…

Son âge indéterminé la suppose à la fois adolescente délurée et adulte typée sexuellement. Son créateur la fiance à Ken né en 1961. La blonde capiteuse au volant de voitures (décapotées) change alors de regard qui de biais et soumis regarde droit la route de ses yeux bleus. Pendant 44 ans ils forment le couple idéal. Tous deux bronzés à souhait, comme il se doit dans une réussite de cette envergure. En 2005 Barbie rompt avec Ken pour une liaison avec Blaine qui ne dura pas. (Les petites filles trop habituées à Ken sont indifférentes à Blaine qui ne se vend pas!)

Avant de devenir Barbie a t-on jamais su que cette sexy et pin up est née en Allemagne et s’appelait Lilli?

Barbie a 50 ans cette année. Comme tout objet créateur de désir et de « pousse » consommation elle  n’a pas pris une ride pas plus que ses seins n’ont subi la loi d’attraction terrestre.  N’étant que dans le paraître, elle renvoie dans un monde idéalisé, aseptisé où il suffit d’être beaux et bronzés pour vivre une vie de rêve, sans aucune contingence. Les médecins, psychologues et éducateurs ont vu défiler dans leurs consultations des gamines totalement identifiées à son modèle qu’elles prenaient pour une personne réelle et non pour un bout de plastique de 29cm. La garde-robe, les envahissants accessoires (de la voiture à la maison équipée) ont certainement contribué à cet amalgame. Ce qui a fait se demander à un des co-designers de Barbie si la poupée n’était pas une malédiction plutôt qu’une bénédiction. Celui-ci ayant constaté que Barbie est devenue l’obsession des petites filles dont le seul désir était de lui ressembler en les rendant anorexiques…Une incitation à la maigreur des jeunes filles s’originerait dans Barbie.

Pourtant Barbie pas plus que Ken ne portent de Rollex au poignet…