C’est en partie du vrac que je vais vous livrer maintenant ! Libre à vous de vous procurer « L‘amour à l’épreuve du couple » vous faire une idée par vous-même.
Qu’est-ce qui met l’amour en danger, qu’est-ce qui le met à l’épreuve dès lors que le couple est installé dans le quotidien, la routine ?
Dans le livre, David Simard pose l’équation ainsi : les 2 « Je » se perdraient en « Nous » phénomène de la fusion qui conduirait au sentiment d’enfermement, au couple prison. A cet écueil il a élaboré plusieurs possibilités, propositions : accepter un tiers dans sa vie sexuelle voire sentimentale ; ou encore de ne pas se mettre en couple pour échapper à l’enfermement conjugal. Autrement dit, il s’agirait de pouvoir vivre l’amour sans pour autant s’embarrasser des contraintes de la vie conjugale. Le polyamour. Vivre le polyamour (qu’il ne faut pas confondre avec l’adultère) est une alternative à la routine, c’est ce que propose David à une assistance qui n’a pas l’air tout à fait d’accord. Notamment Magaly à qui il parait évident que selon l’âge on évolue, on est différents à 20,30,40 ou 60 ans et au delà; à chaque période on rencontre la personne qui convient jusqu’au moment où le couple que l’on forme ne correspond plus à ce que l’on en attend. On ne reste plus avec un homme qui ne nous convient plus. Magaly est persuadée que chaque partenaire arrive sur notre route pour nous aider à résoudre une problématique particulière qui nous fera avancer. Lorsque cette relation ne convient plus la rupture plus ou moins douloureuse intervient.Les routes se séparent, chacun de son côté, en ayant progressé dans la compréhension de nous-même et de l’autre.
La répétition est un schéma inconscient qui reste à l’œuvre. On peut modifier, enrayer ce phénomène de répétition si on fait un travail sur soi, si on éclaire le schéma par lequel on fonctionne. On peut être attiré par des gens complètement différents mais compatibles avec notre schéma et ce qui s’y rejoue; le point commun avec l’autre est soi. La répétition du même – schéma - rejoint la fusion avec production des mêmes effets qui finissent comme dans la fusion par nous étouffer. Comment faire pour ne pas reproduire à l’identique qui cependant est rassurant, qui donne la sécurité affective, amoureuse?
Dans le quotidien, on apprend à connaître l’autre; on apprend à vivre avec la réalité qui se confronte à l’imaginaire. La routine consiste à recommencer tous les jours la même chose (aux mêmes heures, même organisation), à vivre des weekend identiques. Il est cependant important de constater que les habitudes nous structurent.
Certains partenaires du couple ont des difficultés à s’éloigner du couple qu’ils faisaient avec un de leur parent (fils et mère, ou fille et père, par exemple). Est-ce une des raisons qui fait que l’on reste dans un couple-prison ? Bien souvent dans la configuration du fils faisant couple avec la mère cette dernière exclut le tiers séparateur qu’est le père ou un homme, le partenaire de la mère, qui permettrait au désir de s’exprimer, favorisant l’enfant à prendre la place qui ne lui est pas dévolue. Dans le cas d’une fille et son père il s’agit d’un jeu de séduction quelque chose d‘incestueux (inceste psychique) qui se joue sur le plan fantasmagorique. Il en est de même pour l’homme qui représente un enfant pour sa femme qui proclame n’avoir que des enfants à la maison, « d’ailleurs mon mari ne me fait plus l’amour ».
Le couple et la sexualité : La sexualité vécue au quotidien n’est pas celle dont parlent les magazines. La femme et l’homme sont 2 êtres distincts avec des attentes, des demandes, du désir et des besoins différents. Et malgré cela, que l’on soit femme ou homme, on cherche « sa moitié », on cherche à combler de ce quoi nous avons été séparés à la naissance : Lacan disait « l’amour c’est donner ce que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’est veut pas » paroles qui éclairent les notions du complexe d’Œdipe et l’interdit de l’inceste.
Le philosophe a répondu entre autre à la question qu’est-ce qui se manifeste dans le couple au travers de la sexualité ? Il nous a parlé du lien qui existe entre pénétration et désir qui engendre la fusion dans un but de procréation et la différence entre le désir de fusion qui implique le sexe.
De vouloir combler le vide de l’autre revient à vouloir combler un puits sans fond.
Je conseille de lire particulièrement le chapitre « Doit-on se sacrifier par amour » bien que fortement orienté psy il est fort intéressant dans l’approche de notre société conçue sur l’hyperconsommation dans ce qu’elle crée comme désirs (faux besoins) qui impliquent leur satisfaction immédiate… Que pouvons-nous dire des personnes qui demandent au conjoint d’être Tout ? D’être un sauveur et de palier tous les manques et tous les traumatismes de l’enfance dont est issue cette demande.
L’amitié et l’amour : différence de ces deux sentiments ? Qu’impliquent-ils l’un et l’autre ?
La communication est-elle l’idéologie d’un monde de paix ? Ne jamais oublier qu’à travers nous parle notre inconscient, parle notre corps au travers de nos gestes, de nos comportements.
Qu’en est-il des différences entre femme et homme, existe-t-il une nature immuable aux comportements masculins ou féminins? Chasse aux idées reçues et aux préjugés qui ont la vie dure ! La commodité rassurante de s’accrocher à des généralités sur la nature des êtres nous évite la remise en question de nos comportements erronés. La différence des sexes bien réelle influe t-elle sur les comportements ? L’affirmer c’est maintenir le joug de la prétendue supériorité des hommes sur les femmes.
De vouloir combler le vide de l’autre revient à vouloir combler un puits sans fond.
Couple et homosexualité
Le multipartenariat des homosexuels empêche t-il de vivre en couple ? Le couple homosexuel, là encore, donne à voir l’hétérosexualité comme étant la norme culturelle et historique mais non comme étant un attribut de la nature.
Le quotidien conjugal amenant la routine serait-il un tue l’amour ? La passion s’émousse, le désir – trop comblé s’étiole, l’ennui prend le relais, il y a séparation ou infidélité. Sans désir plus de vie ; d’un point de vue philosophique la vie est le fait de nous porter vers l’autre que soi, c’est ce qui nous rend vivant. Si on se referme sur soi, comme le couple mis en scène par Ionesco, on étouffe le désir en soi et l’on se meurt psychiquement. Il en est de même si l’on s’isole.
Sans manque pas de désir et l’absence de désir tue le couple. Tue la vie. Instaurer du manque, s’ouvrir à l’extérieur, sortir le couple de l’autarcie en ne cohabitant pas, est-ce la solution pour pérenniser le couple ?
NAÎTRE EST SE SÉPARER ET NON FUSIONNER
La naissance est la première séparation
Tant de choses ce sont dites ce soir là que je ne peux passer le reste du mois à en parler. Je vous conseille donc de lire « L’amour à l’épreuve du couple » de David Simard qui je le rappelle ne donne pas de recette, par contre il met en lumière le fonctionnement des individus en permettant d’éviter la reproduction des erreurs.
Et comme écrivait Albert Camus : « Tous les spécialistes de la passion nous l’apprennent, il n’y a d’amour que contrarié «
Donc continuez à contrarier pour être certain d’être toujours aimé.
A bien vite