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Posts tagged ‘pulsions’

À l’origine de la vie, du monde, de la société, de l’art, de la créativité, est le DÉSIR. C’est donc à partir du désir que l’on se construit ; la parole est le lien qui s’articule autour du manque et du fantasme comme représentation. D’ailleurs si le désir se fait la malle la dépression prendra sa place, de la créativité à la joie de vivre tout s’évanouira. L’Autre m’attire, tout de moi tend vers lui, vers elle. Pourquoi ? Le désir reste un mystère bien qu’assouvit il restera à élucider. Se  dévoilera-t-il au travers de la psychothérapie, de l’analyse ? Certainement. Les philosophes avant Freud ont bien démontré que le désir provient d’un manque : on ne désire que ce dont on manque, on ne veut posséder que ce que l’on n’a pas. La théorie de Freud (qui d’emblée rattache le désir à la sexualité) suppose que nous sommes tous en manque du sein maternel, nous passons notre vie à le chercher ; celle de Lacan est que nous voulons être et avoir le phallus ; nous passons tous notre vie à désirer l’inaccessible étoile. Jacques Brel le chantait désespérément  dans « La quête ».

Le désir caractérisé par le manque, fait du désirant un sujet immature vivant dans la nostalgie d’un passé révolu ou se rêvant dans le futur, meilleur qu’aujourd’hui… La sagesse ne serait-elle pas de vivre au présent, de s’accommoder de petits riens qui finiront par combler l’essentiel du manque ? Par la transformation intérieure un désir impétueux  de posséder se métamorphosera en désir plus subtil, nettoyé du pathos névrotique.

Qu’en est-il du désir sexuel quand celui-ci s’étiole, quand il a des ratés, qu’il se manifeste sous forme de pannes pour finalement s’éteindre ? Le quotidien abîme le désir. La cohorte de soucis, la peur des MST, une naissance non désirée… La recherche de solutions ailleurs que dans le couple, par le virtuel (Internet et  la pornographie) ne font qu’accentuer sa perte. Soyez le jardinier  de votre désir, cultivez-le ! Qu’il devienne Essentiel à la manière proposée par Paul Diel qui disait que nos désirs et nos nombreux besoins cachent un « désir essentiel » propre à chacun. Connaître ses désirs c’est se connaître.

Réaliser ses désirs, les rendre possibles, vivants n’est pas du domaine du rêve mais une attitude devant la vie. Une présence au monde actuel mêlée à  une dynamique où les souhaits se transformeront en faits.

« Les femmes comprennent mieux que les hommes que l’on peut érotiser toute sa vie, sans être forcément obligé de satisfaire le désir en l’épuisant » dit le merveilleux conteur  Henri Gougaud. Éros et le désir qui le sous-tend est souvent malmené, travesti, chosifié sous des apparences légères. Ne faudrait-il apprendre à sublimer nos pulsions pour apprécier toute la valeur du désir ? Apprendre à se responsabiliser par  ses choix et devenir conscient de désirs plus grands chargés de vie.

« Même chez le Bouddha il y a du désir ! Tout le monde a des désirs…L’important est de ne pas en devenir esclave » Dagpo Rimpoché.

Dans une récente interview donnée au Point Boris Cyrulnik déplorait que nous soyons passés d’une sexualité métaphysique, sacrée, dans le sens où elle donne la vie, à une sexualité physique, mécanique pourrait-on même dire, dans le sens où l’acte sexuel tend à devenir la performance physique. Bander, tiendrait plus de la qualité de la pilule avalée avant l’acte que de la personne avec laquelle se pratique  l’acte. Femmes et hommes deviendraient-ils objets sexuels avant d’être d’amour?

La pilule contraceptive en libérant les femmes des grossesses non désirées,  leur a donné le choix de leur désir d’enfant, de leur plaisir, la jouissance de leur corps. Depuis quelques dizaines d’années on a recourt à la procréation médicale assistée, puis au sexe chimiquement assisté par la fameuse pilule bleue. Il y a dissociation de l‘acte et du sentiment sexuel, « émotion provoquée par une représentation qui participe au plaisir, dit Boris Cyrulnik. Performances sexuelles sans sentiment. L’homme machine  comme un marteau piqueur va s’enfoncer dans la femme en secousses de plus en plus frénétiques, durables, de  moins en moins revalorisantes, encore moins satisfaisantes émotionnellement. Jouir, jouir à tout prix, de tout et en particulier de la sexualité. Plaisir inextinguible qui va forcément conduire à la souffrance. Une société qui ne s’organise qu’en fonction des plaisirs vivra à court terme le dégout, l’amertume d’être frustré des promesses non tenues …

Boris Cyrulnik dit encore « Le sexe est l’endroit le plus civilisé de notre corps. » Avec la sexualité la nourriture sont les interdits originels qui fondent toute société. En faisant sauter les interdits (inceste, le meurtre),les tabous sexuels on libère la violence. N’ayant plus de contenant que sont les interdits, l’homme est de nouveau soumis à ses pulsions. La pilule bleue (Viagra) n’entrave pas les pulsions mais au contraire les augmente. Elle permet de les mettre en action sans aucun état d’âme, sans aucun sentiment.  On s’aperçoit de l’augmentation des agressions sexuelles, de viols, d’incestes. D’autre part et pour réagir un autre versant de la société va renforcer les interdits.

Où se situe la « normalité » et peut-on parler d’une norme dans le domaine sexuel? Est-il utile qu’un homme se transforme systématiquement en marteau piqueur sans états d’âme ? Où est l’intérêt d’avoir des performances qui ne seraient dues qu’à la chimie, annulant tout désir, qui ne serait que le résultat d’un mécanisme mis en marche chimiquement?

Voudrions-nous d’hommes qui ne seraient que godemichés, que sextoys?  Pour éviter cela  les femmes doivent admettre quelques  défaillances de  leur partenaire;  elles  doivent oser, si les défaillances  se répètent, ouvrir le dialogue, être compréhensives…

http://www.itinerants-afpa.org

Peut-on fermer les yeux? Doit-on taire l’évidence de l’ignoble qui tue des millions de femmes, sans relâche, partout dans le monde? http://www.itinerants-afpa.org, ce lien vous éclairera (s’il est encore besoin de le faire) sur les dommages créés par la sexualité vécue comme moyen d’aliénation au service de la persécution. De la prostitution. De l‘esclavage… Les chiffres cités ici le sont de source sûre. Ils nous révèlent par leur démesure l’horreur de la violence et de l’exploitation du sexe par le sexe. Et de l’indéniable et inébranlable inégalité entre les sexes.

Voilà le pourquoi du blog http://www.libidosexualite.com (sur lequel vous êtes): servir une cause et s’obliger à faire la part des choses; de cette chose là qu’est le sexuel en remettant en question des évidences millénaires qui a construit le masculin en archétype du modèle dominant. Ce modèle serait-il entrain de montrer ses limites? Ce n’est pas si sûr car les failles qui lézardent le mur de la honte ne sont qu’apparences trompeuses. La situation des faibles (femmes, enfants, homosexuels et toutes les minorités humaines) ne changera pas tant que nous admettrons que la victoire de l’un implique la destruction de l’autre.  Sous l »apparente libération sexuelle se cache plus que jamais la perversion par la complaisance qui entoure les comportements essentiellement masculins. Traite des êtres humains, tourisme sexuel, violences envers les femmes et les enfants, et j’en passe…

Ce site sert à dire l’importance de la sexualité en mettant de la lumière sur le côté obscur du sexe, le côté dégradant qu’impliquent la satisfaction immédiate des pulsions sexuelles. Sans pour autant les refouler, il est nécessaire d’apprendre à les accepter, à les canaliser. Un refoulement excessif des pulsions ne ferait au contraire  que les  rendre plus vivaces et de ce fait plus destructrices…Nous aurons l’occasion d’en parler. Encore.

Tel est le pari de ce site, puisse t-il vous être utile.