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« Je sors m’installer au « bord du soleil »" m’informe joliment mon ami en fermant la porte d’entrée. Pas le temps de lui dire que pendant ce temps j’allais  retranscrire le débat du sex-o-café  ouvert par Laurent. Il demande pourquoi l’hétérosexualité ne pose pas les mêmes difficultés au moment de l’orientation sexuelle ? Est-ce dû à la société actuelle ? Suite aux informations exposées on s’aperçoit que la culture judéo-chrétienne s’est fortement imposée en ne  laissant pas vraiment le choix  aux individus quant à leur préférence sexuelle. Le problème se pose à partir du moment où la préférence sexuelle n’est pas conforme à la norme en vigueur, d’où la mise en exergue de l’homosexualité.

Dans le mode de formation de l’homosexualité est évoqué  l’œdipe inversé. Ainsi à la question de Fanny par rapport au développement de l’enfant dans les phases dont a parlé Freud (anale, orale, phallique ) n’y aurait-il pas une relation défectueuse à la mère ou au père, un rapport à la triangulation tel que décrit par Freud ? À ce jour de nombreuses théories sur l’homosexualité ont été échafaudées et toutes plus ou moins se sont vues récusées. Bien sûr toutes sortes d’hypothèses ont été émises et ce depuis que l’homosexualité est venue déranger l’ordre sexuel établi. Or, à l’heure actuelle rien ne vient confirmer l’une ou l’autre de ces théories puisque ni la génétique ni la biologie ont pu apporter d’explication satisfaisante qui tendrait à prouver une relation de cause à effet. En psy et à notre époque on considère que l’homosexualité est un choix du sujet (choix inconscient mais choix tout de même, en rapport avec son désir.) Freud avait déjà fait ce lien entre homosexualité et choix inconscient. Il refusa d’en faire une disposition innée ou naturelle (donc biologique) ou culturelle. Dans la résolution normale du complexe d’œdipe, l’enfant doit renoncer à ses désirs incestueux (et non pas les refouler)  désir le plus souvent inconscient. S’il ne le fait pas (renoncer) cela réapparaitra dans le type de conjoint choisi, cela se manifestera à travers certains problèmes de couple ou à travers ses névroses. Il en est de même pour l’œdipe inversé. Au départ il y a un choix inconscient, une position que l’individu prend pour gérer son désir. Pourquoi, demande Mireille, les adolescents changent leur sexualité en cours de route? Parce que les adolescents se cherchent ; l’adolescence est la période idéale pour explorer sa sexualité. Que penser des adolescents qui disent depuis le début « Je suis homo, et  je ne serai jamais hétéro ». Ce choix est-il irrévocable? C’est ce qu’on appelle des invertis absolus. Ces adolescents savent depuis toujours qu’ils sont attirés par les mêmes qu’eux mêmes, le même sexe qu’eux. C’est le cas d’un jeune homme qui est venu me consulter pour une tout autre raison que sa sexualité. Au fil des séances il est convenu de son homosexualité; à partir de ce moment là tout reprenait des proportions acceptables et il acceptait sa différence. La problématique restante est qu’il le tairait à son père, ne désirant pas attiser son courroux.

Qui est fait la femme qui fait l’homme ? Cette question est souvent posée y compris lors de la soirée où les exemples ne tarissent pas. Dans la plupart des couples homo il y aurait un élément passif, un autre actif. Ce que n’affiche pas vraiment les magasines gays qui n’exposent pas vraiment des « folles », des hommes très efféminés mais plutôt de très beaux gosses. Belle gueule, bien musclé, tel s’affiche l’homo qui n’est pas sans rappeler, (comme le fait remarquer Roland ou Marc, je ne sais plus) le culte romain. Les homo soignaient leur apparence, ils se devaient avant tout d’être virils… Liliane nous fait une petite aparté sur les lesbiennes en lisant le texte ci-dessous :

CES FEMMES QUI AIMENT LES FEMMES (Une enquête de Eli Flory)

La société française, en perpétuel mouvement, s’affiche de plus en plus gay-friendly à lire les sondages favorables au mariage des couples homosexuels  et à voir les devantures de lieux de réjouissances ou de villégiature s’étiqueter aux couleurs du rainbow flag, drapeau arc-en-ciel de la fierté « d’en être ». Les icônes lesbiennes d’aujourd’hui ne sont plus celles d’hier : après les courtisanes de l’Ancien Régime, les décadentes de le la Belle Époque et les militantes des seventies, on porte aux nues des joueuses de tennis et des pop stars. Le mythe des « deux amies » si rassurant à l’époque où la société voyait dans la procréation sa seule téléologie (étude de la religion, des textes sacrés), a fait son temps. La lipstick lesbian, celle qu’on ne remarque pas dans la rue parce que ses talons hauts, ses jupes courtes ou ses décolletés plongeants la classent dans la catégorie des « hétéros sexy », brouille les repères, désarçonne les hommes et alimente leurs fantasmes.

Dans l’inconscient collectif, malgré l’évolution des mentalités, l’homosexualité féminine n’est-elle-pas encore toujours considérée comme un choix de vie, affectif et esthétique, ou comme un goût, une préférence, voire une identité. Dans l’imaginaire masculin, on est lesbienne par défaut, c’est un pis-aller. A moins qu’un appétit sexuel démesuré n’abolisse les frontières entre les sexes, le goût des femmes est souvent la conséquence d’un dégoût des hommes, mis sur le compte d’une relation conflictuelle avec le père et/ou la mère, d’expériences décevantes vécues dans les bras d’un garçon – du chagrin d’amour d’adolescente aux violences sexuelles. Combien sont-ils encore pour penser que, si une lesbienne les « essayait », elle aimerait les hommes ?

Beaucoup d’hommes avouent fantasmer sur les femmes qui font l’amour entre elles : partager leur couche est souvent perçu comme un eldorado sexuel. D’autres, au contraire, souvent du fait de leur culture ou de leur religion, rejettent l’homosexualité féminine qu’ils perçoivent comme du gâchis, quand ils ne brandissent pas le Coran ou la Bible pour châtier ces « maîtresses de Satan ».

Une femme qui est avec une femme c’est avant tout par passion amoureuse.

La relation lesbienne reste pour beaucoup d’hétérosexuelles, une relation incomplète à mettre sur le compte de l’amitié amoureuse, de la tendresse, de la complicité affective. Le monde gay et lesbien n’est pas un. Des divergences d’intérêts et de way of life dessinent des territoires aux frontières souvent imperméables. Les lesbiennes ont leur presse, leurs festivals, leurs archives.

Le film Gazon maudit, sorti en 1995, s’avère révélateur du regard porté sur le couple lesbien. Vision caricaturale d’une liaison entre deux femmes. La vogue du porno chic dans la publicité, parce que le cul fait vendre. Les publicitaires aiment jouer avec l’ambiguïté des femmes et des relations qu’elles peuvent entretenir. Images sexy, mâtinées de glamour pour bourgeoises et demi-mondaines. Cette vogue a favorisé le développement du fantasme masculin archétypique de la lesbienne hypersexuée. L’homosexualité féminine est d’autant plus considérée que son image est déformée ou recréée à travers le prisme d’un imaginaire érotique hétéro centré. La lesbienne n’existe pas encore à part entière, en dehors des stéréotypes de la « camionneuse » ou de la « femme fatale ».

Elle fut longtemps considérée comme une anomalie, une chose sans nom, hors normes, en marge des faits naturels et sociaux si bien que les mots pour la nommer ont fait défaut pendant des siècles. Jusqu’au 16ème siècle, la langue française ignore la lesbienne en ne la nommant pas. Aucune législation spécifique n’a vraiment réprimé l’amour entre femmes.

Les « vilaines » (anciennement appelées tribades) sont les courtisanes, les prostituées, les hétaïres (Femme éduquée et de haut niveau social qui offre compagnie et services sexuels, souvent de manière non ponctuelle) de la Grèce antique, les femmes de mauvaise vie, mais aussi et surtout les disciples de Sapho. A l’époque de la Renaissance, où l’homme se prend pour le centre du monde, aimer une femme se réduit à des techniques sexuelles très approximatives et vaguement animales. Elles s’entrefrottent, rien de plus. Que pourraient-elles faire d’autre d’ailleurs, celles à qui manque le phallus. Leurs étreintes, privées de ce seul objet de plaisir, ne peuvent être qu’une pâle imitation, une contrefaçon de l’amour que les hommes font aux femmes. « Une femme qui abuse d’une autre femme » définition de 1762 dans la « 4ème Édition du Dictionnaire de l’Académie », qui va s’imposer jusqu’au début du 20ème siècle, sous l’influence des nouvelles découvertes, faites par des hommes, de l’anatomie féminine.

Diderot parle d’une « espèce de dépravation particulière aussi inexplicable que celle qui enflamme un homme pour un autre homme ». C’est de la faute du clitoris. La Tribade est une « femme dont le clitoris a pris un développement exagéré et qui abuse de son sexe ». Le mot « lesbienne » apparaît en 1904, dans le Nouveau Larousse illustré avec le sens de « femmes aimant les femmes » Toute sexualité qui n’a pas pour finalité la reproduction de l’espèce est considérée comme anormale. Puis une dichotomie entre sexe anatomique et instinct sexuel va faire école aussi bien chez les médecins que dans l’inconscient collectif. Sous l’influence des mouvements féministes, le terme de lesbienne va connaître des inflexions importantes en se teintant d’une coloration politique et idéologique.

L’homosexualité féminine reste encore sujette à discrimination et à propos lesbophobes, qui empêchent certaines femmes d’assumer ce qu’elles sont et de s’épanouir. Un sondage SOFRES en 1997 révélait que 80 % des jeunes homo intérrogés disaient mener une double vie et ne pas assumer leur homosexualité ; 10 % d’entre eux la vivaient sur le mode du refoulement. Au final, seuls 10 % de la jeune population homosexuelle pouvaient affirmer sans baisser les yeux, « être bien dans sa peau ».

La suite des questions posées seront dans le prochain article; donc

à suivre

le lien d’un article paru sur le blog libidosexualité que vous pourrez suivre

http://www.libidosexualite.com/2011/01/homophobie-ou-la-haine-du-different-dans-la-transgression-des-preferences-sexuelles/

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L’homosexualité n’est pas une maladie (même Freud – encore lui – l’a dit). N’étant pas une maladie il n’y a rien à soigner; par contre à chercher les causes de cette orientation sexuelle détourne de la réalité à savoir celle de bien ou mal vivre sa sexualité. Comme tout mal-être entraine des perturbations de toutes sortes la conduite d’une thérapie sera de mettre en évidence la manière dont s’est construite, à l’adolescence,  la sexualité en considérant la personne dans sa particularité – quelle  que soit sa particularité -  dans son contexte parental, social et culturel. La plupart du temps l’homosexuel doit passer par la phase d’acceptation de son orientation sexuelle; c’est ce passage qui ne se fait pas sans heurt, sans souffrance que le thérapeute doit regarder avec attention. Comme l’hétérosexualité l’homosexualité n’a pas qu’une seule cause, ni une seule forme et ne contient pas dans une seule théorie. (Œdipe mal vécu, identification au père absent, mère omniprésente ou rien de tout cela…)

Précédemment nous avons vu  que la sexualité se définit dans l’inconscient collectif comme étant hétérosexuelle. La période de l’adolescence est une période pendant laquelle se construit la sexualité, or, rien n’est fait pour que l’adolescent vive une expérience qui s’éloigne de ce but : la procréation étant presque une obligation…Partant de cela l’adolescent qui ressent une attirance vis à vis d’un même que lui s’en trouvera désorienté. La construction de l’identité gay dure en moyenne une quinzaine d’années pendant lesquelles se mêlent la confusion, les incertitudes, les interrogations, les conflits intérieurs autant de temps où la personne vit la solitude la plus complète, échangent des relations problématiques.

La découverte de l’homosexualité se fait différemment selon que l’on est fille ou garçon.   Les garçons passent par des expériences qui ont pour objet le sexuel; les filles vivront des expériences subjectives, les sentiments  amoureux; il n’y a un passage à l’acte qu’après avoir reconnu les sentiments, le désir. Ce passage de reconnaissance pendant lequel l’adolescent intègre les dimensions internes et externes débouchera sur ses préférences sexuelles.

Dès lors c’est un long processus qui se met  en marche. Accepterais-je mon homosexualité ? Si, oui, en assumerais-je l’attirance et accepterais-je de vivre mon désir ?La deuxième phase sera de se faire accepter comme tel à la famille, à la société. Ce processus est souvent difficile, même si l’homosexualité est beaucoup mieux accepté de nos jours.  En façade.(Voir le procès qui s’est déroulé ces jours-ci. Un homosexuel a été roué de coups,agressé sexuellement; laissé pour mort après un coma dont il ne devait pas sortir indemne…)Processus donc qui va chambouler les rêves des parents (les petits enfants, la pérennité de l’espèce, la transmission du nom); qui bousculera la vie intime  loin des contes de l’enfance (ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants); processus enfin qui obligera à vivre socialement son homosexualité au risque d’être montré du doigt – ceci étant un moindre mal – quand l’homosexuel n’est pas tabassé, ou bien à la cacher (ne pouvant l’assumer)jusqu’à rendre sa vie et celle des autres infernales…Pour toutes les raisons qui incluent forcément un choix, il y aura un deuil à faire. Et un deuil, quel qu’en soit le motif, passe par un processus long et difficile au terme duquel il y a acceptation ou refoulement qui crée la pathologie.

Différentes phases du deuil:

  • Déni : non, ça ne peut être vrai, je ne suis pas homosexuel; ça va me passer.
  • Colère : pourquoi ça m’arrive à moi ?
  • Négociation : je l’éviterais à tout prix
  • Dépression : comment serais-je heureux ?
  • Toutes ces étapes prennent du temps avant que survienne le refus ou
  • l’acceptation. Car enfin accepter de ce que l’on ressent dans nos pensées, ce que demande le corps est déjà avoir la solution pour vivre heureux.

Car l’homosexualité n’est ni une tare  ni une dégénérescence. C’est la manière de  la vivre, de la cacher ou de l’afficher qui fera toute la différence…

Pour conclure nous allons donner la parole à Shakespeare  » Ce qui ne peut être évité il faut l’embrasser ».

Je vous embrasse ami-e-s lecteurs

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Vous viendrait-il à l’idée de traverser l’océan, même pas déchaîné, dans une périssoire (petite embarcation plate et allongée, manœuvrée à l’aide d’une pagaie double)? Bien sûr que non, n’est-ce-pas! Et pourtant c’est de cette manière que la plupart d’entre nous s’embarque dans la vie. Nous traversons l’océan qu’est la vie dans une embarcation aléatoire en refoulant systématiquement nos émotions. Ces dernières se retournent contre nous et nous invalident. Les émotions refoulées jouent un rôle fondamental dans l’apparition de la maladie (le mal a dit) mais aussi dans le rétablissement du malade dès l’instant où ce dernier peut les exprimer. Il existe un lien étroit entre le cerveau et les défenses immunitaires (démontré depuis des décennies). Il a été prouvé que l‘émotivité d’un individu et sa réaction au stress constant peuvent être des facteurs déclencheurs de nombreuses maladies. Nous formons un tout indivisible et un organisme humain dans son entièreté est bien plus que la somme des parties.

Il n’y a pas de corps sans esprit pas plus que d’esprit sans corps.  Il y a 2500 ans de cela, Socrate disait déjà: « …Car la grande erreur de notre époque dans le traitement du corps humain est la séparation que font les médecins entre le corps et l’esprit ». Les émotions influencent la fonction de nos organes, l’intégrité de nos défenses immunitaires, les échanges de substances biologiques garant de l’état physique de notre organisme. L’isolement affectif, la solitude, la précarité, le stress chronique (professionnel, social…) affaiblissent nos défenses immunitaires. Les relations inadéquates qui ne comblent pas nos besoins les plus profonds vont agir de même.

Prisonnier du rôle qu’il a été obligé de tenir étant enfant, incapable de concevoir que lui aussi avait le droit de s’abandonner, de s’exprimer et d’être considéré digne d’attention, cet homme devenu adulte continue sur ses conditionnements appris, il refoule ses besoins élémentaires. Il continue à « assurer » en ramant dans sa périssoire sans se plaindre prêt à accepter d’envisager sa vie comme étant foutue.  Il ne traversera pas l’océan sur son embarcation de fortune. Á moins qu’il se rende compte que sa maladie est un moyen pour son corps de rejeter cet envahissant sens du devoir avec lequel il a entretenu tout le monde sauf lui-même.

Quand on n’a pas appris à dire NON de manière adéquate, notre corps se charge de le dire pour nous. Dire Non c’est accepter de dire ses émotions au risque de déplaire; mais aussi de bénéficier d’une réconciliation corps /esprit; c’est encore retrouver la responsabilité envers soi-même et de ses propres choix pour ne pas rester dans  le duel infernal qui tapisse les relations acquises et aveugles. Se vouloir être le protecteur de l’autre en le protégeant de nos propres émotions, est refouler ce qui, exprimé rendrait consciente la relation et la responsabiliserait.

Alors on se dit tout? L’agréable et le déplaisant?  La peur et la joie? La honte et l’humiliation? La fierté et la mesquinerie? Enfin tout quoi!

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Vous l’avez remarqué les fantasmes sont intimement liés aux désirs qui nous habitent au plus profond de notre être. Ces désirs envahissants, agressifs et la plupart du temps sexuels cherchent leur satisfaction immédiate en se fichant éperdument  de la réalité. C’est alors que vont se substituer à la violence des désirs les fantasmes.

Heureusement pour nous et pour notre entourage que le Moi veille (inconsciemment ou consciemment) faisant jouer une mise en scène psychique les fantasmes qui satisferont des désirs impérieux qui ne peuvent être satisfaits dans la réalité.

Cet homme était pétri de désirs pour sa belle-mère. « Je n’y peux rien, elle m’obsède, c’est comme ça » Par «égard» pour sa jeune femme, le fantasme venait à la rescousse de cet homme le  satisfaisant psychiquement tout en abaissant la tension qui l’agitait. Le fantasme n’étant assujetti à aucune morale cet homme vivait une relation fantasmatique avec sa belle-mère sans que sa femme en supporte les conséquences. Il réalisait ainsi un désir incestueux inconscient autorisé par son fantasme qui l’empêchait de passer à l’acte.  Y succomberait-il son désir n’en serait pas pour autant satisfait. Car peut-on être satisfait d’enfreindre la loi de l’inceste ?

Théâtre mental permanent de notre psyché, le fantasme décharge la tension liée au désir qu’il aiguise ; ingrédient nécessaire au couple le désir entretiendra la relation la rendant satisfaisante.

Pour autant le fantasme reste un compromis entre le refoulement jamais total d’un désir impérieux impossible à satisfaire et un Moi apeuré.

Le fantasme aussi rapide qu’un flash, toujours le même, qui se répète n’est jamais nettement perçu par la conscience. Cette scène fantasmatique ne s’affiche pas  mentalement ; cependant nous en ressentons émotionnellement les effets sans pour cela pouvoir attribuer à la scène l’origine émotionnelle.

Un sentiment d’amour, de jalousie ou de dégoût peut-être suscité par une scène invisible située dans l’inconscient pour calmer l’ardeur d’un désir sexuel ou agressif qui exige d’être satisfait.

Cette jeune fille avait pour son père un amour véritable mais ne supportait pas sa proximité.  « J’ai peur dès qu’il s’approche de moi. S’il pose sa main sur mon épaule, je me dégage, sa proximité est insupportable. Dès que nous sommes éloignés je peux de nouveau avoir des sentiments pour lui ; prêt de moi il me dégoûte » Cette jeune fille éloignée de son désir incestueux hors de la présence paternelle éprouve répulsion et dégoût dans sa présence : le dégoût pour le père est l’envers d’un intolérable désir incestueux.

« Encore un qui me prend pour un imbécile, comme mon père ! Je vais lui montrer moi à cet abruti que je ne suis ni manchot ni débile en lui fracassant les genoux ; il ne pourra se déplacer qu’en fauteuil roulant » Jérôme criait avec violence la haine  pour son père qu’il ne pouvait plus atteindre. Ce père décédé n’a jamais pu apprécier les qualités de Jérôme pas plus que Jérôme ne put lui démontrer la réussite de sa vie.

Assez pour aujourd’hui ! Parce qu’ils nous assaillent sans que l’on n’en soit conscients les fantasmes feront encore les beaux jours de mes articles.

Passez une très belle journée.

Plume blanche dans l'eau bleue Comme nous l’avons vu précédemment nous sommes régis par deux principes : le couple plaisir/réalité. Le principe de réalité entraînera souvent le déplaisir. Pour éviter le déplaisir (surtout dans l’enfance) il se met en place  un processus qui repousse dans l’inconscient tout ce qui pourrait provoquer le déplaisir; ce processus, n’est autre que le  refoulement.

Cependant le développement psychique d’un enfant se construit sur des refoulements successifs : de la succion au repas à la cuillère, de la couche au pot, etc… Ces petits déplaisirs là, inhérents à la vie d’un être, le font évoluer. Toutefois, si tout est autorisé à l’enfant sans aucun discernement, si tout lui est donné sans qu’il ait à demander, si tous ses caprices sont satisfaits sans qu’on lui oppose de limites raisonnables, l’enfant sera immergé dans un flot émotionnel qu’il ne pourra gérer. Dans de pareilles circonstances, dont la répétition entraînera du stress, l’enfant ne connaîtra pas le plaisir, ne pourra se situer dans son désir ; partant du principe qu’il suffit d’exiger pour obtenir il n’éprouvera aucune joie à avoir. À recevoir. Il sera pareil à un marin sans boussole dans une mer déchaînée. Croyant bien faire, par ignorance ou laxisme, les adultes transformeront ces enfants en futurs adultes blasés, désabusés.

Cet état émotionnel sera d’autant plus violent quand l’adolescent devra vivre le bouillonnement des pulsions sexuelles au moment de la puberté. Si par la difficulté, voire l’impossibilité (parce qu’on ne lui a pas appris) à apprivoiser ses pulsions, s’il continue à les vivre sous le registre du plaisir en niant la réalité à laquelle la vie sociale (entre autre) nous oblige, le jeune individu se confrontera à des dilemmes angoissants pour lui . « On voudrait, on ne peut pas faire son pipi partout comme le chien de grand-mère » chantait Marie Josée Nat quand j’étais gamine; or, ne vouloir rester que dans le plaisir finira par créer des dommages physiques autant que psychiques. Ces dégâts engendrent un conflit entre le plaisir – état désiré – et le déplaisir auquel on est contraint. Papa Freud disait : La pulsion est la représentation mentale d’une excitation corporelle. Elle a sa source dans le corps.

Le corps s’exprime par un langage particulier, non verbal. Au travers de ce langage corporel on peut discerner ce qui a été refoulé,: elle somatise. Un corps  ou un esprit qui souffre n’a pas de plaisir. Dans le cas contraire, si il y a plaisir, il y a « amour » de la douleur qui par des mécanismes pervers composent le masochisme. On en parlera une autre fois. s’inscrit dans la personne

Or, le plaisir ne peut surgir si celui-ci a été refoulé suite à un traumatisme quel qu’il soit. D’un trauma physique, psychique (l’un entraînant bien souvent l’autre) le corps en garde une trace mnésique indélébile; l’inconscient le garde en mémoire en le refoulant.

C’est dans l’expérience vécue de l’enfance qu’il faut rechercher les causes profondes du conflit sexuel, écrivait la doctoresse H.MICHEL-WOLFROMM dans « Cette chose là ». Dans la proximité de l’écoute en consultation, on entend la plainte de personnes dans leur relation de couple. On note souvent le déplaisir, quand par exemple, l’acte est vécu comme une obligation (devoir conjugal); par le seul désir d’un partenaire –  » Mon mari ne pense qu’à ça » disait cette patiente. Ou encore « Je suis frigide; ou, j’ai des douleurs au moment de la pénétration; j’ai l’impression d’être anesthésiée : je ne ressens ni désir ni plaisir ». Toutes ces paroles entendues signent le déplaisir par le symptôme qui en dit plus long sur la nature de l’inconscient que du désir de retrouver un quelconque plaisir à satisfaire.

Parce que les enfants non entendus deviennent des adultes sourds, indifférents, violents voire cruels. Ils reproduisent les mêmes schémas vécus dans l’enfance sous une forme violente peu visible de l’extérieur. La sexualité est le lieu où s’exprime cette violence. Les atteintes à l’intégrité de la personne – comme c’est le cas dans le viol, l’inceste, la prostitution – sont camouflées dans des plaintes qui déguisent la réalité de ces drames et qui se révèlent dans un esprit tourmenté et un corps morcelé.

L’horreur, la honte, le dégoût, la culpabilité, l’angoisse ont chassé – et souvent pour toujours – l’idée même du plaisir en créant des liens de dépendances, entraînant chez la personne des comportements compulsifs…

« Eh, bien dites donc ! Il y a urgence à changer mon comportement avec mon fils » me disait Aline, mère d’un enfant qu’elle rendit tyrannique à force de tout accepter de lui. Il a 10ans et lève déjà la main sur sa mère, espérant sans doute qu’elle se rebiffe.

Nous en débattrons au SEX-O-CAFE. Passez une semaine légère et joyeuse, dans le plaisir, sans excès.


La Lune blafarde, cette américaine moucharde ainsi que la nommait Léo Ferré, serait-elle espionne de nos nuits? Oui, certainement si l’on en juge par sa capacité à changer de formes jusqu’à disparaître complètement lors de la Nouvelle Lune. La Lune n’est visible que parce que le Soleil l’éclaire. En cela elle symbolise la dépendance et le principe féminin, la périodicité et le renouvellement. Elle agit sur les rythmes biologiques, les humeurs des femmes et leurs menstrues, (le cycle lunaire de 28 jours est identique au cycle féminin) et les marées. Tout le monde sait cela, n’est-ce-pas?

La Lune contrôle tous les plans cosmiques : eaux, pluie, végétation, fertilité.

Elle est la mesure du temps qui passe. Elle apparaît pleine, ronde pour disparaître totalement pendant trois jours. Elle se nomme à ce moment là, Nouvelle Lune. Mais son éclat réapparaît croissant après croissant et symbolise le passage de la vie à la mort et de la mort à la vie.

En astrologie elle joue un rôle aussi important que le Soleil.  Parce que son principe est passif mais fécond, elle représente la nuit, l’inconscient, l’imagination, le psychisme, le rêve. Son cycle symbolise le féminin, l‘instabilité, ce qui est transitoire et influençable. Où était nichée votre Lune à votre naissance?  Le sachant vous apprendriez l’importance de l’influence maternelle dans votre vie. Pour l’astrologue la Lune témoigne de la part d’âme animale de l’enfant.  Celui-ci dans son état d’être végétatif, ne peut subsister que par les soins prodigués par sa mère. On retrouvera dans le thème de l’adulte la dominance de la vie archaïque, végétative, artistique et animiste de la toute première enfance. Ses pulsions instinctives. Elle indiquera le « primitif » qui sommeille en nous et se révèle dans les rêves, les fantasmes (encore eux!) l’imaginaire. Tout ce travail nocturne se fait à notre insu et  façonne notre sensibilité profonde.

La Lune du 6 août sera Pleine ce jeudi 56 minutes après minuit. Notez vos rêves, plus prégnants dans cette phase lunaire. Vous ne pourrez empêcher votre imagination de vagabonder la Pleine Lune favorise aussi ce phénomène. Elle accentue la tendance à la nervosité, à la tristesse, à une espèce de neurasthénie, à avoir le bocal plus agité que d’habitude…Ou au contraire  pour les extravertis elle décuple surexcitation, joie, rend plus  enclin à la rigolade. N’avez-vous jamais entendu : « Pour être dans un tel état la Pleine Lune n’est pas loin! »

N’oublions jamais que cet astre éclaire notre chemin.

La Lune Noire, est-ce l’absence de Lune ? m’interrogeait Clotilde. Non, la Lune Noire est un point fictif dans le Ciel dont l’importance est capitale dans le thème astrologique. C’est Lilith, la première femme d’Adam, (les voilà de retour) dont la particularité était d’avoir un sexe qui s’ouvre dans le cerveau. Elle préfigure l’intangible, l’inaccessible, la présence démesurée de l’absence, l’hyperlucidité douloureuse tant elle est intense. Elle incarne la solitude vertigineuse, le vide absolu.

Par une belle nuit de Pleine Lune, entre amis nous évoquions Adam et Eve, lorsque je faisais remarquer que la première femme d’Adam était « Lilith, la salope ». Salope parce que Lilith représente notre face sombre,  tous les démons qui nous habitent, celle qui anéantit les lieux où elle passe. Vous l’aurez compris, Lilith n’est pas aimée et pourtant!  La Lilith porte en elle cette force immatérielle qui va tout transfigurer sur son passage grâce au don absolu de Soi et qui n’est autre que la Sublimation. La sublimation consiste à transformer une énergie sexuelle en une énergie créatrice. Lilith est toujours liée à des phénomènes extrêmes qui naviguent entre refoulement et fascination.

Lilith symbolise le Karma que nous devons purger, l’obscurité à éclairer, la mauvaise énergie à vaincre. Elle permet de se remettre en question dans la recherche de l’absolu. Elle préfère se détruire  plutôt que d’abdiquer. À force de travail sur nous même, Lilith nous autorisera à trouver le passage de la porte étroite, pour accéder, libéré, à  la Lumière.

De ce pas, je vais regarder où est la Lilith de mon fiancé! Et vous qu’attendez-vous pour savoir où se trouve la vôtre? Si vous avez besoin d’aide… contactez-moi!

Vous viendrait-il à l’idée de traverser l’océan, même pas déchaîné, dans une périssoire (petite embarcation plate et allongée, manœuvrée à l’aide d’une pagaie double)? Bien sûr que non, n’est-ce-pas! Et pourtant c’est de cette manière que la plupart d’entre nous s’embarque dans la vie. Nous traversons l’océan qu’est la vie dans une embarcation aléatoire en refoulant systématiquement nos émotions. Ces dernières se retournent contre nous et nous invalident. Les émotions refoulées jouent un rôle fondamental dans l’apparition de la maladie (le mal a dit) mais aussi dans le rétablissement du malade dès l’instant où ce dernier peut les exprimer. Il existe un lien étroit entre le cerveau et les défenses immunitaires (démontré depuis des décennies). Il a été prouvé que l‘émotivité d’un individu et sa réaction au stress constant peuvent être des facteurs déclencheurs de nombreuses maladies. Nous formons un tout indivisible et un organisme humain dans son entièreté est bien plus que la somme des parties.

Il n’y a pas de corps sans esprit pas plus que d’esprit sans corps.  Il y a 2500 ans de cela, Socrate disait déjà: « …Car la grande erreur de notre époque dans le traitement du corps humain est la séparation que font les médecins entre le corps et l’esprit ». Les émotions influencent la fonction de nos organes, l’intégrité de nos défenses immunitaires, les échanges de substances biologiques garant de l’état physique de notre organisme. L’isolement affectif, la solitude, la précarité, le stress chronique (professionnel, social…) affaiblissent nos défenses immunitaires. Les relations inadéquates qui ne comblent pas nos besoins les plus profonds vont agir de même.

Prisonnier du rôle qu’il a été obligé de tenir étant enfant, incapable de concevoir que lui aussi avait le droit de s’abandonner, de s’exprimer et d’être considéré digne d’attention, cet homme devenu adulte continue sur ses conditionnements appris, il refoule ses besoins élémentaires. Il continue à « assurer » en ramant dans sa périssoire sans se plaindre prêt à accepter d’envisager sa vie comme étant foutue.  Il ne traversera pas l’océan sur son embarcation de fortune. Á moins qu’il se rende compte que sa maladie est un moyen pour son corps de rejeter cet envahissant sens du devoir avec lequel il a entretenu tout le monde sauf lui-même.

Quand on n’a pas appris à dire NON de manière adéquate, notre corps se charge de le dire pour nous. Dire Non s’est accepter de dire ses émotions au risque de déplaire; mais aussi de bénéficier d’une réconciliation corps /esprit; c’est encore retrouver la responsabilité envers soi-même et de ses propres choix pour ne pas rester dans  le duel infernal qui tapisse les relations acquises et aveugles. Se vouloir être le protecteur de l’autre en le protégeant de nos propres émotions, est refouler ce qui, exprimé rendrait consciente la relation et la responsabiliserait.

Alors on se dit tout? L’agréable et le déplaisant?  La peur et la joie? La honte et l’humiliation? La fierté et la mesquinerie? Enfin tout quoi!

La Passion

Bien que l’on ait envie de dire sans réfléchir « Oui,on peut être amoureux  sans pathos! » le mot passion contient une définition de souffrance tant et si bien que la question en devient inutile. Dans sa racine « passion » veut dire pathos et la pathologie est l’étude des passions. La passion est « un mouvement violent, impétueux de l’être vers ce qu’il désire, une émotion puissante et continue qui domine la raison » écrit Roland Gori dans la logique des passions.

Sachant la pluralité des passions, de celle du jeu à celle du collectionneur ou celle du toxicomane pour le produit dont il est dépendant, je ne parlerai ici que de la passion amoureuse…Dans tous les cas la passion s’exprime dans un rapport à l’objet, aussi elle peut être considérée autant comme une faiblesse que comme la marque d’une grande âme. Elle peut être une défaillance de la raison mais aussi indiquer une intensité de sentiment permettant à une force vive d’accomplir de très grandes choses. Dans « Pour introduire le narcissisme », de la passion Freud disait « elle a la force de supprimer les refoulements… », et R.Gori, précédemment cité, parle des passions comme étant « les discours de souffrance« . Alors peut-on aimer sans pathos? « Non, puisque l’amour est une névrose » me répondit l’amie à qui je posai cette question…il y a belle lurette! Et elle avait raison car comme Freud elle avait découvert sans jamais l’avoir lu « que les symptômes constituaient la manière d’aimer du névrosé » et découvrait à l’instant même de ses dires qu’être passionné était être dans la souffrance.

Qu’en est-il des femmes qui veulent représenter « tout » pour celui qu’elles aiment? Être leur femme, leur amante, leur sœur, leur putain, sans oublier  leur mère? C’est bien de cela dont il s’agit : l’on cherche dans l’amour soit à donner ce que l’on a reçu ou pas, soit à combler l’Autre de ses propres manques. Combler les failles, les carences de l’Autre. « Tu es tout pour moi » comme le lui a dit sa mère qui n’a pu tenir les engagements « fantasmés » par l’enfant. Une récurrence en thérapie est que les hommes ne peuvent aimer la femme qu’ils désirent et ne désirent pas celles qu’ils aiment, celle-ci étant trop proche de la mère « interdite » (sexuellement)

Une personne follement amoureuse est dépossédée d’elle-même, n’a plus la maîtrise de ses pensées ni de ses actes. Elle va s’entourer de vide pour le combler d’une seule et obsessionnelle présence: son objet d’amour; faire le vide relationnel pour ne vivre que ce « tout » qu’est l’Autre ». « Tu es ma vie, le sang qui coule dans mes veines… »Qui a connu la passion a dit ou entendu ces mots.

La passion ne serait que la résurgence d’un sentiment éprouvé dans l’enfance où se mêlent la peur de perdre – suite à la séparation maternelle ressentie comme étant abandonné d’elle – et l’aliénation à cet amour  illusoire. Le sentiment de détresse vécu lors de la passion est générée par la peur d’être abandonné, la résurgence d’une passion originaire dont on n’a plus la trace mnésique, et non pas produit par les effets de la passion en train de se vivre. Cet état de détresse va amener le passionné au dénuement le plus absolu, aussi bien physique que psychique; dénuement qui le dépossède totalement tant au niveau relationnel que pécuniaire, l’argent étant le signifiant suprême. « A quoi me sert d’avoir, de posséder de l’argent, puisque je t’ai et par toi je suis »

Parce que là encore la passion exprime le lien secret – et inavouable – à la mort et à la destruction pour ceux qui s’y adonnent de tout leur être. L’amour fou peut conduire les passionnés au suicide en réactualisant tous les manques, tous les traumatismes de l’enfance…quand la tentative a échoué.

Ok, mais sur le chemin de l’amour ne passe pas forcément la passion?

La passion amoureuse est comme une maladie que l’on aurait contractée mais qui, ensuite, garantit l‘immunité. Et ce n’est qu’après que l’on peut vivre le vrai et bel amour sans pathos. Mon amie qui me disait cela avait l’air de savoir de quoi elle parlait. Ouf! Je l’ai échappé belle et vous, où en êtes-vous?

Le Corps encore

Certaines personnes se sont construites sur leur seule volonté (je veux y arriver), cimentées par le seul  désir de parvenir à leurs objectifs (j’y arriverais), bétonnées par leur réussite (je me suis faite toute seule). Alors, pourquoi parvenues à un tournant de leur vie, tout  l’édifice se fissure, se délabre, finit par s’effondrer? Parce qu’un corps ligoté, sous tension d’une pensée exigeante, tyrannique, s’enferme dans un carcan, une cuirasse qui semblait, pour ces personnes, indestructible. Parce qu’un corps muselé comme  la presse iranienne ne distribue plus l‘énergie du centre vers les  organes périphériques – visage, mains, pieds et organes génitaux – organes des sens, extrémités qui établissent le contact avec le monde extérieur. L’excitation – pulsion de vie – prend sa source dans le ventre, dans les viscères, celle-ci ne se déplace plus à la périphérie. Cette excitation est bloquée par des tensions musculaires chroniques à la base de la tête – cervicales -, aux épaules, au pelvis, aux hanches et au coccyx. Le fonctionnement énergétique des organes est faible, le contact avec le corps et les sensations fortement réduits. Les émotions se dissocient du cœur qui malgré  une charge pulsionnelle faible peut paradoxalement devenir explosive. Effet de compression. Tension/ extension. La personnalité se scinde dès lors que les tensions musculaires qui maintenaient la cohérence de la personnalité s’effondrent; la périphérie est coupée  de son centre énergétique et de ses émotions.

Tous les signes de robustesse dont la personne tirait fierté,  effondrent son dos, créant un vide d’énergie qui  ne soutient plus la charpente. La sève ne monte plus dans le tronc vertébral. Pareille à la kundalini, la sève stagne dans le réservoir sacré, au sacrum, bouillonne à cet endroit,  sans  pouvoir monter le long du canal énergétique.  Les zones de tension se situent à la base du crâne,  aux articulations omoplates-épaules, à l’articulation coxo- fémorale, entravant les jambes qui se déplacent avec difficulté, voire se paralysent.

Ce sont les genoux (je-nous) qui restent raides comme la justice en refusant de plier à une demande émotionnelle : ces personnes sont coupées de leurs émotions. Si elles s’y attardent, elles en sont fortement perturbées. La pensée est bien trop rigide, bien trop disciplinée et ne peut agir selon un ressenti inexistant.

Ce sont les hanches, le bassin, inflexibles d’immobilité. Ne jamais pivoter, encore moins se retourner sur de possibles erreurs, leur rectitude, leurs certitudes tiennent lieu de tuteur. Socle du bas du dos, la ceinture pelvienne sous-tendue par la volonté d’avancer droit devant, aveugle à l’éventualité d’un obstacle, finit par se plier en deux en penchant inexorablement vers la terre. La cause serait-elle le trop de terre à terre sans s’y être jamais connecté?

De telles personnes ne se plaignent jamais (elles n’ont pas le temps pour ça; elles ont d’autres pragmatismes autrement plus importants qui ne concernent pas leur joie de vivre). Elles n’ont pas accès à leurs rêves nocturnes « Je ne rêve pas » disent-elles. Pas plus qu’elles n’ont de rêves diurnes. Comment pourraient-elles  rêver quand leurs émotions sont bâillonnées  par la pharmacopée en vigueur  qui les soulage de leur souffrance intense? Cortisone, morphine gonflent leur chair, contrôlent leurs muscles bloqués depuis longtemps tendus. Souffrance physique prise en charge par  un arsenal chimique qui fait barrage aux intempestives ondes émotionnelles,  endort le corps et l’esprit. Elles sont devenues toxicomanes et dépendantes de la prescription pharmaceutique.

Oui, et alors? Que faut-il faire demandent-elles, suppliant presque pour qu’on leur délivre l’ordonnance miracle qui les remettra droit dans leur bottes qu’elles ne peuvent plus chausser?

Peut-on vivre sans corps? Sans tête? Le corps parle de Je en tant que sujet. Il raconte l’histoire de nos émotions ignorées. Il somatise (conversion des troubles psychiques en symptômes corporels). Je, sujet somatise l’incorrigible façon de le maltraiter. Je révèle nos failles, notre opiniâtreté, nos doutes, nos certitudes, nos croyances erronées… Il raconte tout ce qui a été refoulé, remisé aux oubliettes, sacrifié au plaisir de vivre, à la joie,  au plaisir d’aimer. La tête séparée émotionnellement du corps a érigé en devoir sa façon de vivre oubliant le droit que tout être respectueux de lui-même se doit.

Alors, heureux ceux qui ont les comptes en banque pleins et le dos fracassé, vide d’énergie? Sont-ils plus heureux que ceux qui ont le dos fracassé et le compte en banque vide! Peut-être c’est à voir!

Le Ça : petite révision: chaque personne arrive sur terre avec un sac rempli de Ça. (A l’origine tout était Ça.) Influencé par le monde extérieur, l’environnement, une toute partie du Ça va se modifier et servir d’intermédiaire entre lui et l’extérieur. Cette infime partie échappée du Ça va  constituer le Moi. Or, nous l’avons vu, le Ça ne sait que désirer, il n’est pas raisonnable puisqu’il n’est que pulsionnel. Il ne satisfait qu’à ses besoins innés en n’obéissant qu’au principe de plaisir, qu’à ses besoins instinctuels.

La fin en soi du Ça n’est ni la conservation de la vie ni une protection contre les dangers. Il est totalement inconscient, n’est-ce-pas? C’est au Moi à qui il appartient de s’occuper du travail d’auto conservation et de protéger des dangers.  Bien que les pulsions soient multiples il s’en dégagent deux fondamentales : La pulsion de vie (sexuelle d’auto conservation, conservation de l’espèce, se nourrir, se défendre) et la pulsion de mort; les deux sont opposées l’une à l’autre ou se combinent l’une et l’autre. L’une étant de conserver, l’autre de détruire. En fait c’est de cela dont il s’agit quand le Ça saute la barrière du refoulement pour se transformer en symptômes somatiques (corporels), ils s’expriment pour dire le malaise de la psyché. C’est à ce moment là que le Ça crée.

Par la force constante, somatique (qui s’exprime par et dans le corps) le Ça par la pulsion représente une excitation pour le psychisme. Les différentes pulsions se rassemblent en deux groupes qui fondamentalement s’affrontent : la pulsion de vie et la pulsion de mort. Eros et thanatos. C’est dans cette dernière que va se nicher le « mal a dit« . Dans la maladie le Ça se met en évidence en s’exprimant par des symptômes corporels. La maladie est une perversion du corps à multiples  facettes, le lieu où va s’exercer  « sauvagement » sa créativité. C’est aussi pour les thérapeutes la voie royale qui permet d’appréhender l’être humain. Le Ça est la « verbalisation » de la chair. Or, pour comprendre la maladie il est nécessaire d’aller fouiller dans l’inconscient, l’inconscient restant le dernier lieu où s’ affiche la liberté individuelle. Son propre lieu, inaliénable. Groddeck, créateur du Ça, disait à ce propos : Si la maladie était comprise, elle risquerait de se trouver à son tour, comme la sexualité, aliénée. Car le Ça, totalement inconscient (est-il utile de le répéter?) tend à révéler l’état de celui-ci.  Les rêves, les lapsus, les actes manqués en dessinent les contours. La maladie en raconte le symptôme. Le Ça sert à raconter l’histoire, la nôtre, histoire refoulée au plus profond de nous-même. Telles des bulles remontant des profondeurs de l’océan (l’inconscient) et exploseraient, incontrôlables, à la surface de l’eau (conscient).

Le Ça, sert donc à ça: à crever l’abcès pour permettre l’accès à notre inconscient. Si l’on ne sert pas du Ça  pour explorer notre inconscient, il va agir dans son domaine (pulsionnel).  Avant d’être débusquée, la maladie s’exhibe sur le devant de la scène par la plainte (ça me fait mal; j’ai peur; je ne dors ni ne mange plus; je n’ai plus de désir;  la vie n’a aucun sens…etc…) Autant de symptômes révélateurs d’un ça qui ne cherche qu’à se dire, qu’à franchir la barrière de l’inconscient.  Ne pas s’en préoccuper ou refuser tout diagnostic ouvrira le lit de la pulsion de mort qui œuvrera en menaçant la santé du psychisme et agira sur un mode agressif, auto destructeur.

Et que crée le Ça? – Des comportements inadéquats – La maladie – Des passions destructrices – Des besoins compulsifs – Du sadisme – Des passages à l’acte : agressivité contre soi ou les autres;  violence contre soi ou les autres; les tentatives de suicide ou le suicide réussi…La destruction de soi ou des autres qui se soldera à plus ou moins longue échéance par la mort.

D’un Moi non discipliné rejaillira un Ça qui ordonne de jouir à l’extrême et sans entrave. Or, la jouissance totale est impossible et la rendre possible est un billet d’aller simple pour la mort…

Nous n’en sommes pas là, n’est-ce-pas? Portez-vous bien sans museler votre Ça et ça ira!