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Posts tagged ‘sex toy’

La salle n’était pas la même, je sais! Il y faisait chaud, trop chaud, je sais! La clim était détraquée m’a-t-on dit le lendemain. Des 54 inscrits, seulement (et heureusement!) 33  ont tenu leur engagement et c’est bien ainsi. Notre chère Anne a noté que 30°/° des personnes sont revenues ce qui a permis à 70°/° nouveaux participants de connaître le sex-o-cafe. L’ambiance était aussi joyeuse et décontractée que lors du premier rendez-vous.

Derrière la table qui nous servait d’écritoire, de repose verres et de points d’appui nous étions sagement assis. Liliane toujours modératrice experte menait le débat avec conviction. Á son côté droit Christophe Ghuibaudo en verve ce soir là. Et moi, Lyliane, écoutant le discours en intervenant sur la pointe des mots mais bien à propos malgré la mauvaise acoustique de la salle. Le décor en place que se passât-il dans cette deuxième session?

  • Christophe nous fit un long exposé dans lequel médecine et psychiatrie se mêlaient.
  • La douleur et le plaisir se passent dans la même zone du cerveau.
  • Les Schizophrènes  et les psychopathes sont dans l’incapacité à atteindre le plaisir. Les pervers ont du mal à canaliser leur plaisir.
  • Le désir provient d’une pulsion. Volonté irrésistible d’obtenir quelque chose.
  • Évoque les théories de Lacan : tout désir satisfait est automatiquement détruit. De Goethe : le désir satisfait s’accroît; il demande à l’assistance qui est pour la théorie de Lacan, qui pour celle de Goethe ? Le désir a la capacité de se détruire pour perdurer.
  • Le désir amoureux est une pulsion. Une volonté très importante de se rapprocher d’une personne – rêve obligatoire des désirs amoureux.

Lyliane : quand on parle de rêve, on parle de fantasme avant tout; le désir étant une pulsion formatrice d’un fantasme.

  • Le désir amoureux continue Christophe se décompose ainsi:
  • 1er temps     : ressenti corporel (on n’a plus faim, plus sommeil). On peut vivre d’amour et d’eau fraîche.
  • 2ème temps : image des représentations, volonté de s’imbriquer, état fusionnel.
  • 3ème temps : préserver toujours la distance.
  • 4ème temps :  attraction, valorisation de toujours plaire à l’autre. Accepter les différences en les valorisant.

Olivia ouvre le débat : Dans le désir il y a un facteur temps; elle cite F. Beigbedé qui dit que l’amour dure 3 ans. Alors que ce que dit Christophe paraît génial !

Liliane : 3ans ont été déterminés par la fonction originelle : donner la vie, la procréation.  Temps nécessaire pour que le passage de l’acte sexuel à l’enfantement jusqu’à l’autonomie de l’enfant et que ce dernier puisse se « débrouiller » sans ses deux parents.

Lyliane : la venue d’un enfant transforme les liens du couple. Trop souvent les femmes oublient leur féminité tandis que les hommes « tuent » la femme et ne voient que la mère.

Francis : il y a des animaux qui sont ensemble pour la vie !!!

Liliane : il faut sortir de ce schéma et travailler sur l’entretien de ce désir.

Nadège : Si on entretient la distance on entretient le désir. Le désir n’aboutit pas forcément au plaisir

Lyliane : le désir ne provient que d’un manque…ce à quoi Nadège rétorque en évoquant Nietzsche et sa philosophie.

Nadège : s’adressant à Lyliane : c’est votre position mais le désir peut venir d’un trop plein, d’un débordement.

Lyliane : je me positionne en tant que psychothérapeute et non philosophe.

Aline : on sait très bien donner le plaisir à l’autre

Bernadette : Les disputes dans le couple peuvent amener à des discussions qui peuvent engendrer des distances qui font renaître le désir.

Lyliane : comme le rappelle le titre d’un bouquin de   « Du bon usage des crises »

Anne : Il est nécessaire de se créer des limites et de ne pas sombrer dans l’amour fusionnel.

Edith : Le désir est-il toujours partagé? Qu’est-ce qui se passe quand il ne l’est pas ?

Anne : sa différence m’intéresse.

Christophe : Si la personne est névrotique, elle en arrive à des actes « médico-légaux ».

Liliane : On peut être dans le plaisir permanent de désirer.

Olivier : Le désir est différent à chaque étape de la vie. Plus tard : l’idéal est-il dans le fait de ne pas vivre en couple pour entretenir le désir ? La fameuse distance…Olivier raconte l’histoire d’un couple dont l’appartement séparé par un très long couloir, chacun des membres vivant à l’extrémité du couloir…

Éric : Les jeunes mamans ont très souvent de très longues périodes pendant lesquelles le désir n’existe plus. L’enfant d’abord. C’est pour ça que je suis là, au SEX-O-CAFE. Mesdames, laissez-vous aller et ne pensez qu’à votre plaisir.

Olivier : Dans un couple, il est indispensable de ne pas culpabiliser et de se retrouver régulièrement pour redevenir amants – toute la famille s’en portera mieux – les enfants recevront des signaux de bonheur et d’indépendance. Une autre fois : le désir ne fait que se renforcer si on est autant dans l’attente, l’espoir. Différents niveaux au sujet de la distance; avoir des pôles d’intérêts séparés, et communs pour mieux se retrouver.

Lyliane pensait mais ne l’a pas dit : « C’est beau et vrai comme du Didier Dumas, ce que vient de dire Olivier »

Coralie : BHL entretient le désir avec Arielle en habitant dans des appartements séparés, à l’étage au dessus. Distance qui respecte l’activité de l’autre.

Christophe : parle des différents stades de la sexualité (stade oral…)et de la fée qui viendrait supprimer ce premier désir.

Laura avec son merveilleux accent : c’est vrai mais dur à établir.

Femme brune au fond (je n’ai pas entendu son nom, si elle l’a dit, qu’elle m’en excuse) : le plaisir d’un homme est aussi un plaisir pour la femme. Tout la pub, les chansons, les vidéos sont construites dans ce sens (pour donner du plaisir à l’homme)

Nathalie : c’est difficile d’entretenir le plaisir et le désir dans un couple avec enfants après 15 ans de vie commune.

Éric : l’idéal est quand les deux participent. Désir + plaisir + amour c’est l’idéal.

Liliane : je voudrais savoir comment font les hommes pour pouvoir faire l’amour sans sentiment et est-ce que la jouissance est la même?

Laura : il faut aussi savoir demander de l’aide

Anne : Les femmes gèrent plusieurs domaines à la fois; elles oublient le moment présent.

Liliane : il faut arriver à se défaire du contexte social.

Nathalie (autre) : poids des images que la société renvoie, schémas familiaux, influence réaliste de la femme.

Éric : Avis aux femmes : en matière de plaisir ne se concentrer que sur lui( le plaisir).

Olivier : parle de performances, des enfants dès que l’on cesse d’être amants pour n’être que parents et de la culpabilité qui enferme.

Laura : être un peu égoïste si on n’est pas heureux, personne ne peut l’être autour de nous.

Nathalie : vive les sex toys ! Elle a découvert le moyen de se faire plaisir, plaisir efficace de surcroît.

Eric : on peut utiliser les sex toys pour découvrir comment donner du plaisir à sa femme.

Christophe : le plaisir où se situe t-il le plaisir de l’homme ? Et dans le plaisir solitaire quelle est la place du désir?

Frédéric : problème d’éducation sur la sexualité. En France le sex toy et tout ce qui touche à la sexualité est glauque, le plus souvent se résume à un sex shop près de la gare…Contrairement à certains pays comme l’Allemagne, la Suède…

Coralie : le sex toy ne parle pas !

Anne : Le désir est sublimé dans la création.

Lyliane : Anne  évoque la sublimation : il s’agit d’une pulsion qui, si elle n’atteint pas son but dans le sexuel  et sans  pour cela être refoulée, est détournée au profit d’un acte artistique.

Liliane :  mystère pour les hommes : différence entre sexualité physiologique et désir amoureux?

Eric : L’homme aura moins de plaisir dans la masturbation donc recherchera avant tout l’acte sexuel avec la femme; une femme aura autant de plaisir avec son sex toy – si on parle de plaisir physique.

Liliane sonne l’heure de la fin et Marie s’écrie : C’est déjà fini ? Je n’ai pas vu ces deux heures passer.  Ça a paru tellement plus court, cette fois-ci!

Quand au sujet du prochain SEX-O-CAFE, il n’a pas été défini cette fois-ci. Patricia (me semble t-il) a prononcé « jalousie »; une jeune femme  » libertinage »; les amours libertaires ?

Nous avons clôturé la séance sur des propositions à faire et à poser sur le blog ou sur le mur de Facebook pour ceux qui ont ce média.


Pour tout savoir en se divertissant sur l’histoire et l’origine du sex toy.

Continent noir

Est-on bien loin du phallus dont Freud  institua la primauté en tant qu’organe de la jouissance pour l’homme et pour la femme? D’ici encore, on entend le soupir d’incompréhension du  papa de la psychanalyse. La vie sexuelle des femmes lui était complètement inconnue comme il le révélait en la nommant le « continent noir« . Que connaissait Freud de la sexualité féminine? Pas grand chose, si ce n’est l’inaccessibilité, pour elles,  à  une sexualité réjouissante. Elle était entravée par les institutions religieuses, ligotée par la morale, piégée par l’obligation de se soumettre au seul désir de l’homme qui la transformait en objet sexuel. Pour Freud, la femme était-elle autre chose qu’un animal domestique à ne considérer que sous l’angle de la pathologique sexuelle? Hystérie des femmes mal aimées, frustration dans leur besoin d’exprimer l’amour autrement qu’en maternités qui leur remplissaient le ventre régulièrement tous les neuf mois?  Sous prétexte qu’elle n’avait pas entre les jambes cette petite chose qui gonfle et qui ne servait qu’à satisfaire, en envoyant en l’air, l’homme qu’elle devait chérir. Pas si sûr que les choses aient beaucoup changé!

Si la contraception a permis de dissocier maternité et sexualité (dans l’absolu) il n’en va pas de même dans l’esprit des femmes qui cheminent encore avec un lourd bagage socioculturel. Les interdits, les tabous, la généalogie et l’histoire personnelle de chacune, font que les femmes ne sont jamais totalement déconnectées de l’amour dans leur rapport au sexe. Pour la plupart le sexe et le cœur sont intimement liés.

 » La femme ne peut accepter d’être désirante qu’au nom de l’amour »

Cela a t-il changé? Oui, si l’on en croit certains magasines qui préconisent les jouets à la mode. Les sex toys s’exhibent ailleurs que dans les catalogues VPC où ils se cachaient auparavant. Certainement Internet a facilité la vulgarisation de ces objets de plaisir. Ils se répandent, comme des petits pains au chocolat dans les boulangeries, pour arriver jusque dans les demeures dans des réunions genre Tupperware.

Non, cela n’a pas beaucoup changé depuis 68, comme le diront certains spécialistes du sexe. Philippe Brenot (psychiatre et directeur de l’enseignement de sexologie à Paris V)   grand prosélyte de la masturbation ne dira pas le contraire, lui qui conseille l’autoérotisme (Y a pas de mal à se faire du bien.) Il ajoute  » la sexualité s’apprend ». Pour les hommes aussi bien que pour les femmes.  « Ces dernières ont encore du mal à accéder au plaisir et au désir parce que contrairement aux hommes beaucoup ont une expérience limitée de la masturbation » précise t-il.

La sexualité est un art et comme la cuisine ça s’apprend. Ce n’est pas la recette sous vos yeux qui va faire le plat mais ce que vous allez y mettre d’art qui en fera la réussite. Les femmes sont excisées psychiquement parce que cette partie de leur corps est encore taboue, elles ont beaucoup de difficultés à s’en servir seule. Elles ont besoin de partager avec un-e- partenaire. Même si la sexualité  des femmes de 20-50 n’a plus grand chose à voir avec celle de leurs mères ou de leurs grands-mères. Même si celle-ci ressemble de plus en plus à celle des hommes. Même si la multiplication des expériences est assumée sans complexes… la plupart des femmes a besoin d’aimer et de se sentir aimée pour avoir une sexualité épanouissante. Les jouets sexuels vont-ils remplacer ce besoin de partager qu’ont les femmes ? Qu’en pensez-vous messieurs?