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Bordel au café aurait pu s’intituler ce dernier SEX-O-CAFE ! Oh, là, là Lyli n’y va pas de mains mortes et pourtant elle n’a pas tort ! Merci de le reconnaître. Éric, entre autre, était très mécontent. D’ailleurs il est le seul à l’avoir manifesté ouvertement avant la clôture. Fidèle depuis le premier rendez-vous et prenant la parole bien à propos, cette fois-ci, pour lui, il en fut tout autrement. Puisqu’il n’a pu parler que pour dire en fin de séance sa (presque) fureur.
Que s’est-il passé dans ce troisième rendez-vous ? D’abord une arrivée massive de personnes qui ne s’étaient pas inscrites ou qui avaient transgressé la règle – en sexualité la règle se transgresse facilement. Dans le cas qui nous occupe il faut savoir que nous ne pouvons guère dépasser une trentaine de participants compte tenu de l’exiguïté de la salle. Or, les participants sont arrivés par flots successifs bien au delà de 20h45 pour atteindre le nombre de 56. (56 c’est le nombre où Anne s’est arrêtée de compter. Elle y perdait son latin (les gens continuaient à rentrer) et la pagaille aidant elle se perdit dans les comptes. Onze messieurs. Il ne vous reste qu’à faire la différence pour avoir les dames.
Deuxième point donc concerne le retard. Les retardataires rentraient la fleur aux dents en produisant un sacré remue-ménage. Jojo (qui est Jojo? : le maître d’hôtel du bar, dévoué et très attentif aux allées et venues de la clientèle du 3.14) Jojo donc, en bon papa-poule doit ramener à chaque fois de quoi poser le postérieur des personnes en retard et en surnombre. Comment remplir un œuf? C’est la question que Jojo a due se poser ce premier avril. Oui, c’est vrai c’était aussi le premier avril, et peut-être certains étaient là pour vérifier qu’il ne s’agissait pas d’une farce, que nous allions bien parler d‘Amour et de confusion. Pour la confusion c’est sûr, elle régnait. Quant à l’amour d’après certaines qui s’en plaignaient on en parlait pas beaucoup mais beaucoup trop de la sexualité.
Lyli, vas-y ! Raconte-nous autre chose que l’intendance, autre chose que de la promiscuité ! Je vais en parler mais d’abord faut planter le décor, non? Oui, parler de l’ambiance est importante pour les lecteurs du blog. Reine et bien d’autres ayant justement critiqué le mauvais rapport antérieur. Aujourd’hui je m’applique.
Anne avait réglé la caméra prête à filmer, et ce, bien avant le comptage. C’est donc dans cette ambiance désordonnée, bruyante que Liliane, notre modératrice, rappela les règles élémentaires, demanda un peu de silence – qui se fit attendre longtemps - pour que nous puissions commencer. Cette fois, je pris la parole en premier. Tremblant de tout mon corps tout autant de la main qui tenait le texte j’arrivais me sembla-t-il à lire haut et fort le résumé d’un livre de Georges Abraham intitulé « Tout savoir pour comprendre l’érotisme de l’homme et de la femme » Ce texte résume dans sa totalité ce que j’essaye de faire passer comme idées. Est-ce utopique ? Sortir la sexualité de la boue dans laquelle elle se vautre, la sortir du graveleux, de la pornographie. Il est utile de considérer la première phrase du texte : « Ce n’est pas la sexualité qui épanouit l’être mais son accès à l’érotisme. S’ensuivit l’énumération des chapitres avec un très bref récapitulatif sur l’amour : Où prend-il sa source? Il est défini par ses contraire – La chimie de l’amour et la tempête hormonale qu’elle déchaîne dans le corps amoureux – L’amour sous toutes ses formes et ses appellations – et pour finir La confusion que sème la sexualité dans la relation amoureuse. Vous pourrez retrouver les articles sur le blog. Ouf! Je respirais mieux, bien même; j’avais passé le cap en me lançant à l’eau et vaincu cette paralysie qui les autres fois, me rendait muette. Ah, bon ? Les anciens n’avaient pas remarqué ma panique de prendre la parole en public?
Ensuite, Christophe prit la parole en parlant des différences entre femmes et hommes dans la sexualité. Pour les hommes, le corps sait et ça marche tout seul. Ils découvrent l’orgasme sans avoir à l’apprendre. Par contre pour les femmes qui ne le connaissent pas spontanément, l’orgasme sera le fruit d’une découverte plus ou moins heureuse du corps. Il décompose l’orgasme en quatre temps :
1- La phase d‘excitation. Elle se manifeste pour les femmes par humidification des parties génitales, les seins gonflent ainsi que les lèvres et les mamelons se dressent en durcissant. Pour l’homme lui, son érection prouvera son excitation. L’adrénaline se déversant à ce moment là entraîne une tension agréable. 2- La deuxième phase en plateau maintient l’excitation pendant que toutes les modifications de l’appareil sexuel sont exacerbées sous l’effet d’hormones. 3- Vient ensuite l’orgasme à proprement parlé qui envahit d’une douce euphorie avec des contractions plus ou moins fortes, notamment des contractions utérines. 4- La phase de résolution : le pénis, le clitoris, le vagin, les mamelons retrouvent leur taille initiale.
Le point G : Christophe renseigne sur son emplacement. Petit détour du côté des yogis tantriques : pour eux il existe 4 points répartis autour du point G.
Le moment est venu pour Christophe de parler d’amour et de philosophie. Platon et Aristote sont au menu. Amour difficile pour Platon puisqu’il est désir et que le désir provient d’un manque (utile de faire une piqûre de rappel du 2ème sex-o-cafe) alors que pour Spinoza (ou Aristote) l’amour est une joie qui se traduit par « aimer c’est se réjouir de ». Quoiqu’il en soit dans l’amour s’opposent les contraires. Au même titre qu’il n’est pas nécessaire d’avoir faim pour aimer manger; il suffit de manger d’un bon appétit et aimer ce que l’on mange. Pour l’amour il en est de même. On n’a pas besoin d’être frustré pour faire l’amour…
L’éveil érotique est caractérisé par une grande violence émotionnelle. La rencontre sexuelle rend possible la propagation des ondes de plaisir… L’érotisation du corps de l’adolescent provoque un tumulte subi.
L’hormone du Plaisir est l‘ocytocine. C‘est elle qui lie l’enfant à sa mère lors de la tétée et serait garante de la fidélité dans le couple. Expérience de laboratoire sur des rats qui deviennent monogames suite à l’injection d’ocytocine dans le cerveau. Mesdames vous savez ce qu’il vous reste à faire. Une picouse d’ocytocine et tout rentrera dans l ‘ordre et votre homme au bercail dans ses charentaises ! Cette hormone est aussi et surtout responsable de l’attachement. Attachement dont j’aurais bien aimé qu’on le développât. Mais qui fut passé sous silence. Manque de temps.
Christophe terminant son exposé donna le top à l’assistance qui se leva pour aller chercher un verre. Re-branle-bas de combat, l’assistance relativement assagie, s’ébroua, sortit en trombe pour s’abreuver. Au retour dans le salon Ganesh, Christophe fit une place à la Garcitude qui s’installa en quatrième position sur le canapé. La Garcitude de retour, j’étais contente.
Ensuite ce fut tout et n’importe quoi. Un charivari au retour du bar. Des questions rarement posées. Un certain parla à plusieurs reprises de la confusion existant entre l’amour le désir. Il insista pour dire que l’amour mettait du temps pour arriver. Il évoqua la générosité indispensable sans attente de quoique ce soit en retour; (ce en quoi il a totalement raison). J’ajouterai à la générosité le respect de l’autre. Il décrivait, nostalgique, l’amour idéal dont on rêve tous. Liliane prit pour exemple « L’art d’aimer » d’Erick Fromm et mentionna qu’il y a autant de voies que d’individus.
Une participante fait un parallèle « entre la cellule animale et la part animale de l’homme qui oscille de l’un à l’autre : tendance pulsionnelle rééquilibrée par la satisfaction qui diminuera la tension. L’éducation bien intégrée fera de la relation sexuelle le bonheur ou le malheur de le pratiquer. C’est compliqué pour se mettre en état de réceptivité. » Les interventions de cette personne étaient bien à propos, intéressantes. Et l’amour dans tout ça ? « Nous aussi (les femmes) nous pouvons avoir un côté bestial » l’air de dire que ce côté pulsionnel, animal n’était pas seulement réservé aux hommes. Oh! combien elle a raison !
Une autre avait envie que l’on lâche le côté sexuel pour parler d’amour: « On ne parle que de sexe et si peu d’amour » se plaignait-elle!. Ce à quoi il fut répondu par une autre femme « Quand on aime on connaît ce sentiment profond. Mais il faut une certaine maturité et vivre certaines expériences pour arriver à faire l’amour sans amour ». Ce fut un grand moment car ce que voulait exprimer cette dernière était que l’amour est un art; faire l’amour sans forcément éprouver un sentiment amoureux relevait d’une générosité, du don de soi et d’aimer faire l’amour.Un retour du nostalgique pour l’amour idéal où le charme a besoin de temps pour agir; la notion de l’amour qui s’enracine avec le temps est important pour aimer… Ce à quoi il fut rétorqué » Ça me décevrait de savoir que je n’aurais qu’un homme dans ma vie! »
Faudrait-il encore savoir et vouloir apprendre à prendre son temps; chose fort peu probable dans nos sociétés d’hyperconsommation où tout doit se faire vite et passer à autre chose si cela ne marche pas dès le début. À moins que la remise en question de nos valeurs…Mais c’est un autre sujet !
Christophe parle d’un code qui suivrait un fil génétiquement déterminé qui nous conduirait… Un autre participant : 50°/° des gens se rencontrent sur leur lieu de travail. C’est l’endogamie qui prime! Est-ce la facilité ? Est-ce pour cela que les couples vont si mal ? Ce sont des questions qui peuvent se poser.
Comme l’heure avançait à grand pas vers 22 heures la plainte d’Éric se fit entendre. Il ne viendra plus au SEX-O-CAFE dans de telles conditions. J’ai reconnu là de la frustration et presque de la colère…Liliane informa du thème du prochain SEX-O-CAFE : La sexualité compulsive. Christophe remercia chaleureusement l’assemblée. La grosse et magnifique porte s’ouvrit, l’œuf plein se fissura libérant les participants et les conversations continuèrent. Je fus remerciée par de jeunes femmes des précisions que j’avais apportées, de la compréhension qu’elles en ont eue. Merci à elles. Merci à tous les intervenants : Sylvain,Nathalie, Muriel, Anne, Nadège, Pascale, Caroline, Steve…et tous les autres dont je n’ai pas retenu le prénom. Merci à ceux qui ont osé parler et à ceux qui ont écouté.
Passez de belles Pâques.
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