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Pour parler des femmes « couguars » les deux Liliane, celle avec deux « i » et celle avec « y », s’y sont mises. Cet article est donc écrit à quatre mains, deux têtes, quatre pieds dont deux bientôt très jolis. Pour vous ! Les pieds ? Non, l’article, pour vous.

LA FEMME « COUGUAR »

Qu’y a t’il derrière ce terme ?

Le « COUGAR », qui est un puma, est à comprendre dans ce contexte, comme « prédateur, affamé de viande fraîche ».

Élu « mot de l’année » dès 2007 par The New York Times, il recouvre un phénomène dont les tabloïds font régulièrement leur une : un couple formé d’une femme plus âgée que son compagnon. Mais ce phénomène est-il aussi récent qu’on veut bien nous le faire croire ?Et bien non !  De tout temps, de telles relations ont existé. Pour preuve : au XVIème siècle Diane de Poitiers favorite du roi Henri II avait 20 ans de plus que lui. Au siècle dernier, en 1962, Edith Piaf et Théo Sarapo se marièrent; 26 ans les séparaient. Marguerite Duras et Yan Andréa se sont rencontrés dans les années 1980. Elle avait 66 ans et lui 28. Ils vécurent ensemble jusqu’à la mort de celle-ci 16 ans plus tard. Actuellement, sur le devant de la scène : Demi Moore, Madonna, Claire Chazal etc…

Alors pourquoi ce type de couple intéresse-t-il tant les médias de nos jours ? Est-ce un nouveau concept à la mode ? Cela traduit-il une évolution des mœurs ? Une plus grande acceptation de la libération sexuelle des femmes mûres ?

Quoiqu’il en soit ce terme de « couguar » recouvre des significations peu valorisantes, péjoratives qui « ternissent » encore l’image de la femme qui assume sa sexualité.

D’un point de vue mythologique, on se rend compte que les mythes ne se démodent pas, ils sont le fondement de notre histoire comme de notre psyché. Les femmes couguars peuvent évoquer une ré-émergence de l’archétype de la déesse mère, symbolisée par Isis en Égypte, Aphrodite en Grèce, toutes deux amoureuses d’un partenaire plus jeune, plus fragile et mortel de surcroît. Elles élevaient ainsi au rang de demi-dieu des êtres mortels, des hommes jeunes et virils ; elles leur assuraient une puissance et une reconnaissance presque éternelles en revalorisant une jeunesse ignorante et inculte, jeunesse quelque peu méprisée. En choisissant et aimant ces jeunes hommes leur jeunesse s’en trouvait ainsi enrichie.

D’un point de vue sociologique, on assiste à une libération qui fait rupture avec les schémas traditionnels de l’homme qui protège et sécurise la femme. Ces femmes dites couguars sont le plus souvent des personnes accomplies aussi bien physiquement,  sexuellement, professionnellement qu’autonomes financièrement. À ceci s’ajoutent leur liberté de choisir et le refus des tabous. Pour certaines aussi, le fait d’exhiber un jeune compagnon à leur bras, donne à voir extérieurement un pouvoir, notamment de séduction, qui n’est pas négligeable.

Autrefois, la femme mûre, pré ou ménopausée induisait le deuil de la vie sexuelle. De nos jours, les femmes de plus de 50 ans ont radicalement changé. La plupart d’entre elles prennent soin d’elles, encouragées par l’allongement de la vie; elles s’alimentent correctement; font du sport et du coup ne ressemblent plus à l’image d’Épinal de la « grand-mère » dont mamie Nova est la caricature : cheveux gris, chignon bas, lunettes rondes et tablier noué autour de la taille alourdie, affairée dans la cuisine à « touiller » sa marmite en marmonnant : c’est pourrrtant dans les vieux pots, qu’on fait d’la bonne soupe !!!

La femme dite couguar représente le symbole de la femme qui assume et revendique sa sexualité émancipée des tabous.

Et la sexualité dans ce type de relation ?

Elle s’étaye :

  • Sur l’assurance d’une sexualité performante : le jeune homme étant, normalement, en pleine puissance hormonale, doté de toutes ses capacités physiques, physiologiques et de l’élan fougueux propre à la jeunesse (des lionceaux !)
  • Sur la mise en œuvre de l’expérience sexuelle de la femme mûre. Elle est détachée de toute mièvrerie, connaît son corps, son désir, ses préférences et les assume.
  • Sur sa qualité d’initiatrice à de nouveaux plaisirs partagés dans l’érotisme, loin de tout préjugé et des contingences normatives.

Abordons maintenant le niveau psy :

Lorsqu’une femme est en relation avec un homme plus jeune qu’elle, elle percevra forcément dans le regard de son jeune amant une image d’elle magnifiée. Image en miroir qui tendra à estomper cette différence d’âge et contribuera à revivifier l’apparence physique grâce à la stimulation sexuelle hormonale. Revoir les effets des hormones sur la libido, le désir, la forme physique et la fabuleuse contribution des dopamine, sérotonine! Votre conférence docteur Maldiney est décidément  toujours d’actualité !!! Ainsi renarcissisée dans le regard de l’autre, la femme rajeunit moralement et psychiquement.

Car finalement, ne sont-ce pas les hommes jeunes qui font les femmes couguars ??? !!! Que recherchent-ils donc dans ces femmes-là ?

  • À s’approprier une part de la mère « Toute » qui focalise toutes les fonctions de la femme : la mère, l’amie, la putain, l’amante, la vierge, la sainte, etc…?
  • À transgresser le tabou de l’inceste du fait d’un Œdipe non résolu ?
  • À retrouver le statut confortablement dépendant de l’enfant omnipotent ?

Aucune réponse n’est apportée ni par les médias ni par les enquêtes; ces questions là ne sont jamais posées à l’encontre des hommes, par contre les femmes sont toujours stigmatisées. Finalement la vraie question reste : pourquoi ces hommes en viennent-ils à être vus extérieurement comme la « proie » ou de « la chair fraîche » des femmes prédatrices ? Et, comment eux, vivent-ils ce rôle qu’on leur attribue ?

Mais encore se peut-il qu’il s’agisse d’un phénomène construit de toute pièce, un nouvel outil de marketing, une source de profit au service d’une manipulation incitant  à la consommation ?

La peopolisation de ces couples  de stars (le plus souvent) tendrait à entretenir l’illusion que la vieillesse n’a pas de prise sur ces femmes dites « cougars ». Ces images nous « donneraient » une preuve contribuant à faire reculer les effets du temps comme si la vieillesse n’était pas inéluctable. Les effets du temps sont gommés, carrossés. Il est indécent de montrer la réalité de l’âge qui fait le lien avec l’approche de  la vieillesse. Ces images consistent à injecter un message : « Regardez ces femmes, malgré leur âge, elles sont encore belles, désirables et attirent de jeunes hommes…» La revalorisation de la tranche d’âge des « cougars » sert à nier non seulement l’issue même de la vie, mais sert aussi à la promotion de l’être humain cristallisé dans la jeunesse. L’ère du jeunisme dans toute sa splendeur !!!

Et comptant sur le besoin d’identification des nombreuses lectrices et autres fans, journaux, magazines, séries TV et émissions en tout genre se réjouissent d’une telle manne économique : vendre de la jeunesse en mettant en avant la maturité, l’expérience, l’autonomie financière…des super women croqueuses de jeunes hommes !!!

Pour leur ressembler, nombreuses sont les femmes qui ont, ou auront recours à la chirurgie esthétique, aux injections de botox et autres substances, aux séances de coaching, se dépenseront sans compter sur des tapis de course, se précipiteront dans les magasins de luxe pour acquérir le dernier sac à la mode porté par Sharon Stone ou ses consoeurs…Botoxées, regonflées, repulpées, relookées, les femmes « couguars » achètent  l’assurance d’une séduction sans faille et sans limite qui leur procurera le jeune partenaire, confortant l’illusion recherchée.

Elles sont dures les Lili ? Non, pas tant que ça ! Elles n’ont fait que regarder à travers une loupe les effets pervers de notre époque d’hyper consommation.

Sharon II 002Dans une salle faite d’attentes où s’entassent des magasines people. Sur l’un d’entre eux, un Paris Match pour ne pas le nommer, s’allonge toute en jambes et en bustier ne cachant pas  ses seins, la silhouette de Sharon Stone. Avec cette apostrophe « J’ai 50 ans et alors ! » Elle revendique. Et alors quoi ? L’œil d’Alix Malka n’est pas le seul à la voir magnifique, qui, on le comprend,  a pris plaisir à la mitrailler de son objectif, à la réinventer comme dit Sharon. Il l’a (très peu) vêtue de noir, chaussée d’aiguilles, bustier et cuissardes non pour marquer un deuil mais pour souligner les courbes de cette femme splendide qu’Alix Malka, artiste photographe, transforme en oeuvre d’art. Il montre l’architecture parfaite d’un corps  aimé par sa propriétaire. En fait ce n’est pas tant une anatomie qui se donne à voir mais la joie, l’énergie d’un corps sculpté qui exulte.  Non pas un corps de gamine, ni un corps rabiboché, siliconé, puisque dit-elle « Je ne comprends pas ces femmes qui veulent toutes se ressembler et se font tirer la peau en perdant toute expression ». « Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie de l’habiter »est ma devise mais certainement aussi la sienne.

Sharon Stone affiche son âge  » La moitié de la vie, ça n’est pas la fin » dit-elle. Ce n’est pas moi qui vais la contredire. Je vais simplement la remercier de se faire porte parole des femmes et de les autoriser à s’accepter dans leur corps et âme, dans ce qu’elles sont. Dans leur intégrité. Illustration du rêve américain, Sharon Stone a connu bien des tempêtes mais malgré elles ou grâce à elles (ce qui ne tue pas renforce) elle se tient droite, fière à l’avant du bateau. Courage, énergie, travail qu’elle met au service de son talent, elle enfourche de vraies causes humanitaires, se bat pour aider les autres (sida, enfants, victimes de catastrophes…) Elle agit.

À la question de Marc Levy (oui, oui, c’est Marc Levy qui l’interviewe) qui aborde son âge et la perfection de son corps à 51 ans comme d’une provocation, elle répond  » Y a t-il un âge auquel on devrait s’interdire de faire certaines choses, de montrer son corps ? De faire l’amour par exemple (ça c’est moi qui l’ajoute !) Ne pas se résigner. Personne n’a à décider de l’âge auquel on doit commencer ou arrêter sa vie ! Ne jamais renoncer. Sharon ne renonce pas  en continuant le combat, en dénonçant  l’indécence  qui s’affiche dans la plupart des magasines qui exhibent de toutes jeunes filles encore pubères; là est le choquant, pas dans la pose d’une femme de son âge. L’âge ne fait pas basculer la vie, il ne change rien que l’idée qu’on s’en fait. Elle s’étonne que l’on ait plus peur d’un sexe de femme (évoquant Basic Instinct) que d’un pic à glace. « Ce qui dérange, c’est la personne qui a le contrôle sur son corps, le fait d’incarner la puissance sexuelle de la femme, c’est ça qui dérange ».

Elle qui vit le bouddhisme comme une philosophie en appliquant ses préceptes et mettant sa célébrité au service des autres.  Elle qui s’est impliquée dans la réinsertion de jeunes filles prostituées à la frontière chinoise. « Nous en avons sorti six mille de l’esclavage sexuel et les avons ramenées sur le banc de l’école. »

Pour Sharon Stone, la beauté est une question d’âme, pas d’âge. Cela est passé par un nettoyage profond extérieur et intérieur. Le jour de ses 50 ans , elle s’est débarrassée de ses possessions, délestée du superflu, de l’inutile, en donnant vêtements, bijoux, œuvres d’art. En elle, elle s’est aussi débarrassée de ses idées reçues, de tout l’inutile et vain. Retourner aux origines, à ce que l’on est au plus profond; accepter qui l’on est vraiment; avancer avec sa personnalité et non avec celle que l’on voudrait vous voir porter.

Chapeau Madame !

Vous tous passez une belle journée.