Subscribe to Libido Sexualité Conseils Subscribe to Libido Sexualité Conseils's comments

Posts tagged ‘sodomie’

Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

ψ

Aline, mère d’un garçon unique de 11 ans est arrivée totalement désorientée, titubant presque en rentrant en consultation. Où Aline avait-elle laissé la belle assurance que je lui connaissais en tant que patiente? Pas besoin de la prier pour qu’elle raconte l’objet du remue-ménage intérieur qui l’affectait : « Depuis quelques semaines Marvin, est excité comme une puce; pour s’exprimer il n’emploie que des mots grossiers; quand il est sur le canapé et de préférence quand je suis dans le salon, il serre sa bistouquette (1) entre ses cuisses et se donne du plaisir. Évidemment je suis choquée, le lui dis; je lui précise que la chose là, assurément agréable, qu’il auto pratique doit se faire dans sa chambre, quand il est seul! »

- Voilà une bonne réponse qui ne devrait pas vous mettre dans cet état! – « Oui, non, rétorque t-elle, c’est la suite qui me perturbe » – Je l’engageais à me raconter cette suite qui manifestement la tourneboulait.

« Les femmes ont deux sexes m’a soutenu Marvin avec l’air effronté de celui qui sait! – « Savez-vous d’où lui vient cette information saugrenue? – Oui, il m’a avoué avoir regardé chez ma sœur un film X en pleine nuit, pendant que je dormais. Deux hommes enfilaient une femme avec leur gros machin, un dans le sexe de devant l’autre dans le sexe de derrière! Ce sont ses mots! C’est horrible! Je n’ai su quoi répondre et depuis je pleure devant le vice de mon fils…

Rassurer Aline était une priorité : son fils n’était pas plus vicieux que n’importe lequel des enfants de son âge mais tout simplement curieux de la chose interdite, jamais parlée. A 11 ans un garçon, pré-pubère, doit s’arranger avec la montée fulgurante des hormones. La manière provocatrice est le moyen qu’il a trouvé pour en parler avec sa mère. Avec ses mots, dire ce qui a été vu et qui dépasse certainement son entendement. Et dire dans l’urgence ne s’énonce pas forcément dans les règles de l’art de la bonne éducation (stérilisée) que Marvin a reçue.

Éducation stérilisée étant donné que les mots tels que masturbation, pénis, anus, vulve, ne sont jamais prononcés par Aline quand elle s’adresse à son fils pas plus qu’elle ne les emploie quand elle parle de son fils. Comme si ces mots là ne pouvaient franchir ses lèvres. Bâillonnée. Aline comme beaucoup de parents ne savent pas quoi faire avec les mots du sexe. Encore moins les employer à bon escient.

Je demandais alors à Aline s’il lui arrivait encore de moucher son fils. « A 11 ans? Vous voulez rire! Pourquoi une telle question? – »Que faites-vous quand son nez coule, si vous ne le mouchez pas? – Je lui dis d’aller moucher son nez avec un kleenex. – Il faut donc lui parler de la sexualité de manière aussi naturelle qu’un nez à moucher. Marvin a vu une femme se faire sodomiser. La sodomie d’une femme, que Marvin interprète comme étant son deuxième sexe, pendant qu’un autre lui pénètre la vulve est non seulement choquant pour un enfant mais qui plus est, lui incruste des images d’une grande violence, inadéquates à cet âge. Ces images traumatisantes perturbent les enfants; elles ont le pouvoir de faire de la pornographie un modèle de la sexualité adulte comme étant la norme sexuelle… Il est urgent de dire les mots adéquats, comme on le fait pour parler du visible nez au milieu de la figure. Il est urgent de nommer les organes génitaux et tout ce qui touche au sexuel avec les noms appropriés, simples, sans sous-entendus honteux ou vulgaires, pour les normaliser. Et ceci afin de préserver les enfants qui n’auront pas à aller chercher dans le cloaque de la pornographie, lieu malsain par excellence pour les enfants. Rien, dans les relations sexuelles entre adultes conscients et consentants n’est sale ni dégradant…Il en va tout autrement pour les enfants. Appeler un chat un chat, un sexe d’homme un pénis, un sexe de femme une vulve… Vous êtes choqué?

Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

(1)A propos de bistouquette employé par Aline pour désigner le pénis de son fils : coup d’oeil sur le dictionnaire pour vérifier l’existence de ce mot. Non, il n’est pas dans le dictionnaire (pas dans le mien en tout cas). Par contre j’y ai trouvé le bistournage : procédé de castration des animaux domestiques par torsion des cordons testiculaires. Je crois que c’est un peu ce qui se passe avec les enfants : une castration psychique quand on ne nomme pas les choses du sexe…

ψ

Bien qu’ayant peur du contraire la salle était pleine ce soir là. Les visages attentifs, les oreilles grandes ouvertes pour débattre de ce thème. Un résumé du passionnant exposé de Liliane qui nous renseigne sur l’homosexualité à travers les siècles. Vaste sujet que l’homosexualité; elle a toujours existé dans toutes les cultures, à travers tous les âges. De l’Iliade et l’Odyssée attribué à Homère ( XIIe siècle avant J-C), en passant par Sapho fille de Lesbos qui donne naissance au terme de lesbianisme, en s’arrêtant sur les écritures juives, qui bien que condamnant la sodomie, évoquent les femmes aimant d’autres femmes et les hommes passionnés par leur compagnon. Un tour en Chine au IIIe siècle nous apprend une amitié homosexuelle entre Confucius et son favori. Dans certaines sociétés, les attitudes homosexuelles ont non seulement été acceptées mais qui plus est ont été honorées; alors qu’à d’autres époques, en d’autres lieux de tels comportements vus par les législateurs ont rendu immoraux les rapports  de personnes du même sexe  et les médecins ont diagnostiqué et traité le désir homosexuel comme étant une maladie. La diversité des attirances sexuelles et la façon dont elles s’expriment témoignent de la nature fondamentalement instable de la sexualité et des mœurs sociales. Si dans la Grèce antique, l’homosexualité faisait partie intégrante de la culture (Athènes cité de l’érotisme masculin) c’est à partir de 208-201 av J-C que la cité est réduite à l’état de la province romaine.   Époque où grecs et romains  partageaient  le même point de vu quant à la sexualité qui se vivait sans discrimination, sans  communauté marginalisée.  À Rome la sexualité était avant tout une manière de montrer sa vertu. Pour les romains le mot sexe était synonyme de pénétration et tout ce qui n’était pas acte sexuel dominateur était condamnable. Quant à la nature de ce qu’ils pénétraient (hommes, femmes, enfants…)c’était sans importance. Pour exemple lorsqu’un homme se faisait violer, le coupable n’était pas le violeur mais le violé, puisque le violeur était reconnu comme faisant preuve d’une extrême virilité. Il existait des lupanars (lieux de prostitution) exclusivement réservés aux hommes qui désiraient prendre du plaisir entre eux. Au Ier siècle, la Grèce est convertie au christianisme   que la civilisation grecque  hellénique a profondément marqué. L’essor du christianisme entraîne désormais la haine de l’homosexualité…

Jusqu’au Moyen Âge il émergeait un contexte littéraire et culturel propre aux relations entre personnes du même sexe. La littérature, riche en poèmes, lettres, textes exaltait l’amitié entre hommes et la culture homo-érotique. Au moment de la Réforme protestante, il se forme un groupe autour d’Érasme. L’amour entre amis s’exprimait par des accolades, des baisers, des dédicaces dans des œuvres dédiées. Deux sortes d’hommes, les sodomites qui pratiquaient les actes sexuels « contre nature » et les amis prestigieux et respectés qui chantaient un Éros sublime dans leurs lettres, les poèmes et œuvres philosophiques. Pendant tout le Moyen Âge, les chrétiens d’Europe Occidentale n’étaient soumis à aucun interdit papal ou impérial relatif aux pratiques sexuelles. Pour expier ses péchés on tenait un livre sur lequel on les notait ; après quoi on faisait des pénitences pour en être absout. Le XIIIe siècle amena un changement d’attitudes où il devenait courant d’appeler les homosexuels des sodomites et de les soumettre à l’autorité de l’inquisition. (Ces annotations relatées par notre médiatrice ont été tirées d’un livre de Robert Aldrich)

Ce début de compte rendu pour vous donner un avant goût du dernier sex-o-café. Dès demain la suite du résumé tel que l’a exposé Liliane  et ce qui s’est dit pendant le débat…

à suivre donc.

Par inadvertance, j’ai confirmé par un oui une demande d’ami sur facebook. Dans les secondes qui suivirent la fenêtre du chat s’ouvrit sur une tête casquée aux couleurs  vert-treillis-militaire. Sans tambour ni trompette, sans vaseline, à sec, la tête casquée demandait tout à trac si mon cul était prêt à recevoir son artillerie lourde, son bazooka.

« Aimes-tu être sodomisée ? fut l’entrée en matière en guise de présentation du jeune homme casqué.

Malgré l’intempestif dérangement que provoquait cette irruption totalement déplacée ma curiosité l’emportait et j’acceptais de tchatter avec ce jeune homme qui de toute manière et sans façon tapait l’incruste  comme un char d’assaut une ville assiégée. Cet artilleur, qui n’était pas de Mayence, venait gonfler le bataillon des amis de fb dont le regard avait été sans nul doute attiré par les titres du blog et de mes différents groupes promus sur ce réseau social : www.libidosexualite.comVivre une sexualité épanouie – Sex-o-café, l’officiel. « Tu parles beaucoup de sexe, ajoute -t-il » Qu’est-ce que tu aimes dans le sexe? envoya-t-il tout de go comme une salve de mitrailleuse.

T’as raison Rambo, je parle beaucoup de sexualité mais pas dans le sens où tu interprètes, comme des  sites   pornographiques, les intitulés de mon blog. T’as raison mais je ne dirai pas, à toi et à la sauvette, ce qui me plaît dans l‘intimité de l’amour. Je ne suis pas ton amie et ne le deviendrais jamais. Moi pas aimer les militaires, ni les « rentre  dedans » des auto-tamponneuses par derrière et par surprise.

Comme je ne répondais pas à ce vulgaire, à ce peu respectueux treillis, il  revenait à l’attaque pour me dire qu’il aimait sodomiser les femmes. Ma tête bouillonnait de colère : cet homme sans gêne, totalement inélégant déboule  pareil à une balle perdue dans l’article, pour étayer l’homophobie intériorisée. Encore un qui n’ose pas vivre son homosexualité mais la refoule en se servant du cul des femmes comme  alibi  qui  justifie ses attributs masculins et son hétérosexualité, pensais-je alors. Biaiser pour  expérimenter l’homosexualité sans se mouiller.Et baiser sans expérimenter ses fantasmes.

A l’autre bout, le casque d’artilleur s’impatientait, me menaçait de me rayer de ses amis. D’un clic sur la croix  je fis sauter la tête du casqué, je la supprimais, faisant disparaître la fenêtre de mon écran. C’est alors que la désolation s’empara de moi. Me fit toucher du doigt encore et encore l’ignorance à combattre dans le domaine sexuel.  En colère d’être encore atteinte par cette violence, par cette irruption dégradante. A reconsidérer la valeur des  réseaux sociaux et le sens de ce que fb appelle les amis.

Parce qu’enfin qu’est-ce qu’un ami ? Sinon la longue marche qui amène délicatement ou plus brusquement un élan du cœur, une connaissance de soi à travers l’autre, une reconnaissance de l’autre à travers soi? Une délicatesse, une attente qui rend la patience délicieuse et prometteuse d’échanges incompatibles avec l’exigence de rapidité que demandent les réseaux sociaux. Oui, certainement l’amitié peut se tisser grâce à ces réseaux, quoique le fantasme est aux premières loges, il enjolive les histoires qui peuvent se cogner à une réalité exhumée du virtuel…

Ce soir là, tard, le 22 janvier à 23h36 exactement un MSN aboutit dans ma boîte. Je le lis éberluée et vous le livre tel quel : Re coucou, dsl de te déranger, j’ai été un peu cavalier, je cherche juste à discuter de sexe pour trouver de nouvelles façons de faire jouir les femmes…Ça te dis de discuter un peu ?

Un peu cavalier ? Si peu !Mais  tellement goujat !

Tiens une amie m’appelle au téléphone. Une femme que le temps a tissé de tendresse, de chaleur humaine et de joie à retrouver. Entre nous pas de Facebook, du direct live uniquement.


ψ

La corrélation entre délinquance juvénile et ignorance de la sexualité a été mise en évidence par une étude menée par les services de la Santé et de l’administration pénitentiaire.  Parmi les jeunes délinquants, il a été démontré que les relations avec le sexe opposé étaient quasiment inexistantes. Du sexe féminin, ces jeunes ne connaissent que la proximité familiale (mère, sœurs, tantes). Les jeunes garçons ne se mêlent pas plus aux filles à l’intérieur de la cité qu’à l’extérieur – leur milieu scolaire ou établissement professionnel -  bien que dans ces milieux la mixité est bien représentée.

En l’absence d’échange avec le féminin ne peuvent se développer les relations amicales, sentimentales et encore moins sexuelles; cela confine les jeunes gens à se rassembler en bande et vivre une sexualité par écran interposé où règne la pornographie (films X, internet, téléphone portable) comme on peut le voir dans le film  » La jupe. »  La sexualité est une préoccupation majeure de l’adolescence. Ici, l’information spéciale et incomplète se fait en vase clos par le biais de la bande et comporte ainsi qu’on peut l’imaginer des carences tant anatomiques, physiologiques que psychologiques où la contraception et la protection des MST sont complètement occultées. Ces comportements sont engendrés par le manque d’éducation sexuelle, la peur du féminin qui n’est jamais approché autrement que par une mère  souvent seule, omniprésente. Son autorité incontournable consolide le tabou de l‘inceste dans l’environnement sexuel du garçon et si la barrière est  franchie elle ne le sera que par la transgression.

S’instaurent alors des codes, des comportements d’où les penchants homosexuels, s’ils existent, ne peuvent être vécus que dans la plus grande discrétion, cette pratique étant par trop considérée par le groupe, homophobe,  comme étant honteuse et marque de faiblesse.  Par contre l’homosexualité imposée et subie sert à asseoir un pouvoir, signe particulier de la sexualité des bandes. On peut voir cette obligation de soumission dans le film « Un prophète » où le jeune Malik qui en a pris pour 6ans arrive là, vierge, seul, analphabète, angoissé par sa virilité. Il sert d’appât homosexuel,  il subit pour se faire accepter du caïd…

De pareilles frustrations entraînent forcément des transgressions qui se manifestent par des viols collectifs, « tournantes« , attaques des homosexuels, actes barbares, sodomie des plus faibles et des inférieurs  qui transforment la bande en une prison où règne la misère sexuelle. Ces comportements sont évidemment cachés et tombent sous la loi du silence.

L’information et l’éducation sexuelles  sont d’autant plus urgentes à l’extérieur qu’elles  sont  inexistantes à l’intérieur du cercle familial et scolaire, d’autant que la séparation des sexes est bien réelle et tend à se durcir. Au collège, toutes les informations de nature sexuelle abordent des sujets bien loin des préoccupations de la jeunesse que sont les problématiques humaines, relationnelles et pratique de la sexualité. Il y a urgence à aborder les sujets aussi importants que les relations de consentement au sein du couple; parler du plaisir, du désir, des pulsions, de tout ce qui fait le bon fonctionnement des relations sentimentales, mais aussi amicales. Tout cet éclairage sur la sexualité afin que celle-ci ne soit plus confrontée aux frustrations et aux violences qui en découlent.

Suite à un commentaire de Sébastien j’ai réédité cet article pour rappeler et insister sur l’importance de l’éducation sexuelle, hors milieu scolaire.  Combattre l’ignorance, quel que soit le domaine, est une priorité.

ψ

Le 8 mars, c’est la fête de ma race. La journée de la femme. Ce jour là, mesdames, si votre homme vous demande « Qu’est-ce qu’on mange ? » vous avez le droit de répondre « Ma chatte, mon amour. »

Et la journée de la sodomie, c’est quand ? C’est où la foire au cul ? L’année de la cochonne, c’est déjà passé ? Et le journée des hommes elle tombe en même temps que la nôtre ? Parce que c’est quoi, une femme, quand y a personne dedans ?

Le problème, désormais, ce n’est plus pour qui on nous prend, c’est comment on nous prend. Mais où sont les hommes ? On est passées du coq à l’âne, de Casanova à Lalanne, du stade anal au stade de foot, du septième ciel au trente-sixième dessous. On est passées au bas débit. C’est le supplice de Tantale, le temps des queues de cerises. Arrêtez avec vos bouquets de marguerites. Êtes-vous vraiment devenus l’ombre de nos chiens ? On connaît la chanson. Depuis le temps qu’on roule des pelles aux crapauds, on le sait, nous, que c’est fini les contes de fées, la queue de Mickey et le prince charmant avec son cheval. Quitte à ce qu’il y ait des chevaux dans l’histoire autant que ce soit la horde sauvage.

On apprécie les bas-reliefs, la petite goutte qui perle, l’odeur sous vos bras, les gros mots, l’éjaculation faciale; l’amour quoi! L’amour ouf ! Nous, ce qu’on voudrait, c’est la journée de la femme légère. On veut des formes à épouser, des coups de foudre en pagaille, des preuves d’amour, des oiseaux rares qu’ont le sens du vice. Ça va être notre fête, descendez de vos vélib. Restez pas planqués sous la minijupe de votre mère. Revenez, on ne sait plus sur quoi s’asseoir.

La journée de la femme deviendrait la plaie de la police des moeurs.

En attendant, avec Mis.Tic, le jour de la femme on ira au musée de l’Homme.

Recopié d’un texte de La Gabin – In Siné Hebdo…sur la feuille de chou sortie à l’occasion du film dont ci-dessus image

« On voudrait, on ne peut pas faire son pipi partout comme le chien de grand-mère » avec cette chanson Marie-Josée Neuville chatouillait mes oreilles d’enfant. Bien sûr la pudeur, la décence, l’éducation nous empêchent de nous soulager ailleurs que dans les lieux réservés à cet effet, tout comme elles nous empêchent de s’accoupler n’importe où, devant public et dans les lieux publics. Pour faire la bête à deux dos, crac-crac, des câlins – quel que soit le nom que l’on donne à l’acte sexuel, il se pratique caché. Le fait de s’isoler a rendu difficile de rendre compte de l’activité sexuelle des humains. D’ailleurs le mot « sexualité » est apparu tard et n’était que peu utilisé sauf dans certains romans érotiques dont le but était de faire jouir. Tout change quand au XVIIIe siècle la médecine découvre le fonctionnement des organes reproducteurs féminins. Dès lors, par la connaissance de la biologie des sexes,  les rôles de reproductions chez l’homme et la femmes sont différenciés; il est enfin accepté qu’une femme éprouve  du désir et du plaisir sans que ces derniers ne soient liés à la reproduction. Il en va de même pour la jouissance féminine tant sont différents les organes et le plaisir qu’ils procurent à une femme qui n’ont rien à envier à l’orgasme de l’homme.

On ne s’accouple plus par désir ou par nécessité de se reproduire depuis la mise en évidence freudienne de la vie psychique et physique qui rendent compte d’une pulsion sexuelle moteur universel de l’activité humaine. Pulsion que l’on découvre aujourd’hui présente dans la nature entière sans que, là encore, la reproduction en soit l’enjeu. Ainsi peut-on dire  « Gays sont les animaux » puisque l’homosexualité animale est largement démontrée. Elle n’est pas une anomalie mais une activité plus pratiquée que l’hétérosexualité. La question que se posent les chercheurs est « Pourquoi les animaux préfèrent l’homosexualité à l’abstinence? » Moi qui ne suis pas un animal ni un chercheur je pense qu’il est plus agréable de se faire du bien, se donner du plaisir que de s’en abstenir.

Avec le XIXe siècle la répression de la libido s’intensifie. À cette époque la médecine fait la chasse aux troubles de la sexualité (voir la série d’articles sur la masturbation qui relatent la répression). Elle s’attaque à la masturbation, à l’hystérie et à ce qui était considéré comme des  déviances (sodomie, masochisme, homosexualité). Ces pratiques étaient vues comme des fautes morales pour ensuite être répertoriées comme des maladies. La médecine du XIXe siècle mesure les excès, les insuffisances de sexualité; elle condamne, elle punit ou remet aux normes en vigueur. Elle satisfait à la curiosité scientifique pour les conduites sexuelles et leurs effets sur la santé physique ou morale pour devenir au XXe siècle la préoccupation majeure au même titre que la diététique, le sport ou la communication.

Le plaisir au féminin: une réalité enfin considérée

Dans le milieu des années cinquante de nombreuses enquêtes ont donné droit de cité au plaisir féminin. Plus tard la contraception, l’avortement, la procréation artificielle assistée, lèvent les tabous, libèrent les femmes en séparant la sexualité de la procréation, même s’il fallut attendre longtemps encore pour la vivre débarrassée des préjugés sociaux et religieux.

De tout temps la sexualité (tout ce qui touche au sexuel) est regardée, analysée, cataloguée avec ses limites, ses tolérances pour chaque époque…Selon les cultures, les changements, les évolutions, les normes sociales ont reculé, les individus sont libres de choisir leurs préférences sexuelles. Il est de nos jours courant de faire appel aux conseils de professionnels en sexothérapie, sexologie. La pharmacie prend le relais des pannes érectiles, les jouets sexuels viennent à bout des froideurs orgasmiques.

Les codes ont eux aussi changé.  Le respect de la personne, son consentement et son désir doivent être respectés afin de protéger son intégrité physique et morale. Les plus faibles  (enfants, personnes sans défenses) sont  plus facilement protégés des  contraintes sexuelles de leurs aînés. Harcèlement sexuel, exhibition sexuelle, sont autant d’agressions punies de lourdes peines. Ce qui était considéré  autrefois comme un devoir conjugal peut être aujourd’hui considéré comme un viol conjugal. La loi protège les femmes d’un mari reconnu violent et violeur.

Du plaisir, de la joie à vivre léger et bien dans vos pompes que vous aurez pris soin d’enlever pour laisser la pulsion chevaucher votre désir…Bon dimanche.

La corrélation entre délinquance juvénile et ignorance de la sexualité a été mise en évidence par une étude menée par les services de la Santé et de l’administration pénitentiaire.  Parmi les jeunes délinquants, il a été démontré que les relations avec le sexe opposé étaient quasiment inexistantes. Du sexe féminin, ces jeunes ne connaissent que la proximité familiale (mère, sœurs, tantes). Les jeunes garçons ne se mêlent pas plus aux filles à l’intérieur de la cité qu’à l’extérieur – leur milieu scolaire ou établissement professionnel -  bien que dans ces milieux la mixité est bien représentée.

En l’absence d’échange avec le féminin ne peuvent se développer les relations amicales, sentimentales et encore moins sexuelles; cela confine les jeunes gens à se rassembler en bande et vivre une sexualité par écran interposé où règne la pornographie (films X, internet, téléphone portable) comme on peut le voir dans le film « La jupe« .  La sexualité est une préoccupation majeure de l’adolescence. Ici, l’information spéciale et incomplète se fait en vase clos par le biais de la bande et comporte ainsi qu’on peut l’imaginer des carences tant anatomiques, physiologiques que psychologiques où la contraception et la protection des MST sont complètement occultées. Ces comportements sont engendrés par le manque d’éducation sexuelle, la peur du féminin qui n’est jamais approché autrement que par une mère  souvent seule, omniprésente. Son autorité incontournable consolide le tabou de l‘inceste dans l’environnement sexuel du garçon et si la barrière est  franchie elle ne le sera que par la transgression.

S’instaurent alors des codes, des comportements d’où les penchants homosexuels, s’ils existent, ne peuvent être vécus que dans la plus grande discrétion, cette pratique étant par trop considérée par le groupe, homophobe,  comme étant honteuse et marque de faiblesse.  Par contre l’homosexualité imposée et subie sert à asseoir un pouvoir, signe particulier de la sexualité des bandes. On peut voir cette obligation de soumission dans le film « Un prophète » où le jeune Malik qui en a pris pour 6ans arrive là, vierge, seul, analphabète, angoissé par sa virilité. Il sert d’appât homosexuel,  il subit pour se faire accepter du caïd…

De pareilles frustrations entraînent forcément des transgressions qui se manifestent par des viols collectifs, « tournantes« , attaques des homosexuels, actes barbares, sodomie des plus faibles et des inférieurs  qui transforment la bande en une prison où règne la misère sexuelle. Ces comportements sont évidemment cachés et tombent sous la loi du silence.

L’information et l’éducation sexuelles  sont d’autant plus urgentes à l’extérieur qu’elles  sont  inexistantes à l’intérieur du cercle familial et scolaire, d’autant que la séparation des sexes est bien réelle et tend à se durcir. Au collège, toutes les informations de nature sexuelle abordent des sujets bien loin des préoccupations de la jeunesse que sont les problématiques humaines, relationnelles et pratique de la sexualité. Il y a urgence à aborder les sujets aussi importants que les relations de consentement au sein du couple; parler du plaisir, du désir, des pulsions, de tout ce qui fait le bon fonctionnement des relations sentimentales, mais aussi amicales. Tout cet éclairage sur la sexualité afin que celle-ci ne soit plus confrontée aux frustrations et aux violences qui en découlent.

Aline, mère d’un garçon unique de 11 ans est arrivée totalement désorientée, titubant presque en rentrant en consultation. Où Aline  avait-elle laissé  la belle assurance que je lui connaissais en tant que  patiente? Pas besoin de la prier pour qu’elle raconte l’objet du remue-ménage intérieur  qui l’affectait : «   Depuis quelques semaines Marvin, est excité comme une puce; pour s’exprimer il n’emploie que des mots grossiers; quand il est sur le canapé et de préférence quand je suis dans le salon, il  serre sa bistouquette (?) entre ses cuisses et se donne du plaisir. Évidemment je suis choquée, le lui dis;  je lui précise que la chose là, assurément agréable, qu’il auto pratique doit se faire dans sa chambre, quand il est seul! »

- Voilà une bonne réponse qui ne devrait pas vous mettre dans cet état! – « Oui, non, rétorque t-elle, c’est la suite qui me perturbe » – Je l’engageais à me raconter cette suite qui  manifestement la tourneboulait.

« Les femmes ont deux sexes m’a soutenu Marvin avec l’air effronté de celui qui sait! – « Savez-vous d’où lui vient cette information saugrenue? – Oui, il m’a avoué avoir regardé chez ma sœur un film X en pleine nuit, pendant que je dormais. Deux hommes enfilaient une femme avec leur gros machin, un dans le sexe de devant l’autre dans le sexe de derrière! Ce sont ses mots! C’est horrible! Je n’ai su quoi répondre et depuis je pleure devant le vice de mon fils…

Rassurer Aline était une priorité : son fils n’était pas plus vicieux que n’importe lequel des enfants de son âge mais tout simplement curieux de la chose interdite, jamais parlée. A 11 ans un garçon, pré-pubère, doit s’arranger avec la montée fulgurante des hormones. La manière provocatrice est le moyen qu’il a trouvé pour en parler avec sa mère. Avec ses mots, dire ce qui a été vu et qui dépasse certainement son entendement. Et dire dans  l’urgence ne s’énonce pas forcément dans les règles de l’art de la bonne éducation (stérilisée) que Marvin a reçue.

Éducation stérilisée étant donné que les mots tels que masturbation, pénis, anus, vulve, ne sont jamais prononcés par Aline quand elle s’adresse à son fils pas plus qu’elle ne les emploie quand elle  parle de son fils. Comme si ces mots là ne pouvaient franchir ses lèvres. Bâillonnée. Aline comme beaucoup de parents ne savent pas quoi faire avec les mots du sexe. Encore moins les employer à bon escient.

Je demandais alors à Aline s’il lui arrivait encore de moucher son fils. « A 11 ans? Vous voulez rire! Pourquoi une telle question? - »Que faites-vous quand son nez coule, si vous ne le mouchez pas? – Je lui dis d’aller moucher son nez avec un kleenex. – Il faut donc lui parler de la sexualité de manière aussi naturelle qu’un nez à moucher. Marvin a vu une femme se faire sodomiser. La sodomie d’une femme, que Marvin interprète comme étant son deuxième sexe,  pendant qu’un autre lui pénètre la vulve est non seulement choquant pour un enfant mais qui plus est, lui incruste des images d’une grande violence, inadéquates à cet âge. Ces images traumatisantes perturbent les enfants; elles ont le pouvoir de faire de la pornographie un modèle de la sexualité adulte comme étant la norme sexuelle…   Il est urgent de dire les mots adéquats, comme on le fait pour parler du visible nez au milieu de la figure. Il est urgent de nommer les organes génitaux et tout ce qui touche au sexuel avec les noms appropriés, simples, sans sous-entendus honteux ou vulgaires, pour les normaliser.  Et ceci afin de préserver les enfants qui n’auront pas à aller chercher dans le cloaque de la pornographie, lieu malsain par excellence pour les enfants. Rien, dans les relations sexuelles entre adultes conscients et consentants n’est sale ni dégradant…Il en va tout autrement pour les enfants. Appeler un chat un chat, un sexe d’homme un pénis, un sexe de femme une vulve… Vous êtes choqué?

Les mots tus tuent. Ils déguisent les adultes en devenir en pervers en puissance. Voyeurisme, exhibitionnisme, sadisme sont les comportements de pervers et le résultat de scénarios figés, condition de la jouissance pour ces personnes.

(?)A propos de bistouquette employé par Aline pour désigner le pénis de son fils : coup d’oeil sur le dictionnaire pour vérifier l’existence de ce mot. Non, il n’est pas dans le dictionnaire (pas  dans le mien en tout cas). Par contre  j’y ai trouvé le  bistournage : procédé de castration des animaux domestiques par torsion des cordons testiculaires. Je crois que c’est un peu ce qui se passe avec les enfants : une castration psychique quand on ne nomme pas les choses du sexe…