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Bernard Giraudeau en parlait si bien. Notamment dans « Les hommes à terre » succession magnifique de nouvelles qui parlent de marins, de leur rapport à la mer, à la terre ferme, à la solitude, au sexe.

Dans « Une histoire simple » où le marin déflore une jeune fille :

« Elle était blottie contre lui, la tête sur son épaule. Elle était si chaude. Sa queue durcissait et il ne savait pas comment faire pour qu’elle ne sente rien. Quand elle avait senti son sexe, elle avait redressé la tête. Elle l’avait regardé avec le même sourire d’innocence qu’elle lui servait chaque fois qu’il rougissait. Elle l’embrassa comme une femme qu’elle était. Il savait qu’il était trop tard…

Il l’avait soulevée et reposée sur sa queue sur laquelle elle s’enfonça doucement…Il avait senti quelque chose de chaud couler le long de sa queue et de ses couilles. Du sang probablement… Avec un linge il avait essuyé le sang, puis de nouveau l’avait caressée. Il effleurait sa peau avec ses mains comme des ailes de papillon. Il léchait le creux de ses cuisses. Elle avait murmuré : « Mange-moi« , et il l’avait dévorée. Elle aimait qu’il morde son épaule à la base du cou, qu’il mette ses seins dans sa bouche. Ça la brûlait. Elle tenait son sexe à lui dans sa main et avait fini par le manger elle aussi. »

Dans  l’histoire de Diego l’angolais Irène était confortable. Lisait plutôt :

« Elle (Irène) laissait le petit Diego mettre sa tête au bord du sexe. Il se lovait comme s’il voulait revenir à l’intérieur de la femme. Quand il avait chassé les cauchemars, elle suçait son zan jusqu’à la sève. Alors il s’apaisait. Un jour après la « petite mort« , dans la léthargie proche du sommeil, il avait entendu Irène murmurer : « C’est bon un homme tranquille, démuni, apaisé. » Il avait grogné un sourire. Il s’était souvenu d’un type sur les quais, un dimanche d’hiver, qui avait dû être prof de philo dans l’antiquité. Il affirmait avec violence que les hommes sans femme c’est pas naturel, monsieur. Pourtant ils se sauvent pour vivre entre eux et aller tuer les enfants des autres. Ils se déchirent pour un bout de territoire. Ils s’entre-tuent même pour des femmes qu’ils ne garderont pas. C’est pour prendre le pouvoir, monsieur, pour la cruauté, pour se soulager leur impuissance. Il leur manque l’essentiel, la maternité. Il prêchait avec émotion en gueulant : Branlez-vous, branlez-vous. C’est la paix qui manque le plus. Il affirmait que si l’on n’obligeait pas les hommes à se branler cinq fois par jour, il y aurait toujours autant de violence dans ce monde.

La violence est une absence d’amour.

« Il faut qu’il coïte, l’animal, qu’il baise, qu’il copule, qu’il tringle, qu’il sodomise ou l’inverse. Branlez-vous. Il avait fini sa crise à genoux, en sanglots, puis avait ajouté à mi-voix, épuisez-vous !

Il faisait froid. On est sourd quand il fait froid. Irène aussi pensait qu’il fallait caresser, détendre la bête, l’apaiser. Un soir qu’elle agitait Diego avec une énergie farouche et une joie désarmante, elle lui avait dit haletante : Regarde, regarde, vois comme il est agressif, ton sperme. Il fait beaucoup d’histoires pour rien. Il gicle comme s’il voulait conquérir le monde et il retombe foutu. Finalement l’agressivité, ça s’éjacule. Irène suivait certainement des cours de philo. »

Dernière vague du mois d’août. Ma libido s’étiole, alors à défaut de dévorer mon homme absent, je dévore des bouquins. Certains, qui n’ont rien compris, appellent ça de la paresse; moi j’appelle ça cultiver son imagination. Cette imagination indispensable qui a besoin d’être nourrie autant que la sexualité… Quelle richesse contenue dans les bouquins que je consomme et qui  m’empêchent de me consumer en attendant le retour de l’amoureux.Vous en faire profiter a été la joie de cet été quand une espèce d’inertie a scotché mon inspiration.

Agréable week end.

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Au sex-o-cafe, l’officiel,  le fantasme sera le thème. Comme précédemment le thème sera abordé dans sa version psy et dans une vision plus légère avec Marie Laure qui posera sa touche décontractée  et rieuse.

Les images sont à la base de nos fantasmes. Les expériences pulsionnelles les plus primordiales constituent le canevas sur lequel les fantasmes se tissent. Le fantasme relève autant du sensoriel que de l’intellect. À ce titre on peut affirmer que le fantasme se produit d’abord dans le corps avant de déferler dans l’imaginaire.

Qu’est-ce qu’un fantasme ? Le désir en est-il l’origine ? Les rêves sont -ils des fantasmes ? Les fantasmes sont-ils toujours agressifs ? Sont-ils toujours de nature sexuelle ? Comment l’interdit vient réguler le passage à l’acte.

Certains fantasmes paraissent effrayants. Qu’en est-il ? Peuvent-ils être partagés dans une relation amoureuse ?  Doit-on les exprimer à son partenaire ? Y a-t-il danger à ne réaliser sa sexualité qu’au travers des fantasmes ?

Que se passe t-il si l‘imaginaire n’est pas au rendez-vous ? Quel est l’impact du fantasme chez les créateurs, les artistes ? Le rêve est un fantasme inconscient ; la rêverie une production d’images dont l’auteur est éveillé, fait partie du fantasme conscient.

Si le fantasme se traduit en acte dans la réalité  est-ce encore du fantasme ? Comment traduire un passage à l’acte dont le contenu est violent ? Perversion ? Projet ? Création artistique ?

Les époques, les cultures, le milieu social impliquent-ils des différences de fantasmes ? La scène primitive se révèle t-elle dans le fantasme ? Comment l’interdit inter-réagit-il dans le contenu ? Y a t-il une spécificité du fantasme féminin ? Masculin ? Les fantasmes féminins sont-ils moins violents que les fantasmes masculins ?

Le contenu du fantasme évolue t-il dans une vie ? Le désir, la libido sont des réflecteurs. Quelles sont les catégories des fantasmes ? Quelle place la violence tient-elle dans le fantasme ? Comme le rêve peut-on analyser le fantasme ? L’homosexualité peut-elle être révélée dans un fantasme ? Peut-on les maîtriser ? Comment le corps les exprime t-il ? Que se passe t-il lorsqu’un fantasme s’interrompt en pleine action ?

Autant de questions qui trouveront des réponses lors du Sex-o-cafe, l’officiel où nous nous retrouverons jeudi 3 juin comme d’habitude au 3♦14 Hôtel salon Shiva.



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Dans les fantasmes récurrents les pieds chaussés de talons aiguilles sont les plus évoqués. C’est un bien gentil fantasme qui ne porte pas à conséquence à condition qu’il reste une érotisation des jeux de l’amour. L’évocation de ce fantasme remémore l’histoire d’Aline qui ne pouvait se déplacer qu’en talons aiguilles. L’âge avançant elle avait de plus en plus de mal à les supporter, d’autant qu’ils avaient déformé ses pieds. Ainsi chaussée, marcher devenait un supplice sans qu’elle puisse y remédier. En racontant son histoire elle prit conscience de l’impact du désir de son père qu’elle fit sien, puisqu’il n’admirait les jambes des femmes que juchées sur des talons aiguilles. Ce qu’elle s’empressa de faire dès qu’elle fut en âge de séduire les garçons. Dès lors le père ne tarissait pas d’éloges sur la beauté des jambes d’Aline lui disant sa frustration enfin comblée,  sa mère ne chaussant que bottes, ballerines ou derbys. « Ma mère a choisi le confort et moi, sa fille,  la torture pour le plus grand plaisir de mon père. »

Nous passerons sur le jeu de séduction qui s’instaura entre le père et sa fille. Aline réalisait le fantasme de son père.

À 21 ans  elle épousa un homme avec la même exigence paternelle : il fantasmait sur les talons aiguilles. De fil en aiguille, d’exigences en soumissions, leur relation se vécut sous le mode SM. « Talons aiguilles, bas résille, cuir, jusqu’au fouet qu’il lui est arrivé d’user sur moi. Même si au début je trouvais ça excitant, au bout de quelques années ça devenait insupportable de ne vivre notre sexualité que comme ça. Ça devenait crado, sans plaisir,  douloureux physiquement, c’était l’escalade. Un jour, il   a perdu la tête. Il m’arracha un talon avec lequel il me frappa,  l’enfonça  à plusieurs reprises dans la cuisse… L’horreur… Suite à ces blessures je demandais le divorce. »


Les fantasmes sont classés en fonction des interdits transgressés au niveau sexuel et agressivité :

  • La violence.
  • Le sadisme : éprouver du plaisir en faisant souffrir autrui.
  • Le masochisme : tirer du plaisir de ses propres souffrances.
  • Le fétichisme : ressentir du plaisir par le biais d’une passion pour un objet inanimé (chaussure, tissu…) une partie du corps (pied, sein), une forme, une odeur, un contact tactile.

Un fantasme est l’expression de l’interdit et c’est en cela qu’il est source de plaisir et de culpabilité. Il n’y a pas à s’inquiéter à avoir des fantasmes d’un contenu violent, la violence imaginaire ne signe pas une pathologie.  Là où il faut s’en inquiéter c’est quand il y a un  besoin  impérieux de  les réaliser, de passer à l’acte.  Lorsque le fantasme devient omniprésent, envahissant l’espace psychique au point de devenir la seule source de satisfaction, lorsqu’il empêche la personne de vivre, c’est non seulement préoccupant  mais il y a là, pathologie et perversion. Des fantasmes de ce type sont du même ordre que la compulsion sexuelle. Dangereux.

Par définition le fantasme n’est pas fait pour être réalisé. Lorsqu’il se traduit dans la réalité ce n’est plus un fantasme.

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Vous l’avez remarqué les fantasmes sont intimement liés aux désirs qui nous habitent au plus profond de notre être. Ces désirs envahissants, agressifs et la plupart du temps sexuels cherchent leur satisfaction immédiate en se fichant éperdument  de la réalité. C’est alors que vont se substituer à la violence des désirs les fantasmes.

Heureusement pour nous et pour notre entourage que le Moi veille (inconsciemment ou consciemment) faisant jouer une mise en scène psychique les fantasmes qui satisferont des désirs impérieux qui ne peuvent être satisfaits dans la réalité.

Cet homme était pétri de désirs pour sa belle-mère. « Je n’y peux rien, elle m’obsède, c’est comme ça » Par «égard» pour sa jeune femme, le fantasme venait à la rescousse de cet homme le  satisfaisant psychiquement tout en abaissant la tension qui l’agitait. Le fantasme n’étant assujetti à aucune morale cet homme vivait une relation fantasmatique avec sa belle-mère sans que sa femme en supporte les conséquences. Il réalisait ainsi un désir incestueux inconscient autorisé par son fantasme qui l’empêchait de passer à l’acte.  Y succomberait-il son désir n’en serait pas pour autant satisfait. Car peut-on être satisfait d’enfreindre la loi de l’inceste ?

Théâtre mental permanent de notre psyché, le fantasme décharge la tension liée au désir qu’il aiguise ; ingrédient nécessaire au couple le désir entretiendra la relation la rendant satisfaisante.

Pour autant le fantasme reste un compromis entre le refoulement jamais total d’un désir impérieux impossible à satisfaire et un Moi apeuré.

Le fantasme aussi rapide qu’un flash, toujours le même, qui se répète n’est jamais nettement perçu par la conscience. Cette scène fantasmatique ne s’affiche pas  mentalement ; cependant nous en ressentons émotionnellement les effets sans pour cela pouvoir attribuer à la scène l’origine émotionnelle.

Un sentiment d’amour, de jalousie ou de dégoût peut-être suscité par une scène invisible située dans l’inconscient pour calmer l’ardeur d’un désir sexuel ou agressif qui exige d’être satisfait.

Cette jeune fille avait pour son père un amour véritable mais ne supportait pas sa proximité.  « J’ai peur dès qu’il s’approche de moi. S’il pose sa main sur mon épaule, je me dégage, sa proximité est insupportable. Dès que nous sommes éloignés je peux de nouveau avoir des sentiments pour lui ; prêt de moi il me dégoûte » Cette jeune fille éloignée de son désir incestueux hors de la présence paternelle éprouve répulsion et dégoût dans sa présence : le dégoût pour le père est l’envers d’un intolérable désir incestueux.

« Encore un qui me prend pour un imbécile, comme mon père ! Je vais lui montrer moi à cet abruti que je ne suis ni manchot ni débile en lui fracassant les genoux ; il ne pourra se déplacer qu’en fauteuil roulant » Jérôme criait avec violence la haine  pour son père qu’il ne pouvait plus atteindre. Ce père décédé n’a jamais pu apprécier les qualités de Jérôme pas plus que Jérôme ne put lui démontrer la réussite de sa vie.

Assez pour aujourd’hui ! Parce qu’ils nous assaillent sans que l’on n’en soit conscients les fantasmes feront encore les beaux jours de mes articles.

Passez une très belle journée.

Plume blanche dans l'eau bleue Comme nous l’avons vu précédemment nous sommes régis par deux principes : le couple plaisir/réalité. Le principe de réalité entraînera souvent le déplaisir. Pour éviter le déplaisir (surtout dans l’enfance) il se met en place  un processus qui repousse dans l’inconscient tout ce qui pourrait provoquer le déplaisir; ce processus, n’est autre que le  refoulement.

Cependant le développement psychique d’un enfant se construit sur des refoulements successifs : de la succion au repas à la cuillère, de la couche au pot, etc… Ces petits déplaisirs là, inhérents à la vie d’un être, le font évoluer. Toutefois, si tout est autorisé à l’enfant sans aucun discernement, si tout lui est donné sans qu’il ait à demander, si tous ses caprices sont satisfaits sans qu’on lui oppose de limites raisonnables, l’enfant sera immergé dans un flot émotionnel qu’il ne pourra gérer. Dans de pareilles circonstances, dont la répétition entraînera du stress, l’enfant ne connaîtra pas le plaisir, ne pourra se situer dans son désir ; partant du principe qu’il suffit d’exiger pour obtenir il n’éprouvera aucune joie à avoir. À recevoir. Il sera pareil à un marin sans boussole dans une mer déchaînée. Croyant bien faire, par ignorance ou laxisme, les adultes transformeront ces enfants en futurs adultes blasés, désabusés.

Cet état émotionnel sera d’autant plus violent quand l’adolescent devra vivre le bouillonnement des pulsions sexuelles au moment de la puberté. Si par la difficulté, voire l’impossibilité (parce qu’on ne lui a pas appris) à apprivoiser ses pulsions, s’il continue à les vivre sous le registre du plaisir en niant la réalité à laquelle la vie sociale (entre autre) nous oblige, le jeune individu se confrontera à des dilemmes angoissants pour lui . « On voudrait, on ne peut pas faire son pipi partout comme le chien de grand-mère » chantait Marie Josée Nat quand j’étais gamine; or, ne vouloir rester que dans le plaisir finira par créer des dommages physiques autant que psychiques. Ces dégâts engendrent un conflit entre le plaisir – état désiré – et le déplaisir auquel on est contraint. Papa Freud disait : La pulsion est la représentation mentale d’une excitation corporelle. Elle a sa source dans le corps.

Le corps s’exprime par un langage particulier, non verbal. Au travers de ce langage corporel on peut discerner ce qui a été refoulé,: elle somatise. Un corps  ou un esprit qui souffre n’a pas de plaisir. Dans le cas contraire, si il y a plaisir, il y a « amour » de la douleur qui par des mécanismes pervers composent le masochisme. On en parlera une autre fois. s’inscrit dans la personne

Or, le plaisir ne peut surgir si celui-ci a été refoulé suite à un traumatisme quel qu’il soit. D’un trauma physique, psychique (l’un entraînant bien souvent l’autre) le corps en garde une trace mnésique indélébile; l’inconscient le garde en mémoire en le refoulant.

C’est dans l’expérience vécue de l’enfance qu’il faut rechercher les causes profondes du conflit sexuel, écrivait la doctoresse H.MICHEL-WOLFROMM dans « Cette chose là ». Dans la proximité de l’écoute en consultation, on entend la plainte de personnes dans leur relation de couple. On note souvent le déplaisir, quand par exemple, l’acte est vécu comme une obligation (devoir conjugal); par le seul désir d’un partenaire –  » Mon mari ne pense qu’à ça » disait cette patiente. Ou encore « Je suis frigide; ou, j’ai des douleurs au moment de la pénétration; j’ai l’impression d’être anesthésiée : je ne ressens ni désir ni plaisir ». Toutes ces paroles entendues signent le déplaisir par le symptôme qui en dit plus long sur la nature de l’inconscient que du désir de retrouver un quelconque plaisir à satisfaire.

Parce que les enfants non entendus deviennent des adultes sourds, indifférents, violents voire cruels. Ils reproduisent les mêmes schémas vécus dans l’enfance sous une forme violente peu visible de l’extérieur. La sexualité est le lieu où s’exprime cette violence. Les atteintes à l’intégrité de la personne – comme c’est le cas dans le viol, l’inceste, la prostitution – sont camouflées dans des plaintes qui déguisent la réalité de ces drames et qui se révèlent dans un esprit tourmenté et un corps morcelé.

L’horreur, la honte, le dégoût, la culpabilité, l’angoisse ont chassé – et souvent pour toujours – l’idée même du plaisir en créant des liens de dépendances, entraînant chez la personne des comportements compulsifs…

« Eh, bien dites donc ! Il y a urgence à changer mon comportement avec mon fils » me disait Aline, mère d’un enfant qu’elle rendit tyrannique à force de tout accepter de lui. Il a 10ans et lève déjà la main sur sa mère, espérant sans doute qu’elle se rebiffe.

Nous en débattrons au SEX-O-CAFE. Passez une semaine légère et joyeuse, dans le plaisir, sans excès.


Dans une récente interview donnée au Point Boris Cyrulnik déplorait que nous soyons passés d’une sexualité métaphysique, sacrée, dans le sens où elle donne la vie, à une sexualité physique, mécanique pourrait-on même dire, dans le sens où l’acte sexuel tend à devenir la performance physique. Bander, tiendrait plus de la qualité de la pilule avalée avant l’acte que de la personne avec laquelle se pratique  l’acte. Femmes et hommes deviendraient-ils objets sexuels avant d’être d’amour?

La pilule contraceptive en libérant les femmes des grossesses non désirées,  leur a donné le choix de leur désir d’enfant, de leur plaisir, la jouissance de leur corps. Depuis quelques dizaines d’années on a recourt à la procréation médicale assistée, puis au sexe chimiquement assisté par la fameuse pilule bleue. Il y a dissociation de l‘acte et du sentiment sexuel, « émotion provoquée par une représentation qui participe au plaisir, dit Boris Cyrulnik. Performances sexuelles sans sentiment. L’homme machine  comme un marteau piqueur va s’enfoncer dans la femme en secousses de plus en plus frénétiques, durables, de  moins en moins revalorisantes, encore moins satisfaisantes émotionnellement. Jouir, jouir à tout prix, de tout et en particulier de la sexualité. Plaisir inextinguible qui va forcément conduire à la souffrance. Une société qui ne s’organise qu’en fonction des plaisirs vivra à court terme le dégout, l’amertume d’être frustré des promesses non tenues …

Boris Cyrulnik dit encore « Le sexe est l’endroit le plus civilisé de notre corps. » Avec la sexualité la nourriture sont les interdits originels qui fondent toute société. En faisant sauter les interdits (inceste, le meurtre),les tabous sexuels on libère la violence. N’ayant plus de contenant que sont les interdits, l’homme est de nouveau soumis à ses pulsions. La pilule bleue (Viagra) n’entrave pas les pulsions mais au contraire les augmente. Elle permet de les mettre en action sans aucun état d’âme, sans aucun sentiment.  On s’aperçoit de l’augmentation des agressions sexuelles, de viols, d’incestes. D’autre part et pour réagir un autre versant de la société va renforcer les interdits.

Où se situe la « normalité » et peut-on parler d’une norme dans le domaine sexuel? Est-il utile qu’un homme se transforme systématiquement en marteau piqueur sans états d’âme ? Où est l’intérêt d’avoir des performances qui ne seraient dues qu’à la chimie, annulant tout désir, qui ne serait que le résultat d’un mécanisme mis en marche chimiquement?

Voudrions-nous d’hommes qui ne seraient que godemichés, que sextoys?  Pour éviter cela  les femmes doivent admettre quelques  défaillances de  leur partenaire;  elles  doivent oser, si les défaillances  se répètent, ouvrir le dialogue, être compréhensives…

SEX-O-CAFE  se prépare. Pour situer notre réflexion nous allons aborder le pourquoi du sujet sexuel. Pourquoi donc parler de  sexualité dans un tel cadre? Répondre que la sexualité est l’origine du monde est-il suffisant ? Est-ce satisfaisant ? Dans le monde où nous vivons, si  l’on considère l’intervention des moyens de contraception qui ont libéré les femmes, les couples et leur façon d’appréhender la sexualité, contraceptifs qui ont contribué à la libération sexuelle, faire l’amour est devenu, pour la plupart, un acte banal. Les médias – presse, cinéma, télévision, internet – nous saturent d’images où le sexe tient la première place, où la pornographie exploite les pulsions destructrices en exacerbant la violence. De ce fait la sexualité est dévalorisée, ravalée à un monde d’avidité où la fange côtoie les délires salaces.

Le pari de SEX-O-CAFE sera de réhabiliter la sexualité dans un contexte actuel qui nous démontre que la licence effrénée ne conduit pas davantage à l’épanouissement, à l’harmonie, au bonheur que la vertu coercitive. C’est dans un autre contexte que nous devons rechercher une source de joie, un équilibre. Nous les trouverons ailleurs que dans la complaisance ou dans la répression. C’est ce à quoi nous nous engageons dans nos rendez-vous mensuels de SEX-O-CAFE…

l’Origine du monde
Origin-of-the-World.jpg
Gustave Courbet, 1866
Huile sur toile
46 × 55 cm
Musée d’Orsay, Paris

Le bus avance cahotant, s’arrête. Les portes s’ouvrent. Les voyageurs, avalés par la bouche affamée, s’entassent,  se poussent du coude, les uns écrasent les pieds des autres, sans excuses. Les corps se frôlent, les mains s’agrippent pour soutenir le corps prêt  à s’avachir sur le voisin.  Avancée difficile vers l’arrière du bus; dix heures du mat’ c’est l’heure de pointe des mamies endimanchées allant lécher boutiques pendant que des mamans poussant poussette contenant bébé vont pointer à la CAF; c’est l’heure réjouie des papis portant panier à remplir au marché, des lycéennes casquées MP3 dans les esgourdes et des femmes décidées qui vont à la  Gare SNCF.  Le tout tangue comme un boat people en mer agitée.

Premier arrêt où les portes s’ouvrent sur une marée humaine qui s’extirpe du ventre de l’autobus et se répand à l’air libre sur le trottoir comme les vagues sur la plage. Moins à l’étroit, une poussette apparaît avec pour contenu une petite chose, un tout petit bonhomme qui psalmodie désespérément des mamanmamanmaman à une mère absente derrière lui qui ne semble pas l’entendre ; elle regarde ailleurs, elle est sourde à cette lancinante mélopée  qui s’amplifie peu à peu et se transforme en un cri sourd. Le désespoir en marche. Je capte ce regard d’enfant, il  contient toute la misère et la détresse humaine, la tristesse du monde, l’abandon des déshérités. À son tour mon regard posé sur lui se fait doux, compréhensif.  Mes lèvres doucement articulent des mots de réconfort vers cet enfant qui se calme, qui ralentit sa litanie sans pour cela la cesser.

Ce bébé réclame l’attention de sa mère, visiblement il ne l’a pas souvent, là il ne l’aura pas; en tous cas pas dans ce bus, pas dans cette virée babylonniène. Cette indifférence maternelle fait froid dans le dos. Cette absence du regard sur l’enfant accompagnée de surdité est insupportable. Je ne peux m’empêcher de penser aux traumatismes  futurs se créant là sous mes yeux. Je ne peux  éviter d’y voir  les répercussions que de tels comportements maternels, de telles négations de l’existence de cet enfant vont produire dans l’avenir de cet adolescent et plus tard de cet homme devenu adulte. Sa vie sera entachée par ces appels restés sans réponses… Les enfants dont on ne s’occupe pas, niés par les parents,  absents de leur regard, de leur écoute, de leur tendresse, non sollicités affectivement fabriquent du pathos. Ces enfants là se transforment en usines où se fabriquent l’agressivité, la révolte, la violence… à moins d’une résilience miraculeuse.

Arrêt à la Gare SNCF, pour moi le terminus. Montées des marches, non du palais mais atteindre la réservation, faire la queue  et attendre sagement que passent les 19 numéros avant mon tour. Ça me laisse le temps de penser à ma mère et à l’image d’elle qu’elle m’a laissée. Elle était mère, tant et tant pour ses enfants mais elle l’était aussi pour tous les enfants qu’elle voyait dans les adultes qui venaient à elle. C’est de ça dont j’ai hérité dans mon enfance. Cette présence attentive que, plus tard,  j’ai intégrée comme faisant partie  intégrale de mon fonctionnement. Aujourd’hui comment pourrais-je être autrement avec cette mère là? La queue se réduit assez vite, comme celle d’un homme après éjaculation. Mon numéro est appelé au guichet 4. Un agréable agent senecefe me dit au vue de ma réservation sur internet d’un billet Idtgv, que je ne peux être remboursée mais peut-être puis-je l’échanger contre un autre billet en suivant le même parcours. C’est à dire seulement sur internet et non pas  au guichet de la SNCF. C’est bon à savoir. Plus jamais je n’achéterai de billet IDtgv si je ne  suis pas certaine de partir. Le bon marché finit par devenir cher.

Temps perdu, ne se rattrape pas…Alors perdu pour perdu, je fais du lèche vitrine. Il fait beau, le temps est doux et nombreux sont les anniversaires à souhaiter en ce temps de novembre. Bientôt celui de la sœur jumelle née sous le signe des… Scorpions.  Je rentre dans cette boutique, sûre d’y trouver mon bonheur qui fera la joie de la frangine.

Joyeux anniversaire aux amies et aux amis, aux lectrices et lecteurs de la blogosphère nés sous le signe du Scorpion.

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Amour / Haine – Lumière /Obscurité
Joie / Tristesse – Pulsion / Répulsion
Passion / Indifférence – Amour / Désamour
Autonomie / Indépendance

Et le vice versa dans la débauche; débauche par la recherche excessive du plaisir sexuel, ça va de soi. Au nom de l’hygiène, au nom de la religion les petites filles  ont été et sont toujours excisées. Interdites de plaisir; seulement autorisées à se soumettre. Caressez un cercle il deviendra vicieux. Mais je m’égare… Allons voir la transformation d’un sentiment d’amour quand l’amour s’est fait la malle.

À l’amour s’oppose la haine; toutes les émotions positives ressenties dans l’état d’amour se transforment négativement dans son corollaire la haine, dès lors que cesse cet état. S’y ajoutent le mépris là où était la considération; la rancœur là où était l’admiration; la peur là où était la sécurité. Une très mince frontière sépare ces sentiments extrêmes quand les digues de l’amour bafoué cèdent. L’amour s’extravase des vaisseaux du cœur, vient grossir les veines de la gorge qu’expulse en un cri l’amour transformé en haine. Comme une hydre, le couple amour/haine forme un sentiment monstrueux. Bien que  mort, croit-on, on cherche encore à le tuer, à l’anéantir dans l’oubli. Pareille à la tête terrifiante de l’hydre éradiquée, la haine multiplie ses rejetons qui à leur tour grandissent et détruisent. Malgré les apparences, la violence de  la passion n’est pas destinée à détruire l’autre  mais seulement à se détruire soi-même au risque de la folie.  Quand bien même est-elle extirpée le poison de la passion continue à ravager le corps, le cœur,  la tête, les tripes. Quel est ce mal d’amour qui comme une hydre aux têtes décapitées revient en force harceler, s’emparer de l’être ?

Dans ses comportements, la passion dévorante, la fusion totale, révèle des aspects semblables à l’altération d’un état mental perturbé. L’humeur est exaltée, les pensées obsessionnelles, intrusives accompagnent très souvent de troubles bi-polaire, des troubles alimentaires compulsifs.

Il a été constaté qu’à partir du sentiment amoureux s’élabore un mécanisme de récompenses (revalorisation narcissique, confiance et estime de  soi, humeur dopée de dopamine)  dont la personne devient dépendante. La perte de l’amour dépossède la personne des récompenses générées par l’état amoureux; s’instaure alors un état de manque identique à celui dont souffrent les toxicomanes. C’est ainsi  que l’amoureux trahi, abandonné, largué, sera à la recherche de tout ce qui va pouvoir combler le manque,  l’absence.

Ô, souffrances qui justifient le trop plein donné; qui révèlent la chute d’autant plus haute que l’idéal semblait atteint (il avait tout ce que je désirais enfant); souffrances qui existent au même titre si les rejets sont virtuels comme on a pu le constater avec Alexia…

Que le temps passé avec vous-même vous soit doux.

Dans la sexualité de l’adolescent nous prendrons comme analogie le printemps. Dès la fin de l’hiver, pendant cette période printanière, la sève monte dans les arbres, les  prés reverdissent, les fleurs et les bourgeons apparaissent. Il en est de même pour l’enfant pubère dont les hormones pareilles à la sève vont le transformer; l’adolescent-e- ressentira des modifications tant au niveau de ses formes (poitrine, pilosité et acné se développent) que physiologique (menstrues, production sébacée et spermatique) mais aussi psychique.  L’adolescence dont la réorganisation psychique est en cours est une période de fragilité extrême. C’est l’époque où apparaissent  les caractères sexuels secondaires (autre que ceux évidents),  l’âge où la procréation devient effective. Ce dernier point va donc mettre en jeu des conduites nouvelles.

À l‘adolescence : si la sexualité a été mise aux oubliettes pendant quelques années (vers 5 ans jusqu’à 10 ans environ appelée période de latence), elle réapparaît en force à l’adolescence en l’état où elle est restée en plan au sortir de la petite enfance. Période charnière, délicate, fragile où le rapport au plaisir, à la communication vont être déterminants pour assumer la nouveauté dans le désir qui surgit chez l’ado.  Ce désir, soudain, fulgurant ne sera plus assujettit aux parents mais canalisé par la force des choses par le temps  qui met en place chez l’ado, la compréhension des processus de maturation. Ces processus ne peuvent être ni plus rapides ni plus lents et provoquent de l’angoisse due aux changements hormonaux.

Ce cheminement se fera graduellement et sans encombre si l’adulte sait se tenir en retrait tout en étant attentif sans pour cela intervenir. L’intervention (d’autant plus si elle est intrusive) peut interrompre ou détruire ce processus. Répondre aux questions si le jeune en pose mais respecter le silence de l’adolescent si celui-ci ne veut pas en parler.

Car l’adolescent s’oppose pour mieux se poser.

L’adolescent est un adulte en puissance dont la montée hormonale réactualise la sexualité – avec sa cohorte de fantasmes et de désirs encombrants. La sexualité  de l’adolescence  est soit, organisatrice du psychisme soit favorise sa désorganisation suivant qu’elle est vécue dans des circonstances adéquates ou non. (Violence sexuelle par exemple.) La sexualité réactualise le rapport à la mort. La sexualité et la mort se structurent toutes les deux dans la période œdipienne. Assumer sa sexualité, c’est assumer la vie mais au regard de la mort écrit Didier Dumas in  » La sexualité masculine ».

Pour les parents que nous sommes il est impératif de rester, plus que jamais, à l‘écoute de nos adolescents. Établi bien avant cette période, le dialogue sera permanent, affectueux et constructif auprès des jeunes ados qui ont besoin de notre soutien sans pour cela devenir envahissants ou curieux. Juste présents.

Que cette période printanière de la vie laisse de beaux souvenirs à leur jeunesse dont ils récolteront les fruits à leur maturité.